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Travaux de la délégation française à l'Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale au cours de la première partie de la 53ème session ordinaire (2007) de cette assemblée

 

B. DISCOURS DE M. GEORGY PIRINSKI, PRÉSIDENT DU PARLEMENT BULGARE

Le Président Jean-Pierre Masseret accueille M. Pirinski, rappelant que, ancien Ministre des Affaires étrangères de la Bulgarie, « il y a cinq ans, en 2002, lorsque vous siégiez encore au sein de Assemblée, nous avions accueilli le Ministre de la défense de Bulgarie de l'époque, M. Nikolay Sviranov, qui déclarait alors : « Un jour, la défense et la sécurité communes dans toute l'Europe seront une réalité, au même titre que le Marché commun et l'Union monétaire européenne, car il existe une volonté d'agir et une confiance dans le développement européen. » Cinq ans plus tard, la Bulgarie est membre à part entière de l'Union européenne, et participe ainsi activement à l'évolution de la PESD. L'Union européenne s'étend maintenant jusqu'à la mer Noire ; cet élargissement des frontières signifie également de nouveaux enjeux, de nouvelles relations avec des États tiers, et nécessite de développer la PESD afin d'y intégrer ces enjeux. La Bulgarie - et vous-même, je le sais - partage ces objectifs. Ainsi, elle participe de manière significative aux missions de maintien de la paix de l'UE et de l'OTAN, notamment aux missions Althea en Bosnie-Herzégovine et ISAF en Afghanistan, où d'ailleurs, un renfort important de troupes bulgares sera effectué à la fin du mois. »

Puis M. Georgy Pirinski a pris la parole en ces termes :

« M. le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs, je voudrais tout d'abord vous assurer que c'est un honneur particulier pour moi d'avoir la possibilité de m'adresser à cette Assemblée, à l'ouverture de sa Cinquante-troisième session, et de vous exprimer les positions et les ambitions de la Bulgarie, comme vous venez de le souligner, M. le Président, six mois après l'accession de mon pays à l'Union européenne.

L'un des défis importants, directement liés au développement politique futur de l'Union européenne, est la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Ceci se rapporte entièrement à sa dimension parlementaire, qui est le thème principal de la présente session de l'Assemblée de l'UEO.

La République de Bulgarie a désormais une approche envers les problèmes de la sécurité et de la défense propre à un pays membre de l'Union européenne. Notre pays soutient le développement et la consolidation de la politique européenne de sécurité et de défense en tant qu'instrument important dans la mise en place de la sécurité européenne et mondiale, en coordination avec l'OTAN.

La Bulgarie apporte son appui aux objectifs et aux mesures visant à la consolidation de la PESD, y compris aux objectifs de la Stratégie européenne de sécurité de 2003, à l'activité de l'Agence européenne de défense, aux forces européennes de gendarmerie, aux accords de lutte contre le terrorisme, etc. La PESD est le cadre dans lequel nous élaborons nos points de vue sur ses trois principaux domaines - politique, opérationnel et institutionnel.

Notre pays donne non seulement son soutien, mais également son engagement actif à la mise en oeuvre de la politique commune de sécurité et de défense. Au cours des dernières années, l'Assemblée nationale de la Bulgarie a pris quinze décisions relatives à l'envoi de militaires bulgares en mission à l'étranger, sans compter les décisions de participation aux manoeuvres conjointes et les actions engagées dans le cadre du Partenariat pour la paix.

Lors de la prise de ces décisions, des considérations d'ordre économique et politique ont donné lieu à de sérieux débats en plénière sur les possibilités et les capacités de notre pays. En fin de compte, le concept de respect des engagements pris et des responsabilités assumées l'a emporté. Plus particulièrement en ce qui concerne la mission en Irak, notre aptitude à fournir notre apport à sa stabilisation et à son développement démocratique a été décisive.

En ce qui concerne l'aspect opérationnel de la PESD, quelles que soient les difficultés sociales et économiques que nous rencontrons actuellement, la République de Bulgarie a pris des engagements considérables par rapport à ses possibilités de participation à des missions à l'étranger. Les forces armées bulgares sont actuellement en pleine restructuration. Le pourcentage que notre pays alloue en ce moment à la défense représente 2,24 % du produit national brut et, en fonction des engagements qu'il a pris, il se chiffrera à 2,6 % de notre PNB en 2015. Ce pourcentage est plus élevé que les fonds que nombre de pays européens lui allouent.

