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La relation entre consommation des ménages et importations : relancer la consommation pour relancer la croissance ?

 

2. LA STRUCTURE DE CONSOMMATION DES MÉNAGES PAR NIVEAU DE VIE

Les structures de consommation des ménages sont différentes selon les niveaux de vie. Si les ménages les plus aisés consacrent toujours plus d'argent que les ménages les plus pauvres aux différents types de produits consommés (sauf cas exceptionnels comme le tabac, le lait, le sucre ou les boissons gazeuses), la part de chaque produit dans la dépense totale peut-être très différente. Les 10 secteurs que nous avons retenus représentent en moyenne 58,9 % de la dépense totale des ménages mais les différences par décile de revenu (calculé en unité de consommation) sont significatives : elles vont de 56,8 % pour les deux premiers déciles à 60,3 % pour les 6ème et 7ème déciles et 57,6 % pour le dernier décile (graphique 1).

1. Part des 10 secteurs dans la dépense des ménages par décile de revenu en unité de consommation

En %

Sources : INSEE, Enquête budget des ménages, calculs OFCE.

En revanche, la part de ces 10 secteurs dans la dépense totale par décile de revenu est très différente de celle que l'on obtient si l'on retient le revenu des ménages comme dénominateur (graphique 1 bis), la propension marginale à épargner étant croissante avec le revenu. La part de la consommation des biens des 10 secteurs dans le revenu des ménages est la plus haute pour le 1er décile de revenu (55,1 %). Elle est relativement stable du 2ème au 6ème décile (oscille entre 50,8 % et 52,6 % du revenu). Du 7ème décile (50,1 %) au 9ème décile (45,6 %), cette part décroit de façon assez linéaire et chute très nettement pour le 10ème décile. Elle représente en effet seulement 37,4 % des revenus du dernier décile.

1 bis. Part des 10 secteurs dans le revenu disponible brut par décile de revenu en unité de consommation

En %

Sources : INSEE, Enquête budget des ménages, calculs OFCE.

Si l'on affine l'analyse en distinguant dans les dépenses, celles alimentaires de celles non alimentaires, les différences sont plus nettes. La part des dépenses alimentaires sont dégressives avec le niveau de revenu. Elles représentent plus de 20 % de la dépense des deux premiers déciles contre 14,4 % pour le dernier décile, la moyenne étant à 17,6 % (graphique 2).

2. Part de l'alimentaire dans la dépense des ménages par décile de revenu en unité de consommation

En %

Sources : INSEE, Enquête budget des ménages, calculs OFCE.

Pour les autres secteurs étudiés hors alimentaires, on observe la tendance inverse mais avec un plafond atteint à partir du 6ème décile de revenu : la part consommée est de 36,5 % pour les deux premiers déciles à environ 43 % pour les cinq derniers déciles (graphique 3).

3. Part des autres secteurs hors alimentaires dans la dépense des ménages par décile de revenu en unité de consommation

En %

Sources : INSEE, Enquête budget des ménages, calculs OFCE.

Cependant, si l'on regarde plus précisément par secteur, les différences sont exacerbées et jouent en sens opposés. C'est le cas par exemple du secteur industrie automobile, construction navale et industrie des biens d'équipements mécaniques qui représente seulement 3 % de la dépense du 1er décile de revenu contre 8,7 % en moyenne pour les 5 derniers déciles. C'est le cas également des biens d'équipements du foyer (au sens large) qui représentent 5,2 % de la dépense du 1er décile contre 8,5 % pour le dernier décile. A l'inverse, la consommation d'énergie représente 10,6 % en moyenne de la dépense des 3 premiers déciles contre 7,1 % pour le dernier décile. Hors alimentation et énergie, la part de la consommation va d'environ 26 % pour les deux premiers déciles à 36 % pour le dernier décile (graphique 4).

4. Part des 10 secteurs hors alimentaires et énergie dans la dépense
des ménages par décile de revenu en unité de consommation

En %

Sources : INSEE, Enquête budget des ménages, calculs OFCE.