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Le Palais de la découverte : un condensé de dysfonctionnements administratifs et politiques

 

III. LE PALAIS DE LA DÉCOUVERTE : « UN BATEAU IVRE » ?

L'examen du fonctionnement du Palais conduit à s'interroger sur l'existence d'un pilotage de l'établissement.

A. LE DÉSENGAGEMENT DES TUTELLES

1. Désintérêt, voire négligence, des ministères concernés par le Palais de la Découverte

Jusqu'en 2006, le Palais de la Découverte relevait exclusivement du ministère de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.

Les critiques à l'encontre du ministère précité sont récurrentes.

En 1990, le rapport « Héritier Augé »sur les musées de l'éducation nationale dénonce « la situation d'abandon intellectuel et moral » dans lequel se trouvaient ces établissements au regard de leur ministère de la tutelle. La succession des directions du ministère tour à tour sollicitées pour gérer l'établissement en témoigne.

Le rapport d'évaluation du Comité national d'évaluation en 1997 évoque quant à lui « l'évident désintérêt du ministère de l'Education nationale, qui ne s'est soucié ni de guider son musée, ni de l'utiliser comme instrument de culture scientifique. Le comportement de la DGES [direction générale de l'enseignement supérieur] est particulièrement révélateur à cet égard, puisqu'elle ne s'est guère préoccupée de ce que les subventions accordées au Palais ne lui permettaient même plus de rémunérer son personnel fonctionnaire, l'obligeant à mobiliser en partie ses ressources propres. Se borner à défendre l'implantation du Palais de la Découverte dans les bâtiments du Grand Palais, en s'opposant ainsi au ministère de la Culture, ne saurait constituer une politique ».

Le rapport des trois inspections s'inscrit dans la continuité en écrivant « un exercice de la tutelle d'Etat défaillant ». Il recommande une « implication renforcée des administrations de tutelle », après avoir constaté une « sous-dotation chronique » du Palais et « un pilotage budgétaire des expositions permanentes et temporaires au fil de l'eau » (cf. infra).

Le ministère de la culture, en tant que gestionnaire des « murs » n'échappe pas aux critiques. En effet, le rapport du Comité national d'évaluation indiquait que le ministère de la culture affectataire principal du Grand Palais s'occupait peu de l'entretien des locaux, « voire ne remplissait pas toujours ses obligations de propriétaires ».