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Un cap clair et réaliste pour le reflux de la dette publique

 

B. TROIS RAISONS POUR RÉDUIRE LE DÉFICIT PUBLIC

S'il semble donc certain que la dette publique n'atteindra jamais 400 % du PIB, les risques de la poursuite des tendances passées n'en sont pas moins considérables. Ils rendent nécessaire de ramener rapidement le déficit public à 1 % du PIB.

1. Parce que, sur 100 euros versés par le contribuable, 15 servent à payer la charge de la dette

Une première raison pour laquelle il faut réduire la dette publique, c'est que celle-ci implique de payer une charge de la dette, de l'ordre de 15 % des dépenses de l'Etat, soit 3 % du PIB.

Ainsi, sur 100 euros versés par le contribuable, 15 euros servent à payer la charge de la dette, au lieu d'être employés à des dépenses socialement utiles. Par ailleurs, pour l'essentiel, le déficit public ne sert plus aujourd'hui qu'à financer les intérêts de la dette.

Toutes choses égales par ailleurs, ramener la dette publique de plus de 60 % du PIB à 40 % du PIB permettrait de réduire la charge de la dette d'un tiers.

Le seul grand Etat à avoir une charge de la dette significativement inférieure à ce que semblerait impliquer son niveau d'endettement est le Japon, comme l'indique le graphique ci-après.

Dette publique et intérêts de la dette publique (2005)

(en points de PIB)

Source : Commission européenne

Cependant, cette situation n'est pas durable, les taux d'intérêt du Japon devant progressivement s'aligner sur les taux d'intérêt mondiaux, alors que la Banque du Japon cessera de maintenir les taux d'intérêt à un niveau artificiellement bas, et que se confirmera la reprise de l'économie.

Il est en revanche vraisemblable que la France devra faire face, dans les prochaines années, à un mouvement mondial de remontée des taux d'intérêt. Toutes choses égales par ailleurs, un doublement des taux d'intérêt susciterait, à terme, un doublement des intérêts payés par la France. C'est donc une part encore plus importante qu'aujourd'hui des recettes de l'Etat qui seraient employées à financer des dépenses inutiles socialement.

2. Parce que les générations futures devront déjà payer les retraites

Plutôt que de calculer la dette publique qui résulterait d'une explosion du déficit public, il semble plus intéressant de calculer le montant global des réductions de dépenses publiques « utiles » et des augmentations de recettes publiques nécessaires pour maintenir le déficit public à 3 % du PIB - taux que le pacte de stabilité semble heureusement rendre, pour l'instant, impossible à dépasser durablement - malgré l'augmentation de la charge de la dette.

Cet ajustement budgétaire, qu'elles le veuillent ou non, les générations futures devront le réaliser, si nous ne réduisons pas maintenant notre déficit public.

S'il ne l'est pas maintenant de manière volontaire, il le sera d'ici 2050, alors que l'augmentation de la charge de la dette l'aura rendue nécessaire pour maintenir le déficit public autour de 3 % du PIB.

La réduction immédiate du déficit public répond donc, notamment, à une logique d'équité intergénérationnelle.

Tel est d'autant plus le cas que les nouvelles générations seront nécessairement mises à contribution dans le cadre du financement des retraites des générations du baby-boom.