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La relation entre consommation des ménages et importations : relancer la consommation pour relancer la croissance ?

 

2. ... se traduisent par une propension à consommer des produits importés globalement croissante avec le revenu

En croisant les valeurs ci-dessus collectées avec les taux de pénétration des importations se rapportant à chacun des dix groupes de biens (cf. tableau n° 2 p. 26 de la note de l'OFCE annexée29(*)), il est possible de déterminer un contenu moyen en importation de la consommation pour chacun des déciles de ménages.

A ce stade, on objectera qu'il est possible que le taux de pénétration calculé pour un groupe de biens donné varie légèrement selon le décile de revenu mais, d'après l'OFCE, « les données disponibles ne sont pas suffisamment détaillées pour arriver à cette conclusion ».

Dans le détail, il apparait que si, concernant l'alimentation et l'énergie, la propension moyenne à importer diminue avec l'augmentation du revenu, la tendance est à la fois inverse et plus marquée pour l'ensemble des autres groupes de biens. Au total, il ressort que le contenu moyen en importation de la dépense des ménages est globalement croissant avec le revenu.

Etabli en moyenne pour les dix groupes de biens à 14,5 %, le contenu moyen en importation de la dépense des ménages s'échelonne de 12,7 % pour le premier décile à 15,1 % en moyenne pour la moitié des ménages ayant les plus hauts revenus (les cinq derniers déciles) avec un maximum de 15,2 % pour le 9ème décile.

PART DES IMPORTATIONS DANS LA CONSOMMATION TOTALE DES MÉNAGES
PAR DÉCILE DE REVENU EN UNITÉ DE CONSOMMATION
(EN %)

Source : Note OFCE annexée

De cette configuration, il résulte que la moitié de la population la plus aisée « tire » le niveau des importations vers le haut, puisque le taux de 15,1 % s'applique à un volume de consommation supérieur à celui de la moitié de la population la moins aisée30(*).

Pour cette dernière, le contenu moyen en importation de la consommation demeure cantonné à 13,6 %. La moyenne des parts d'importations constatées pour chaque décile, sans pondération par les dépenses auxquelles elles s'appliquent, ressort à 14,3 % au lieu des 14,5 % calculés avec une pondération par la dépense.

* 29 Le taux de pénétration corrigé ressort ainsi, par exemple, à 11,1 % pour les biens alimentaires et à 37,2 % pour le secteur « industrie automobile, construction navale et industrie des biens d'équipements ».

* 30 Le total des revenus du premier décile représente, par construction, un montant inférieur à 10 % du total des revenus perçu par l'ensemble des ménages, et celui du décile de revenus le plus élevé sensiblement plus que 10 % du revenu distribué. Par ailleurs, même si la propension moyenne à consommer diminue sensiblement avec le revenu (cf. graphique 1 du rapport annexé), la consommation s'élève - certes, moins que proportionnellement - à mesure que le revenu croît.