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CulturesFrance : des changements nécessaires

 

III. LES RAPPORTS D'ACTIVITÉ

La présentation des rapports d'activité fournit peu d'informations statistiques sur les opérations qui se sont déroulées tout au long de l'année. Ces rapports, qui sont de création récente, ont d'abord vocation à informer les acteurs du monde de la culture. Il est donc difficile de caractériser l'activité de l'AFAA à partir des éléments y figurant, malgré les demandes formulées par les ministères concernés. La comptabilité d'engagement a servi de support à une analyse de l'activité à partir des données relatives à 2005. Il en ressort la présentation suivante :

Opérations engagées au cours de l'année 2005

 

Montant engagé

Part en %

Nb

d'opérations

Parts en %

total France

6 139 393,96 €

40 %

676

37 %

total étranger (hors Année de la France en Chine)

9 167 745,43 €

60 %

1140

63 %

Total général (hors Année de la France en Chine)

15 307 139,39 €

 

1816

 

Année de la France en Chine

3 080 507,49 €

 

33

 

Total général

18 387 646,88 €

 

1849

 

Dont part réalisé sur le territoire national

 

33 %

 

37 %

Il apparaît ainsi qu'en dehors de la saison « Année de la France en Chine » l'activité de l'AFAA se caractérise par un volume important d'opérations sur le territoire national. Ainsi, les montants engagés (hors « Année de la France en Chine ») couvrent à hauteur de 40 % des opérations réalisées dans l'hexagone. Ce ratio passe à 33 % si les dépenses de la saison « Année de la France en Chine » sont prises en compte.

Cette analyse est révélatrice d'une tendance dont le directeur de l'AFAA avait annoncé le caractère irréversible lors du conseil d'administration du 14 janvier 2003 : « ... la tendance amorcée en 2001 de réaliser moins de projets à l'étranger au profit d'opérations se déroulant en France transforme peu à peu la nature de l'association. L'AFAA est de moins en moins en mesure de répondre favorablement aux demandes des postes, des artistes ou des partenaires pour la diffusion de la scène artistique à l'étranger, tendance qui ne devrait pas s'inverser en 2004 avec l'organisation des Années France/Chine et la saison de la Pologne ».

Cette tendance semble être accueillie plutôt favorablement par l'AFAA qui passe par ce biais d'une logique de réalisation de projets pilotés par les agents du ministère à une logique de réalisation de programme. Cette option lui accorde plus d'autonomie et lui permet de bénéficier d'une plus grande notoriété auprès des décideurs politiques et culturels nationaux. Il n'empêche que cette évolution se fait en infléchissant singulièrement l'objet social de cette association, reconnu depuis des décennies, qui la voue d'abord à l'action culturelle à l'étranger. Elle fait de plus obstacle à la réalisation de besoins de plus en plus pressants provenant des acteurs de notre réseau culturel à l'étranger.

En outre, ce choix de présentation s'accompagne d'une absence patente d'évaluation. Il n'est pas satisfaisant que l'AFAA se dispense de rendre compte de la portée statistique, tant qualitative que quantitative, des actions qu'elle entreprend. Or une telle évaluation est prévue par la convention triennale, comme elle l'était précédemment par les lettres de cadrage, de même que par les différentes circulaires du Premier ministre sur les associations et par les obligations imposées aux opérateurs de l'Etat.

Par ailleurs, si l'AFAA veut développer son action dans l'Union européenne, objectif que lui impose d'ailleurs la convention triennale, elle se trouvera contrainte de se plier à une telle obligation pour répondre aux exigences du programme européen « CULTURE 2000 » telles qu'elles ressortent de la directive n° 508/2000/CE du Parlement européen en date du 14 février 2000. La Cour insiste sur la faiblesse de la participation de l'AFAA aux programmes européens, ce qui amène à s'interroger sur la volonté ou la capacité de l'association à monter des opérations culturelles multilatérales. S'il est vrai que l'AFAA vient d'obtenir un premier financement, à hauteur de 150 000 €, du programme « CULTURE 2000 », son attribution est trop récente pour qu'il soit possible d'en tirer une quelconque conclusion. On ne peut que constater que l'obtention de crédits européens avait été fixée comme objectif dès 2001 à l'AFAA qui aura donc mis 5 ans à le concrétiser.