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Politique européenne de l'énergie

 

III. LES VOIES D'ACTION

A. ÉCONOMISER L'ÉNERGIE : UN IMPÉRATIF TROP SOUVENT NÉGLIGÉ

La Commission européenne, dans son Livre vert sur l'efficacité énergétique, estime que l'Union européenne pourrait économiser 20 % de sa consommation actuelle d'énergie d'une manière économiquement rentable.

L'efficacité énergétique s'est incontestablement améliorée depuis le premier choc pétrolier. Entre le début des années 1970 et 2000, la consommation d'énergie de l'Union européenne a augmenté d'environ 40 %, soit un rythme d'accroissement annuel de 1 %, tandis que le produit intérieur brut a doublé, à un rythme de 2,4 % par an. L'intensité énergétique a donc diminué d'un tiers.

On observe cependant ces dernières années un relâchement des efforts d'économies d'énergie. L'amélioration de l'efficacité énergétique plafonne désormais à 0,5 % par an dans l'Union européenne.

Source : Eurostat

Le graphique ci-dessus illustre la répartition de la consommation primaire d'énergie entre les différents secteurs économiques, qui constituent autant de « gisements d'économies » potentiels.

L'intérêt des économies d'énergie ne saurait être sous-estimé même sur un plan financier. Ainsi, on considère qu'il faut dépenser environ 120 dollars pour trouver une tonne de pétrole, alors qu'il faut compter seulement 80 dollars pour l'économiser.

1. Le secteur industriel : le bon élève

Le secteur industriel représentait 28,3 % de la consommation finale d'énergie de l'Union européenne en 2002. Il est naturellement porté à économiser l'énergie, dans la mesure où il maîtrise la dimension technique de ses processus de fabrication et calcule au plus juste ses rendements économiques et financiers. C'est le secteur qui a fait le plus de progrès dans le domaine de l'efficacité énergétique. Sa part dans la consommation finale d'énergie de la France s'est ainsi réduite de 36 % à 23 % entre 1973 et 2004.

Ce souci d'efficacité énergétique se vérifie toutefois surtout pour la grande industrie, la marge de progression restant plus grande pour les PME, qui ont moins facilement accès à l'information et aux technologies. Une tendance encourageante est le développement des sociétés de services énergétiques, qui prennent en charge la consommation d'énergie globale d'un client industriel et se rémunèrent pour partie sur les économies réalisées. La France a joué un rôle pionnier dans ce domaine, et exporte aujourd'hui son savoir faire ailleurs en Europe.

Une attention particulière doit être accordée au secteur de l'industrie de l'énergie, qui reste un grand consommateur. Dans l'Union européenne en 2005, les pertes de transformation représentaient 29 % de la consommation primaire d'énergie. Des améliorations notables sont à attendre du développement de la cogénération (celle-ci n'est toutefois pas forcément très vertueuse au regard des émissions de CO2), de l'amélioration du rendement énergétique des centrales à gaz et à charbon de nouvelle génération, ainsi que de la réduction des pertes techniques d'électricité sur le réseau.