Dans la mise en oeuvre de ses engagements d'allié et de co-allié en 2006, la participation de la Bulgarie se chiffre à 1 281 militaires et à 31 unités de technique militaire. De par le nombre de militaires par rapport à sa population, notre pays se situe à l'une des premières places parmi les pays ayant participé à des missions à l'étranger.

Comme vous l'avez souligné, M. le Président, la Bulgarie prend part actuellement à des missions à l'étranger telles que la mission de l'Union européenne : opération Althea en Bosnie-Herzégovine (EUFOR) ; la mission de l'OTAN : Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan ; mission OTAN de formation en Irak ; Force de paix au Kosovo (KFOR) dirigée par l'OTAN ; opération antiterroriste de l'OTAN en mer Méditerranée (Active Endeavour); Force de réaction de l'OTAN jusqu'au 30 juin 2007 ; opération « Liberté pour l'Irak » des forces de coalition et missions de l'Organisation des Nations unies : opération maritime de la Force intérimaire de l'ONU au Liban - Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) ; au Kosovo - Mission des Nations unies au Kosovo (MINUK) ; au Libéria - Mission des Nations unies au Libéria (MILUN) ; en Érythrée - Mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (MEEUN).

Dans le domaine de la gestion civile de crises, la Bulgarie a accompli avec succès l'objectif civil 2006 avec expertise nationale dans les secteurs « Police », « Etat de droit » et « Défense civile ». Notre pays a exprimé le désir de participer à de futures missions dans les secteurs « Police » et « État de droit » au Kosovo et dans des missions de police en Afghanistan.

Des progrès ont également été réalisés dans le développement des trois stratégies à long terme de l'Agence européenne de défense, notamment le plan d'amélioration des capacités, la stratégie de la base de défense industrielle et technologique européenne, et la stratégie européenne de recherche et de technologie dans le domaine de la défense.

Assurément, à cette étape de la mise en place de la PESD, celle-ci a besoin d'un cadre parlementaire, car, en fin de compte, ce sont précisément les parlements nationaux qui votent et adoptent les budgets de défense de leurs pays et les décisions d'envoyer des troupes en mission à l'étranger aussi bien dans le cadre de l'Union européenne que de l'OTAN.

Il faut également définir une institution parlementaire qui exercerait le contrôle parlementaire de cette politique. Et c'est une fonction à laquelle cette Assemblée contribue avec succès depuis des décennies. La place et le rôle de l'Assemblée de l'UEO peut être d'une importance décisive pour la garantie d'une gestion effective des dépenses budgétaires de défense. En outre, l'apport de l'Assemblée à l'optimisation de la coopération et de la coordination avec les parlements nationaux, l'OTAN et le Parlement européen est considérable. L'Assemblée de l'Union européenne est une organisation responsable qui effectue un travail d'analyse extrêmement important et qui organise d'utiles discussions sur des problèmes-clés dans le domaine de la sécurité et de la défense. C'est une institution qui a ses traditions, qui est, plus que jamais, une Assemblée des Assemblées, jouant le rôle de forum pour d'importants débats et pour la coordination des positions. »

Indiquant encore que la Bulgarie participe à l'ISAF en Afghanistan avec un détachement sécurisant l'aéroport de Kaboul avant que 400 Bulgares soient envoyés dans le sud du pays, région très exposée, M. Georgy Pirinski a souligné, en conclusion, que la Bulgarie joue un rôle important de stabilisation de la paix et de la sécurité dans la région des Balkans. Récemment, l'Assemblée nationale du pays a été choisie pour être le centre d'information et de coordination de la dimension parlementaire du Processus de coopération en Europe du Sud-Est. Puis, le Président du Parlement bulgare a conclu son propos en réaffirmant l'intention de la Bulgarie de continuer à prendre une part active à la formation et à la mise en oeuvre de la politique européenne de sécurité et de défense.