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Approvisionnement électrique : l'Europe sous tension (rapport)

 

B. DES IDÉES LUMINEUSES POUR CONSOMMER MOINS EN ÉCLAIRAGE

La consommation annuelle pour tous les usages de l'éclairage est de 40 TWh, soit 10 % de la consommation annuelle d'électricité en France, et se répartit de la façon suivante :24,5 TWh dans le tertiaire, l'industrie, le commerce et l'enseignement ; 10 TWh en éclairage domestique et 5,5 TWh en éclairage public.

L'éclairage dans le secteur résidentiel représente 12 à 15 % de la facture d'électricité des ménages, et est en outre un usage de pointe de la demande d'électricité, ce qui a pour conséquences un effet sur la dimension du parc de production et un fort contenu en CO2 (116 g de CO2 par kWh).

La diminution de cette consommation pourrait aisément être obtenue par l'emploi de technologies existantes, telles que les lampes fluocompactes (- 80 % de consommation), les lampes dichroïques (- 40 %), avec des durées de vie des ampoules incomparablement plus longues. Le paradoxe avec l'éclairage est qu'il s'agit de l'un des secteurs ou le changement technologique est le plus aisé, l'investissement initial le plus faible, la rentabilité la mieux connue, pour lequel la labellisation existe, mais où les avancées sont pour l'instant assez limitées.

   

Pourtant, si l'on remplaçait toutes les lampes à incandescence par des LFC, l'économie serait de 250 kW par logement et par an, soit, pour 26 millions de foyers, une économie de 6,5 TWh et de 754 000 tonnes de CO2. Dans le secteur tertiaire, une telle substitution entraînerait une économie complémentaire de 1,5 TWh. La suppression des sources à incandescence permettrait ainsi une réduction de la consommation de 8 TWh par an329(*), soit plus que la production d'une tranche nucléaire.

C'est la raison pour laquelle l'Australie et la Californie ont annoncé la suppression des sources à incandescence sur leur territoire respectivement en 2010 et 2011. Le 9 mars 2007, le Conseil européen a par ailleurs demandé à la Commission européenne de soumettre rapidement des propositions visant à accroître les exigences d'efficacité énergétique pour l'éclairage des bureaux, des rues, et dans les habitations privées.

En tout état de cause, votre mission d'information propose que la France adopte sans attendre une mesure d'interdiction totale de la vente de sources à incandescence à l'horizon 2010.

Les administrations publiques devraient par ailleurs s'engager dès à présent à remplacer, au fur et à mesure de leur extinction, l'ensemble des lampes à incandescence par des ampoules basse énergie. L'éclairage public doit également être concerné par cette mesure. Dans ce domaine, rappelons que le bon réglage des cellules photoélectriques peut déjà constituer une source simple d'économie d'électricité.

Par ailleurs, les dispositifs d'extinction automatique dans les couloirs, couplés à des détecteurs de présence physique, sont très économes en énergie, et doivent également être promus330(*).

LE SÉNAT ET LA MDE

Les Questeurs du Sénat poursuivent un objectif de maîtrise de la demande d'électricité, qu'ils mettent en oeuvre de différentes manières. S'agissant des bâtiments, l'isolation est systématiquement renforcée lors des travaux de réhabilitation et, dans l'ensemble des locaux, lorsque l'état des fenêtres justifie leur changement, elles sont remplacées par des fenêtres en double-vitrage, pour certaines équipées de contacteurs permettant l'arrêt des ventilo-convecteurs en cas d'ouverture. En matière d'éclairage, les ampoules basse tension ont été généralisées et des dispositifs de minuterie installés dans les parties communes. Dans les marchés publics d'équipement enfin, l'objectif de maîtrise de la consommation est également intégré : ainsi les photocopieurs doivent-ils disposer du label Energy Star, et la mise en réseau des imprimantes, scanners et copieurs est encouragée. Cependant, une mesure telle que l'utilisation de véhicules électriques dans le Jardin du Luxembourg, si elle répond à un objectif salutaire de diminution de la pollution, a bien évidemment pour conséquence une hausse de la consommation électrique...

* 329 Ces chiffres sont à tempérer en raison des effets thermiques des ampoules à incandescence, qui réduisent les besoins de chauffage en hiver. Cet impact, difficile à évaluer, fait l'objet d'une analyse dans l'ouvrage de M. Pierre Bacher, L'énergie en 21 questions - Odile Jacob -Avril 2007.

* 330 Conçu par le groupe Accor dans une optique de maîtrise de la consommation d'énergie, le Novotel Paris-Montparnasse n'est équipé que d'ampoules basse consommation et l'éclairage de ses couloirs est assuré par des détecteurs de mouvements. Ces investissements témoignent que ces systèmes sont rémunérateurs à terme.