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Un nouveau pacte de solidarité pour les quartiers (rapport)

 

3. Améliorer la formation des jeunes des quartiers en difficulté

Comme le montrent les éléments statistiques transmis par l'ANPE et les entretiens qu'elle a réalisés dans le cas du « plan jeunes », la faiblesse des formations des jeunes issus des quartiers en difficulté constitue assurément un obstacle de taille sur leur chemin vers l'emploi. Dans ces conditions, la baisse du chômage engagée en 2005 grâce à la politique menée depuis 2002, risque d'accroître l'écart entre les besoins des entreprises et l'offre de travail disponible.

Comme le souligne le président de l'UPA dans un courrier du 5 septembre 2006 adressé au rapporteur : « les difficultés de recrutement persistent et ne feront que s'aggraver dans les années à venir avec de nombreux départs de salariés âgés. Il en va de même si l'on observe les perspective de remplacement des chefs d'entreprises artisanales : on dénombre 900.000 entreprises artisanales actuellement et l'on sait que dans les 10 ans qui viennent, 300 à 350.000 chefs d'entreprise artisanale vont arrêter leur activité ».

Dans ces conditions, les efforts entrepris depuis 2002 pour améliorer l'orientation des jeunes et développer les filières professionnelles doivent être poursuivis. Une meilleure information devrait être apportée aux jeunes quant aux débouchés réels de chaque filière. C'est en particulier nécessaire concernant certains métiers techniques et spécialisés qui souffrent de pénuries de main d'oeuvre comme la mission a pu le constater lors d'une de ses visites sur le terrain, à Roubaix88(*). L'offre de formation des établissements doit être davantage structurée en phase avec les besoins du bassin d'emploi. Enfin, la mise en place d'« écoles de la deuxième chance » doit s'intensifier.

Afin de permettre aux jeunes de se former à des métiers d'avenir, il est indispensable de poursuivre les efforts en faveur de l'apprentissage. Par ailleurs, de nombreux jeunes en alternance rencontrent des difficultés pour trouver une entreprise pour les accueillir soit en contrat en alternance, soit en stage, du fait, en particulier de leur absence de réseau relationnel. Dans ces conditions, il serait utile de promouvoir l'accueil des stagiaires issus, en particulier, des quartiers en difficulté, dans les entreprises.

Pour répondre à ce défi, la mission propose le lancement d'une négociation interprofessionnelle sur le sujet des stages et plus largement sur l'accueil des jeunes en entreprises. Cette négociation pourrait, notamment, concerner la mise en place d'une bourse nationale des stages, la création d'un « statut » du stagiaire, la question de la rémunération minimale et de l'âge maximal pour faire des stages... A l'issue de cette négociation, une loi donnerait une portée législative aux dispositions qui le nécessiteraient. En cas d'échec de la négociation, une loi serait adoptée sur ce sujet essentiel pour l'insertion professionnelle des jeunes. Les chambres consulaires pourraient être associées à cette réflexion, eu égard à leur rôle dans les filières de formation et leur expertise en matière professionnelle.

Pour les chômeurs des quartiers en difficulté, notamment ceux issus de l'immigration, un programme de remise à niveau en français semble également nécessaire afin de permettre une employabilité minimale. Comme le rappelle, en effet, l'ANPE dans les éléments transmis à la mission d'information, nombreux sont encore ceux qui ne peuvent lire un mode d'emploi ou des consignes de sécurité. Une telle situation ne peut que consolider les mécanismes d'exclusion et de discrimination.

* 88 Lors de la visite de la société « Rubis usinage », le 21 juin 2006, la mission a constaté que les entreprises de secteurs de pointe manquaient de techniciens et d'ouvriers disposant de compétences pointues du fait, notamment, de la disparition de ces formations dans certains lycées professionnels (voir le compte rendu de ce déplacement en annexe).