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La relation entre consommation des ménages et importations : relancer la consommation pour relancer la croissance ?

 

2. La pertinence d'une coordination des politiques économiques dans l'Union Européenne et particulièrement dans la zone euro

La perspective d'une relance conjoncturelle européenne dans un contexte de crise donne à nouveau l'occasion de souligner le besoin structurel d'une coordination des politiques économiques dans l'Union européenne et plus particulièrement dans la zone euro.

a) L'importance du commerce intra-zone

Le taux d'ouverture42(*) de la zone euro43(*) est relativement faible au regard de celui des Etats-Unis et du Japon, le commerce intra-zone s'y trouvant particulièrement intense. Selon l'INSEE, la part des exportations des pays de la zone euro en direction de la zone euro est de 67,3 % et la part des importations des pays de la zone euro en provenance de la zone euro s'élève à 63,4 %44(*).

Si le taux d'ouverture de l'Europe des 27 est encore plus faible45(*), la BCE46(*) mentionne que « les échanges commerciaux au sein de la zone euro ont fortement augmenté depuis 1998. La valeur des exportations et des importations de marchandises dans la zone euro est passée d'environ 26 % du PIB en 1998 (l'année précédant l'introduction de l'euro) à 33 % du PIB en 2007. Parallèlement, les échanges de services à l'intérieur de la zone euro ont également augmenté de 5 % à 7 % du PIB ».

L'INTENSIFICATION DES ÉCHANGES INTRA-ZONE AU REGARD DE L'UE 15

L'évolution des échanges commerciaux de la zone euro avec le Danemark, la Suède et le Royaume-Uni montre que l'euro a permis de développer une dynamique intra-zone euro allant au-delà des effets positifs générés par le processus continu de l'intégration de l'UE dans un marché unique. Depuis 1998, le rythme annuel de croissance des exportations de marchandises de la zone euro vers les trois pays de l'UE 15 qui n'ont pas adopté l'euro a été, en moyenne, inférieur de 3 % à celui des exportations au sein de la zone euro. Dans le même temps, la croissance des importations en provenance de ces pays a été de 2 % plus faible en moyenne que celle des importations intra-zone.

Source : Bulletin mensuel spécial pour le 10ème anniversaire de la BCE (29 mai 2008)

Selon une autre présentation, l'OFCE indique que, concernant l'Espagne, la part dans le commerce extérieur des pays de la zone euro atteint presque 60 %. Cette part excèderait encore 50 % pour la France et 45 % en Italie. L'Allemagne est plus ouverte sur l'extérieur de la zone euro avec une part des pays de la zone de 43,1 %47(*).

Au total, toutes choses étant égales par ailleurs, les exportations et donc la croissance des pays de la zone euro sont très dépendantes de la demande intérieure au sein de ladite zone.

* 42 Le taux d'ouverture est mesuré soit par le rapport de la moyenne des exportations et des importations au PIB, soit par le rapport de la somme des exportations et des importations au PIB, cette dernière formule aboutissant par construction à un chiffre deux fois plus élevé que la première. Nous retenons ici la première formule de calcul.

* 43 En 2006, le taux d'ouverture (corrigé des échanges intra-zone) de la zone euro s'établissait à environ 16 % du PIB, contre respectivement 32 % et 28 % pour le Japon et les États-Unis. Il convient, pour la Zone euro et l'Union européenne, de corriger les exportations et les importations du commerce intra-zone afin de raisonner à l'échelle de l'unité économique considérée, ce qui aboutit à diviser par 3 le taux d'ouverture brut de l'Europe des 27 et par 2 le taux de pénétration brut de la zone euro

* 44 Chiffre INSEE, « La France dans l'Union européenne », 2008, données 2005. 

* 45 De l'ordre de 11 %.

* 46 Source : Bulletin mensuel spécial pour le 10ème anniversaire de la BCE (29 mai 2008).

* 47 Chiffres OFCE (voir « ZONE EURO : PIERRE ET PAPIER À LA CORBEILLE - Scénarios 2008-2009 pour l'économie européenne », Revue de l'OFCE, Octobre 2008, lien : http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue-textes/107/5-107.pdf).