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Marée amère : pour une gestion durable de la pêche

 

3. L'aquaculture marine française : un enjeu stratégique

L'aquaculture marine française présente des particularités marquées selon le rapport Poséidon : son haut niveau de technicité et de compétence dans l'amont de la filière, une prépondérance marquée de la conchyliculture et plus particulièrement de l'ostréiculture, la France assurant 90 % de la production européenne et étant la 1ère production aquacole en valeur au niveau français et la 2e au niveau européen. En revanche on dénombre très peu d'exploitations piscicoles marines.

Les obstacles majeurs au développement futur de cette filière sont dans notre pays les conflits d'usages et les difficultés d'obtention des autorisations administratives. La solution réside sans doute dans un inventaire national des sites propices, déjà réalisé en 2001 par l'Ifremer, et son incorporation aux schémas de développement et de gestion des littoraux.

L'aquaculture française est spécialisée dans les coquillages mais sur un petit nombre d'espèces exploitées par de petites entreprises. Cela rend la filière très sensible à des incidents sanitaires comme cela s'est produit la saison dernière. Logiquement, l'effort principal de recherche de l'Ifremer dans le domaine aquacole porte sur les coquillages, tout particulièrement les écloseries, pour ne pas dépendre du captage des naissains sauvages très concentré sur le bassin d'Arcachon, et sur les résistances aux maladies et la mise au point d'espèces alternatives en cas de nouvelle épidémie. Les conchyliculteurs sont également très sensibles à la qualité des eaux et dépendants des effluents terrestres.

La pisciculture marine française est en revanche très faible avec une production de l'ordre de 7.000 t par an. Pourtant les écloseries françaises sont performantes et produisent plus de 60 millions d'alevins exportés pour plus des deux tiers, ce qui contribue pour ¼ au chiffre d'affaires de la filière. La production se concentre sur trois espèces : le bar, le turbot et la daurade.

Cette situation n'est guère satisfaisante d'autant plus qu'elle est paradoxale. Des quantités de plus en plus importantes de poissons et crustacés d'élevage sont importées, tout en déplorant les conditions dans lesquelles ils sont élevés et en empêchant le développement d'une filière aval en France.

Compte tenu des enjeux internationaux de l'aquaculture et de l'évolution des pêches de capture, le développement de la filière française est un enjeu d'avenir aussi bien pour l'alimentation de la population que pour l'activité économique sur le littoral.

Le caractère stratégique du développement de l'aquaculture a d'ailleurs été bien identifié par les autorités françaises dans ses différentes dimensions :

- garantir des lieux propices aux élevages marins,

- assurer une bonne qualité des eaux, même si ce point reste difficile et que les aires marines protégées en liaison avec la terre offriront de nouveaux moyens de contrôle,

développer la filière piscicole vers l'aval,

- diversifier les espèces et renforcer la protection contre les maladies.