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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

2. Evolution de l'exploitation : jours d'ouverture et entrées

Le rythme d'activité (en jours d'ouvertures) tend à s'accroître mais le nombre des entrées s'est effrité en 2003 et 2005.

Rythme d'activités des casinos

Saison

Jours d'exploitation

Evolution

Entrées

Evolution

2001 / 2002

63 208

 

61.808.729

 

2002 / 2003*

65 028

+ 2,88 %

61.268.186

- 0,92 %

2003 / 2004

67 457

+ 3,8 %

63.426.316

+ 3,5 %

2004 / 2005

68 995

+ 2,26 %

62.235.948

- 1,4 %

* Pour un PBJ en croissance de + 3,68 %.

3. Evolution du PBJ total des casinos

L'évolution du PBJ total des casinos a été la suivante depuis 1991 :

Evolution du produit brut des casinos

 

PBJ total
(en millions d'euros)

Evolution
(en pourcentage)

1991

392,9

 

1992

512,3

+ 30,4

1993

678,8

+ 32,5

1994

860,7

+ 26,8

1995

1.051,3

+ 22,1

1996

1.244,8

+ 18,4

1997

1.409,7

+ 13,2

1998

1.644,3

+ 16,6

1999

1.830,6

+ 11,3

2000

2.056,2

+ 12,3

2001

2.278,3

+ 10,8

2002

2.456,8

+ 7,8

2003

2.546,8

+ 3,7

2004

2.613,2

+ 2,6

2005

2.647,8

+ 1,3

L'inquiétude que pourrait susciter, à première vue, la baisse (spectaculaire) des taux de croissance d'une année sur l'autre doit être nuancée.

Pour augmenter le PBJ de 1992 de 30,4 %, il fallait 119,4 millions d'euros de plus. Le point d'augmentation valait 3,92 millions d'euros.

Mais, en 2003 (+ 2,6  %, soit 66,4 millions d'euros), le point d'augmentation représentait 25,46 millions d'euros, c'est-à-dire 6,5 fois plus.

Tous ces chiffres sont donnés en euros courants.

4. Evolution du produit brut des jeux par type de jeux

Le tableau ci-dessous montre que les machines à sous accroissent leur écrasante domination, tandis que les jeux traditionnels continuent leur descente « aux enfers ».

La domination des machines à sous

(en pourcentage du total)

Type de jeu

2001/2002

2002/2003

2003/2004

2004/2005

 

Machines à sous

91,57

92,88

93,38

93,51

a

Jeux traditionnels *

8,43

7,12

6,62

6,49

b

Black jack

1,99

1,81

1,51

1,77

c

Roulette anglaise

2,81

2,12

1,98

1,96

d

Roulette française

1,47

1,29

1,32

1,07

e

Divers jeux trad. **

2,16

1,90

1,81

1,69

f

* b = c + d + e + f ** f = b - (c + d + e)

5. Le problème lancinant des jeux traditionnels et des pourboires

a) Le déclin des jeux de table

Les jeux de table, souvent appelés « jeux traditionnels », ont vécu depuis vingt ou trente ans une désaffection considérable. De nombreux facteurs ont contribué à leur marginalisation :

- l'amenuisement d'une clientèle étrangère sans doute peu nombreuse mais très joueuse et générant d'importants chiffres d'affaires,

- le droit de timbre stupidement dissuasif de l'Etat exigé aux entrées,

- mais surtout le « tsunami » des machines à sous.

Une espèce forte supplante toujours une espèce plus faible : ce qui se passe pour les fourmis se produit ici pour les jeux.

En 1991, les jeux de table traditionnels (JT) représentaient 50,8 % du PBJ total.

En 2004, avec 13 % de baisse en absolu et en euros courants (!), ils n'en représentent plus que 6,4 %.

Le déclin des jeux de table

(en millions d'euros)

 

PBJ total

Evolution
(en pourcentage)

PBJ des JT

Evolution

(en pourcentage)

1991

392,9

 

200,2

 

1992

512,3

30,4

178,4

- 10,9

1993

678,8

32,5

170,7

- 4,3

1994

860,7

26,8

168,0

- 1,6

1995

1.051,3

22,1

157,3

- 6,4

1996

1.244,8

18,4

155,2

- 1,3

1997

1.409,7

13,2

153,1

-1,4

1998

1.644,3

16,6

173,5

+ 13,3

1999

1.830,6

11,3

175,3

+ 1,0

2000

2.056,2

12,3

183,2

+ 4,5

2001

2.278,3

10,8

189,8

+ 3,6

2002

2.456,8

7,8

207,0

+ 9,1

2003

2.546,8

3,7

181,7

- 12,2

2004

2.613,2

2,6

174,3

- 4,1

2005

2.647,8

1,33

171,7

- 0,76

A la dégradation constante de 1991 à 1997, a succédé une petite embellie jusqu'en 2002, que la reprise de la baisse a vite fait oublier.

Dans les dispositions du protocole signé en 2006 par l'Etat et l'ensemble des casinos, le droit de timbre a été supprimé en échange de l'instauration d'un contrôle des identités aux entrées en novembre 2006.

La mixité des jeux, c'est-à-dire la permission, puisqu'il y a ce contrôle, d'installer des machines à sous (MAS) dans les salles de jeux traditionnels et inversement, peut rompre l'isolement, préjudiciable à la découverte et à la fréquentation de ces jeux, que l'irruption des machines à sous dans les établissements a provoqué.

Il y a là un réel espoir de voir les jeux de table (JT) remonter la pente : deux expériences de mixité dans de petits casinos nouveaux semblent avoir été concluantes dans ce domaine.

Mais il faudra, pour gagner ce pari, beaucoup de travail, de bons aménagements des locaux et des efforts intelligents de promotion de ces chefs d'oeuvre en péril.

De tous les casinos, seul celui d'Enghien-les-Bains affiche des résultats remarquables30(*) en matière de jeux de table. Sa position de seul « casino de fait de Paris », « ville interdite » à ces établissements, lui a conféré une situation exceptionnelle récemment bonifiée par une dotation de machines à sous dont il était jusqu'ici privé.

* 30 PBJ 2003 total : 11,7 millions d'euros - PBJ des JT : 44,2 millions d'euros (37%) -PBJ réel des mas : 72,8 millions d'euros (62%). Par comparaison, le PBJ du casino de Luz Saint Louis durant l'exercice 2002-2003 n'était que de 70.905 euros.