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Accès des ménages au crédit en France

 

B. UNE SITUATION FINANCIÈRE GLOBALEMENT SAINE

L'endettement brut des ménages ayant progressé plus rapidement que leur revenu, il est justifié de s'intéresser à la soutenabilité de cette dette.

Plusieurs données viennent limiter les craintes d'un excessif endettement des ménages, du moins globalement.

1. Une charge de la dette stable malgré l'augmentation du passif

Malgré l'augmentation de l'endettement des ménages, la charge de leur dette est restée stable.


ÉVOLUTION DE LA CHARGE DE LA DETTE DES MÉNAGES
ET DE SES COMPOSANTES
(en % RDB)

Source : Observatoire du marché de l'épargne et du crédit (OMEC)

Les remboursements du capital ont augmenté mais la décrue du coût annuel du crédit, due à la baisse des taux d'intérêt et à l'allongement des durées de prêts, s'est traduite par une diminution sensible des charges d'intérêt supportées par les ménages et par une réduction de la charge annuelle d'amortissement du capital d'un prêt d'un montant donné.

Ainsi, la charge totale de la dette des ménages estimée à 14,7 % du RDB en 2003 est relativement stable depuis la fin des années 80.

Toutefois, cette relative stabilité s'accompagne d'une évolution contrastée des composantes « remboursements en capital » et « intérêts versés ». En effet, alors que le poids des remboursements en capital a sensiblement cru au cours de la période (de 8,7 % en 1987 à 11,5 % en 2003 de leur revenu disponible brut), du fait principalement de l'augmentation du passif des ménages4(*), la part des intérêts versés a diminué (de 4,7 % en 1987 à 3,2 % en 2003).

2. Une situation patrimoniale qui s'améliore

Les ménages français dégagent structurellement une capacité de financement, c'est-à-dire que, non seulement, ils consomment moins que leur revenu - ils épargnent et, d'ailleurs, dans des proportions particulièrement importantes -, mais encore, que leur épargne est supérieure à leurs besoins d'investissement, dont une partie croissante est financée par l'emprunt.

Ils sont, par conséquent, en position de prêteurs nets au reste des agents économiques, domestiques ou étrangers (entreprises, administrations publiques, extérieur).

COMPTE DES MÉNAGES SIMPLIFIÉ
(en milliards d'euros)

 

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Revenu disponible brut (RDB)

810,9

839,2

866,7

907,3

951,3

991,8

1 015,0

Consommation finale

680,0

708,1

733,8

764,7

797,6

825,5

854,2

Épargne (RDB - Dépense de consommation finale individuelle)

130,9

131,1

132,8

142,6

153,7

166,4

160,8

Formation brute de capital fixe

68,4

71,7

76,4

79,8

82,8

86,4

89,0

Capacité (+) ou besoin (-)
de financement

62,1

58,0

57,9

65,8

68,3

78,3

67,5

Taux d'épargne

(Épargne / RDB)

16,1 %

15,6 %

15,3 %

15,7 %

16,2 %

16,8 %

15,8 %

Source : INSEE, Comptes nationaux

a) Un actif net qui s'accroît

COMPTE DE PATRIMOINE SIMPLIFIÉ DES MÉNAGES
(en milliards d'euros)

 

1998

1999

2000

2001

2002

ACTIFS NON FINANCIERS
dont :

Actifs produits
dont : Logements

Actifs non produits
dont : Terrains

2 503,1

1 811,5
1 531,8

691,6
649,3

2 730,8

1 850,7
1 564,3

880,0
836,9

2 977,4

1 958,8
1 673,8

1 018,7
974,5

3 249,7

2 029,9
1 736,7

1 219,8
1 174,8

3 568,8

2 101,1
1 802,6

1 467,7
1 422,1

ACTIFS FINANCIERS
dont :
- Numéraire et dépôts
- Actions et titres d'OPCVM
- Provisions techniques d'assurance

2 632,1

784,8
1 073,3
608,0

3 123,5

825,6
1 434,2
689,5

3 046,9

826,3
1 315,8
753,5

2 993,0

870,2
1 148,2
801,6

2 846,4

898,3
922,0
835,1

TOTAL DES ACTIFS

5 135,2

5 854,8

6 031,4

6 242,7

6 415,2

PASSIFS FINANCIERS
dont :
- Crédits
- Autres comptes à payer

577,8

462,2
115,6

608,7

490,1
118,4

649,9

518,1
131,4

727,1

548,9
177,6

759,1

587,3
171,4

VALEUR NETTE

4 557,4

5 245,1

5 381,3

5 515,6

5 656,1

Source : INSEE, Comptes nationaux

Le compte de patrimoine des ménages décrit les résultats de leur accumulation de passifs et d'actifs.

 Sans surprise, en raison de leur position structurelle de prêteurs aux autres agents, leur situation patrimoniale enregistre un solide excédent d'actifs sur les passifs.

En 2002, celui-ci atteint 5.656,1 milliards d'euros, en progression de 24,1 % par rapport à 1998.

Si pour une part importante (environ les 4/10e), cette évolution est à mettre sur le compte de phénomènes de valorisation des actifs, elle correspond aussi à une somme continue de flux d'accumulation nette.

Ainsi, malgré une augmentation de la dette brute des ménages, leur situation patrimoniale a évolué dans le sens d'une augmentation de leur situation active nette.

L'actif net des ménages représente 6 fois leur revenu disponible brut en 2003, et leur actif brut 6,8 fois ce revenu - ratio qu'on peut rapprocher d'un endettement brut de l'ordre de 57,1 % de leur revenu -.

Autrement dit, l'actif brut des ménages représente près de 7 années de revenu tandis que leur endettement s'élève à un peu plus d'un semestre de revenu.

* 4 Une part des remboursements du capital des prêts peut être attribuée à des renégociations d'emprunts. Dans ce cas, les remboursements correspondent à des opérations exceptionnelles et ne reflètent pas la charge courante d'amortissement des dettes des ménages.