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Le Palais de la découverte : un condensé de dysfonctionnements administratifs et politiques

 

3. L'exemple du Royaume Uni en matière de diffusion scientifique et technique

Dans le cadre de ses travaux de contrôle, qui outre le Palais de la Découverte, concernent cette année le financement de la preuve de concept des projets de recherche, votre rapporteur spécial s'est rendu à Londres à la fin du mois de mai 2007. Il a pu faire le point sur l'action menée au Royaume Uni.

Face aux scandales et aux problèmes éthiques soulevés par certaines avancées scientifiques, en particulier l'encéphalopathie spongiforme bovine, le gouvernement britannique a renforcé les initiatives destinées à susciter l'intérêt pour la science et faciliter la compréhension des sujets scientifiques. Les budgets consacrés à la communication scientifique et à la vulgarisation de la recherche ont été augmentés. Une nouvelle stratégie de communication8(*) a été mise en place. L'Office of Science and technology a doublé son budget « Science et société » entre 2005 et 2007.

Plusieurs organismes prennent part à la diffusion de la culture scientifique. Votre rapporteur spécial a eu l'occasion de visiter :

- la Royal Institution of Great Britain. Créée il y a plus de 200 ans, la Royal institution est à la fois un organisme de recherche et un organisme de promotion de la science de la science auprès du grand public. Elle organise annuellement plusieurs centaines d'évènements dont les « Christmas lecture » qui, diffusées à la télévision permettent de vulgariser un sujet scientifique entre Noël et Nouvel An. Elle mène également d'importantes actions en faveur des plus jeunes. En outre, elle a mis en place un « science media centre » dédié aux journalistes pour les assister dans la recherche d'informations et les aider le cas échéant à rencontrer leurs interlocuteurs.

La Royal Institution est financée par des dons et des souscriptions ; à cet égard elle a réussi à lever 20 millions de livres sterling pour financer la restauration et la restructuration complète en cours de son bâtiment au coeur de Londres : rénovation, création d'un atrium, d'un restaurant. Selon la directrice, la Baronne Susan Greenfield « Venir à la Royal institution doit devenir aussi intéressant et fascinant qu'aller au cinéma ! » ;

- The Science museum qui est l'un des quatre musées que compte The National Museum of Science and Industry (NMSI). Créé en 1857, le musée n'est devenu un musée scientifique à part entière qu'en 1909. Dès 1931, une galerie pour les enfants est ouverte afin de stimuler l'intérêt et la curiosité et ce, en utilisant des moyens « interactifs ». Seulement 5 % des collections du musée sont visibles. Comme tous les musées britanniques, l'entrée est gratuite.

Votre rapporteur spécial a été particulièrement marqué par :

la présentation du musée  qui montre l'importance du renouvellement pour ce type de musée : « Les galeries d'exposition ne restent jamais statiques puisqu'elles doivent refléter et commenter le rythme croissant des évolutions dans les domaines de la science, de la technologie, de l'industrie et de la médecine  (...) Quel que soit le futur, le Science Museum sera au premier rang pour l'illustrer, l'expliquer, l'interpréter pour tous ses usagers, quel qu'ils soient ou qu'ils soient ».

- la politique pragmatique de gestion menée par la direction. Organisme à but non lucratif, le NMSI qui gère le Science Museum a mis en place une véritable politique pour développer le mécénat qui représente aujourd'hui un tiers des subventions reçues par le gouvernement britannique.

Par ailleurs, l'optimisation de la gestion de l'ensemble des musées a conduit la direction à déléguer à une société commerciale non seulement les services liés aux magasins mais également les services de contact avec la clientèle, les guides. Une réflexion est en cours sur la poursuite d'une telle politique à l'égard d'autres services comme par exemple le service informatique ou la gestion immobilière. Cette évolution est, en partie, dictée par le constat que l'évolution des ressources gouvernementales était incertaine, ce qui nécessitait de renforcer les ressources propres, par ailleurs vecteurs d'autonomie.

* 8 « Public Engagement with Science and technology », rapport « science and technology » présenté par la Chambre des Lords en 2000.