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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

4. Le clash des clubs de football de Ligue 1, fin juillet 2006

Votre rapporteur avait écrit les lignes qui précèdent dans la soirée du 29 juillet 2006. Le lendemain matin 30 juillet, le quotidien « L'Equipe » annonçait que les clubs de ligue 1, Toulouse, Nantes et Saint-Etienne avaient signé des contrats de sponsoring avec des sites de paris en ligne : leurs joueurs porteront leurs marques sur les maillots.

Déjà l'an dernier le club de Toulouse présentait des panneaux de stade pour MrBookmaker, Bordeaux et le Mans pour Bwin et Saint-Etienne pour Gamebooker.

Le 15 septembre, l'Equipe a précisé que douze clubs professionnels étaient sponsorisés : Auxerre (Bwin), Monaco (Bwin), Nantes (Gamebooker), Saint-Etienne (Bwin), Toulouse (888), Bordeaux (Bwin), Le Mans (Bwin), Metz (Sportinget), Troyes (Sportingbet). Si le conflit se développe, ces clubs risquent tous d'être inquiétés. Deux clubs sont sponsorisés licitement par les groupes de casinos Partouche et Barrière.

Que la publicité pour des sites de paris sportifs ou de casino en ligne soit illégale et interdite en France, que la ligue multiplie ses avertissements et que le ministre des sports, M. Jean-François Lamour, rappelle son attachement aux monopoles des jeux, semble ne faire ni chaud ni froid aux clubs intéressés qui ne prennent dans les arguments échangés en Europe que ce qui leur convient.

On connaît bien les pratiques lamentables citées plus haut qui agitent le football européen : trafics en tous genres autour des transferts de joueurs et de leurs « contrats d'image », corruption d'arbitres et de joueurs, achats de matches.

Et c'est dans ce climat délétère que l'on souhaite innover et ouvrir à double battant les portes des paris ?

Que les clubs professionnels de football soient anxieux d'accroître leurs ressources compte tenu des salaires démentiels qu'ils versent à certains joueurs, cela peut se comprendre, mais que l'on ne nous dise pas que la libéralisation à tout va des paris sportifs (stimulés par ces sponsorings et exercés sans aucun contrôle des pouvoirs publics) ne comporte pas le risque majeur de voir, sous nos yeux, se développer à grande échelle la corruption dans le sport.

Il y a de la part des clubs qui s'engagent dans cette voie en toute illégalité une démarche totalement irresponsable.

L'Etat ne peut rester immobile devant ce dilemme : ou il aménage une piste légale conforme à son ambition annoncée d'un jeu responsable « à la française » ou il sévit...

5. Quels jeux offrent les sites en ligne?

Les sites de paris sportifs offrent une énorme variété de paris possibles sur toutes sortes de sports et dans tous les pays. Le PMU avait innové avec succès dans ce domaine, avec les prises de paris à l'étranger sur les courses de chevaux françaises : le moins que l'on puisse dire est que le Net entraîne la mondialisation massive de ces jeux.

A côté de ce vaste secteur, qui fait l'objet des premières batailles engagées contre les monopoles européens par les nouveaux opérateurs, figurent aussi les cyber-casinos qui offrent un grand nombre des jeux que l'on recherchait jusqu'ici dans les « casinos en dur »56(*).

Au premier rang de tous, le poker qui bénéficie d'une grande vogue partout.

* 56 Il ne faut jamais oublier que la loi française impose que les jeux et les machines à sous doivent être présentés dans des « lieux clos ».