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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

3. Un impact important

Activité dynamique, gisement apprécié de ressources publiques, les jeux sont un secteur animé par des opérateurs de poids.

Ils tiennent une place importante dans la vie économique française.

a) Des acteurs de poids

Le total des mises79(*) engagées par les joueurs auprès des opérateurs français est du même ordre de grandeur que le chiffre d'affaires de Renault, neuvième entreprise française (38,85 milliards d'euros contre 36,34 milliards d'euros).

 Grâce aux machines à sous, le marché des casinos est devenu le premier en France, sa part est passée, on l'a vu, de 22,3 % à 51,9 %, du total des mises entre 1991 et 2004.

C'est en même temps le premier marché européen et le deuxième au monde, derrière celui des Etats-Unis.

Le mouvement de concentration constaté, en 2001, dans le premier rapport, s'est poursuivi depuis. Les groupes français jouent, avec les britanniques, un rôle prédominant en Europe.

Les huit premiers groupes casinotiers français représentent aujourd'hui plus de 85 % du marché national et cinq d'entre deux en détiennent 75 % (Partouche, groupe Lucien Barrière, Accor Casinos, Tranchant et Modiflor).

En prenant le contrôle de la compagnie européenne de casinos, le groupe Partouche était devenu, en 2002, le leader incontesté en France.

Mais la première place lui a été ravie ensuite par le « Groupe Lucien Barrière », né de la fusion, en 2005, des groupes Accor Casinos et Barrière.

Même si le marché donne des signes de maturation, l'activité des casinos demeure globalement rentable, avec des marges d'exploitation de 8 à 12 % du chiffre d'affaires80(*).

Selon une étude, réalisée en juillet 2005, par M. Claude Montmeas, pour le compte de Natexis Banques Populaires :

l'industrie casinotière française est leader en Europe ;

- le processus de consolidation en cours devrait se poursuivre sous l'impulsion, notamment, de fonds d'investissement anglo-saxons (comme le britannique Prudential ou l'américain Colony Capital) ;

- pour parer au ralentissement de la croissance du secteur des casinos qui semble s'amorcer en France (voir plus loin), plusieurs stratégies sont possibles : croissance par acquisition malgré tout (rachat d'opérateurs encore indépendants...), recherche de relais de croissance externe, notamment en Europe, sur des marchés moins consolidés (Grande-Bretagne, Grèce...), ou recentrage sur le coeur de métier (comme Partouche qui a procédé, en 2004, à d'importantes cessions d'actifs hôteliers pour dégager des marges de manoeuvre financière...) ;

 La Française des jeux, pour sa part, se situe, par son chiffre d'affaires, parmi les cinquante premières entreprises du pays. C'est une société imaginative, intègre et performante, qui a le sens de l'intérêt général, comme en témoignent ses activités de mécénat sportif. Elle permet à la France d'occuper la cinquième place des pays opérateurs de loterie (derrière les Etats-Unis, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne).

En lançant Euro Millions, en février 2004, avec les loteries nationales britanniques et espagnoles (rejointes ensuite par celles de six autres pays), elle a poursuivi une stratégie de coopération européenne particulièrement judicieuse dans le contexte actuel.

 Quant au PMU, il constitue la deuxième entreprise mondiale de pari mutuel.

Lui aussi mène des actions orientées vers la mise en valeur du sport (promotion des courses hippiques, partenariats avec la Ligue nationale de Rugby, le Tour de France...). Comme la Française des jeux, il a « internationalisé » ses activités grâce à des accords de partenariat avec des opérateurs étrangers permettant des prises de paris sur des courses étrangères ou, en masse commune, à l'étranger, sur des courses françaises (en Allemagne et avec Ladbrokes, en Grande-Bretagne).

* 79 Réserve faite du caractère très approximatif de celles concernant les machines à sous des casinos.

* 80 Les marges varient en fonction des charges immobilières et de celles imposées par les contrats de concession des casinos. Elles étaient évaluées, en 2004, à environ 20 à 30  % du chiffre d'affaires, par M. Claude Montméas, dans une étude citée ci-après.