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La relation entre consommation des ménages et importations : relancer la consommation pour relancer la croissance ?

 

II. UNE PROPENSION À CONSOMMER DES PRODUITS IMPORTÉS QUI AUGMENTE AVEC LE REVENU

Tous les ménages n'ont pas le même comportement de consommation. Le contenu en importations de la consommation peut ainsi varier selon différents critères tels que le sexe, l'âge, la géographie ou le niveau des revenus. Ce dernier critère retiendra notre attention, dans la perspective  d'alimenter une réflexion sur le lien entre pouvoir d'achat et contrainte extérieure.

La question du contenu moyen en importation de la consommation des ménages en fonction de leurs revenus présente l'intérêt d'éclairer et de différencier l'impact de la consommation des ménages sur le niveau des importations.

A. UNE PROPENSION À CONSOMMER DES BIENS IMPORTÉS PLUS FORTE POUR LES MÉNAGES AISÉS

C'est ici l'aspect le plus novateur de l'étude de l'OFCE jointe en annexe. Il a fallu procéder par groupe de biens, chacun présentant un contenu moyen en importation spécifique, et représentant une fraction différente de la consommation des ménages, selon la strate de revenu à laquelle ils se rattachent.

1. Des choix de consommation différenciés selon le revenu...

En premier lieu, 10 groupes de biens relativement homogènes (représentant près de 60 % de la consommation des ménages) ont pu être utilement26(*) identifiés dans le cadre de la présente étude. Les services, faiblement importateurs, en sont exclus, à l'exception des transports27(*).

Puis, la part que chacun d'entre eux représente dans les dépenses de 10 groupes de ménages, résultant de leur répartition en 10 strates (déciles28(*)) de revenu croissant, a été déterminée.

Ainsi, a-t-on noté, pour le premier décile de ménages, qu'il consomme n % de biens du premier groupe, m % de biens du deuxième groupe et ainsi de suite jusqu'au dixième groupe, ces données ayant été collectées pour chacun des 10 déciles de ménages (aboutissant à un tableau de 10 x 10 valeurs exprimées en %).

A ce stade, quelques résultats méritent d'être mentionnés. Il apparaît que le groupe des biens alimentaires représente (en 2006) environ 20 % de la consommation pour les deux premiers déciles puis décroît avec l'augmentation du revenu, pour n'atteindre plus que 14,4 % pour le dernier décile. De même, la consommation d'énergie représente 10,6 % en moyenne pour les trois premiers déciles, contre 7,1 % pour le dernier.

En revanche, la part de la consommation dévolue au secteur « industrie automobile, construction navale et industrie des biens d'équipements » augmente avec le revenu : elle représente 3 % de la dépense du premier décile contre 8,7 % en moyenne pour les cinq derniers déciles.

* 26 L'étude de l'OFCE a retenu l'ensemble des biens identifiables dans la consommation des ménages à partir de l'enquête budget des familles, ayant un taux de pénétration supérieur à 5 %. Dans le secteur des services, seuls deux secteurs ont un taux de pénétration supérieur à 5 % : les transports (25 %) d'une part et, d'autre part, le commerce de gros intermédiaires (14 %), ici non pris en compte, ne s'agissant pas d'une consommation des ménages.

* 27 Les dix secteurs suivants ont été retenus : agriculture, sylviculture, pêche & industries agricoles et alimentaires ; habillement, cuir & industrie textile ; édition, imprimerie, reproduction & industrie du bois et papier ; pharmacie, parfumerie et entretien ; industrie des équipements du foyer & équipements électriques et électroniques ; industrie automobile & construction navale & industrie des biens d'équipements mécaniques ; industrie des produits minéraux ; production de combustibles et de carburants ; eau, gaz, électricité ; transports.

* 28 Si on ordonne une distribution quelconque (de salaires, de revenus, de chiffre d'affaires...), les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. Ainsi, pour une distribution de salaires, le premier décile (noté généralement D1) est le salaire au-dessous duquel se situent 10 % des salaires et le neuvième décile (noté généralement D9) est le salaire au-dessous duquel se situent 90 % des salaires. Le premier décile est, de manière équivalente, le salaire au-dessus duquel se situent 90 % des salaires ; le neuvième décile est le salaire au-dessus duquel se situent 10 % des salariés. On emploie aussi communément le terme de décile pour désigner les populations (au nombre de 10) séparées par un décile, ce qui est le cas dans le présent rapport.