Allez au contenu, Allez à la navigation



La Slovénie : le bon élève discret du dernier élargissement

 

II. UNE SITUATION FINANCIÈRE SAINE JUSTIFIANT L'ADMISSION EN ZONE EURO

A. UNE INFLATION MAÎTRISÉE

Selon la Banque centrale et sur l'ensemble de l'année 2005, la désinflation s'est poursuivie en Slovénie, l'indice des prix à la consommation s'inscrivant à + 2,5 % en moyenne annuelle et à + 2,3 % en glissement annuel.

La Slovénie a donc satisfait le critère de Maastricht sur l'inflation, en fin d'année 2005. Cette tendance s'est poursuivie en début d'année 2006 et l'inflation slovène de mars 2006 s'est inscrite à 2,1 %, premier trimestre 2006 par rapport au premier trimestre 2005 et à 1,9 % en glissement annuel. Ce résultat satisfait le critère de Maastricht correspondant, le plafond pour mars 2006 étant de 2,3 %.

Cet excellent résultat de mars 2006 est cependant partiellement dû à un recul de 1 % des prix des carburants ce mois là, lié d'une part à la détente sur les cours internationaux des hydrocarbures de février 2006 répercutée en mars (l'évolution des prix des hydrocarbures est encore entièrement administrée en Slovénie et l'indexation sur les cours se fait mensuellement), d'autre part à la bonne tenue de l'euro par rapport au dollar.

Cependant, les cours internationaux étant largement repartis à la hausse depuis mars, les prix des carburants ont été révisés à la hausse, sans que cela conduise à remettre en cause le respect du critère de Maastricht correspondant.

Selon une enquête Eurobaromètre d'avril, les deux tiers des Slovènes sont « personnellement heureux » que l'euro remplace le tolar, mais ils pensent que ce changement accroîtra l'inflation.

B. DES FINANCES PUBLIQUES RELATIVEMENT SOLIDES

S'agissant des finances publiques, le déficit des administrations publiques slovènes calculé en engagements s'est bien amélioré en 2005 (1,8 % du PIB contre 2,3 % en 2004), mais cette amélioration reste légèrement inférieure aux prévisions de déficit précédemment annoncées dans le programme de convergence (1,7 % du PIB), malgré les progrès réalisés par ce pays qui lui ont permis de suivre un chemin de croissance robuste tout en satisfaisant l'ensemble des critères de Maastricht pour l'entrée dans la zone euro.

Le déficit des administrations de l'Etat n'est selon le Ministère des finances que de 1,1 % du PIB en 2005 contre 1,4 % du PIB en 2004, mais ces chiffres ne doivent pas faire illusion, vu les montants croissants des transferts courants de l'Etat vers les régimes sociaux, et en particulier vers le régime d'assurance vieillesse et d'invalidité (dont les dépenses sont en croissance de 5,9 %) et vers celui de l'assurance chômage (dépenses en croissance de 8,1 %). L'Etat a donc continué à combler les déficits sociaux en 2005, en particulier celui du deuxième pilier de l'assurance retraite, à hauteur de 3,9 % du PIB. Suite à la loi adoptée en 2005 par la nouvelle majorité, les retraites sont à nouveau indexées sur les salaires, alors que depuis 2002, leur progression n'était plus que de 50 % de celle des salaires. Quant à l'assurance maladie, si elle est très peu subventionnée directement par l'Etat (0,1 % du PIB), elle bénéficie de transferts du premier pilier de l'assurance vieillesse vers l'assurance maladie qui représentent près de 1 % du PIB (subvention indirecte de l'Etat).

La Slovénie a été légèrement bénéficiaire nette par rapport au budget de l'UE en 2005 (+ 18,9 millions d'euros), malgré une consommation assez faible des fonds structurels (32,1 % de l'enveloppe) et surtout des fonds de cohésion (18,1 % de l'enveloppe).

La dette publique de la Slovénie reste particulièrement basse et devrait être à fin 2005 de 29,1 % du PIB seulement, selon la Banque centrale. Le jour même de la publication des rapports de convergence de la Commission et de la BCE, Standard and Poor's a réévalué la notation de la dette slovène en devises à long terme, de « AA » à « AA ».