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Les effets sur la santé et l'environnement des champs électromagnétiques produits par les lignes à haute et très haute tension

 

b) La faune

On doit ici distinguer les observations sur les mammifères de celles faites sur les oiseaux.

(1) Les mammifères

Les études sur les mammifères semblent rares et anciennes.

Votre rapporteur a retrouvé la référence d'une étude de 1975 (Goodwin) dans l'Idaho aux États-Unis sur les mouvements des rennes et des wapitis à proximité de lignes à 500 kV. Elle montrait que les animaux étaient attirés par ces zones dégagées pour se nourrir mais qu'ils les évitaient de jour durant la saison de chasse.

Une étude de la même époque (1976, Schreiber et al.) dans le Tennessee a porté sur l'abondance des petits mammifères dans les couloirs dégagés par les lignes en forêt. Les résultats variaient en fonction qu'il s'agissait de forêts de feuillus ou de résineux. Mais ils confirmaient surtout le fait que l'impact dominant était celui de l'ouverture du milieu et de la modification du couvert et de l'alimentation. Ces couloirs favorisaient également la présence d'espèces absentes dans la forêt avoisinante.

Deux études expérimentales aux abords d'une ligne à 1 200 kV (Rogers et al. 1980 et Warren et al. 1981) donnaient des résultats similaires.

(2) Les oiseaux

L'impact le plus connu des lignes électriques sur les oiseaux est la mortalité accidentelle qu'elles induisent par collision ou électrocution. Celle-ci se produit lors de l'atterrissage et du décollage d'un pylône, l'oiseau touchant en même temps le pylône et un conducteur.

Ce problème est sensible pour les grands oiseaux migrateurs (cigognes blanches et noires par exemple) ou les rapaces (vautours fauve, moine et percnoptère, aigles de Bonnelli, gypaètes barbus) tout particulièrement lorsqu'il s'agit d'espèces en danger avec très peu d'individus.

Cette question est traitée par EDF, ERDF et RTE en partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et France nature environnement (FNE) dans le cadre du Comité national avifaune (CNA) qui a été créé en 2002.

Les solutions à mettre en oeuvre sont désormais bien connues. Il faut tout d'abord procéder à l'identification des zones sensibles à équiper où la mortalité aviaire peut être de l'ordre de 300 victimes/km/an. Une fois ce repérage effectué, il convient de poser des spirales-balises colorées, rouges et blanches en alternance pour rendre la ligne visible respectivement aux oiseaux diurnes et crépusculaires. Le passage du vent dans ces spirales a aussi l'avantage de produire un sifflement perceptible par certains oiseaux. Ce balisage permet de réduire de 65 à 95 % la mortalité. Le second dispositif est l'utilisation de formes de rapace pour effaroucher.

RTE estime le coût de l'équipement de 270 tronçons de lignes à 15 millions d'euros.

Au-delà de cet impact sans lien avec les champs magnétiques, votre rapporteur note que les pylônes apparaissent de plus en plus utiles pour faciliter la reproduction d'espèces précieuses.

En 2009, en coopération avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et par convention dans le parc interrégional du marais poitevin, des nichoirs pour les faucons crécerelle ont été installés. De même, un suivi des nids construits sur les pylônes par les cigognes (Loire Atlantique) ou balbuzards pêcheurs (Loiret) est assuré en partenariat avec le MNHN et Loire nature environnement (LNE).

En Charente-Maritime, depuis 1998 et l'installation d'un premier nid de cigognes blanches sur un pylône de la ligne à haute tension St-Agnant/Marennes, les cas se sont multipliés. 10 ans plus tard, 23 nids sur 18 pylônes étaient observés soit 10 % du total des nids dans le département. Le succès reproducteur y semble identique mais on note des risques d'électrocution pour les jeunes à l'envol.

Les lignes semblent donc être une opportunité pour la faune sauvage qui a fourni à RTE et la Fédération nationale des chasseurs (FNC) la base d'une convention portant sur la valorisation faunistique des pieds de pylônes, surplombs de friches et tranchées forestières.