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Les effets sur la santé et l'environnement des champs électromagnétiques produits par les lignes à haute et très haute tension

 

C. CHAMPS ÉLECTRIQUES, MAGNÉTIQUES ET LEUCÉMIES INFANTILES

La question d'une relation entre les champs magnétiques d'extrêmement basses fréquences et les leucémies de l'enfant est centrale dans ce dossier.

Elle est à l'origine depuis 1979 de toutes les interrogations relatives aux effets sanitaires des lignes à haute et très haute tension et encore aujourd'hui occupe une position incontournable du fait du classement des champs magnétiques EBF comme un cancérogène possible par l'OMS.

Qu'en est-il exactement ?

1. 1979, Wertheimer et ses implications

Ce questionnement a débuté aux États-Unis où la question a pris un tour particulièrement polémique. Votre rapporteur s'appuiera ici sur un article signé par Olivier Postel-Vinay dans le magazine La Recherche de décembre 2000 (n°337).

a) L'étude Wertheimer de 1979

D'un point de vue scientifique, la question du lien entre les CEM EBF et un surcroît de leucémies chez l'enfant est le fait de la chercheuse américaine Nancy Wertheimer et de son étude publiée en 1979 dans l'American journal of epidemiology. Nancy Wertheimer, psychologue affiliée à l'université du Colorado, a enquêté à ses frais avec l'aide d'un ami physicien Ed Leeper, sur la survenance de cette maladie dans la région de Denver (Colorado), son lieu d'habitation. En effet, elle avait été missionnée pour effectuer une étude auprès des familles ayant un enfant atteint d'un cancer et avait alors remarqué un lien possible entre les lieux d'habitation, la distribution d'électricité et la survenance de ces maladies.

L'enquête a porté sur 344 enfants morts du cancer avant l'âge de 19 ans et 344 autres cas d'enfants non atteints. Les maisons où habitaient les enfants ont été classées en deux catégories en fonction d'une déduction de l'exposition (proximité aux lignes et diamètre du câble). L'incidence du cancer était 1,6 à 2,2 fois plus importante dans la catégorie la plus exposée.

Cette étude souffre de limites et de biais qui, depuis lors, ont été détaillés dont trois principaux :

- les champs n'ont pas été mesurés mais estimés grossièrement ;

- elle n'a pas été réalisée en aveugle : les auteurs savaient quelles étaient les maisons occupées par des enfants malades ou des enfants sains ;

- les autres facteurs susceptibles d'entraîner des leucémies n'ont pas été pris en compte (faible revenu, tabagie, alimentation, vie utérine et infantile, autres pollutions...).

Néanmoins, la nouveauté du résultat, le lien statistique, ainsi que l'importance et la sensibilité du sujet ont donné un grand retentissement à ce travail qui appelait de nouvelles études pour le confirmer ou l'infirmer.