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La France et le Brésil, terres de cultures

7 juillet 2010 : La France et le Brésil, terres de cultures ( rapport d'information )

B. LA CULTURE : UN AXE FORT DU RAPPROCHEMENT FRANCO-BRÉSILIEN

1. Un aperçu de la culture brésilienne
a) Les formes culturelles

La culture brésilienne est marquée, d'une part, par le métissage de la population, qui est pleinement assumé par la société brésilienne, et d'autre part, par la difficulté de la vie dans les zones défavorisées, notamment urbaines.

Voici comment M. Gilberto Gil décrivait la culture brésilienne lors de son premier discours en tant que ministre de la culture, le 2 janvier 2003 : « la multiplicité culturelle du Brésil est un fait. Paradoxalement, notre unité de culture, unité de base, est enveloppante et profonde aussi. À vrai dire, nous pouvons même dire que la diversité interne est, aujourd'hui, un de nos traits identitaires les plus évidents. C'est ce qui fait qu'un habitant d'une favela de Rio, lié à la samba et au macumba, et un caboclo d'Amazonie, s'adonnant aux carimbos et aux encantados, se sentent et, de fait, sont également brésiliens. Comme l'a bien dit Agostinho da Silva, le Brésil n'est pas le pays de ceci ou de cela mais le pays de ceci et de cela. Nous sommes un peuple métissé qui marche au long des siècles, créant une culture essentiellement syncrétique. Une culture diversifiée, plurielle, mais qui est comme un verbe conjugué par des personnes diverses, en temps et modes distincts. Et, en même temps, cette culture est une : culture tropicale syncrétique tissée à l'abri et à la lumière de la langue portugaise ».

La langue portugaise est effectivement pratiquée sur les 8 millions de km² du territoire national : des accents se distinguent et des expressions régionales demeurent, mais tout le monde parle la même langue. En outre, le catholicisme, religion des colonisateurs, s'est imposé rapidement et s'est maintenu très fortement jusque dans les années 1960.

Comme le souligne toutefois Paul Claval, « la modernisation du sentiment d'identité culturelle n'aurait cependant pas été possible si la première moitié du XXe siècle n'avait vu se développer des cultures de masse capables d'unir toute la population autour d'un ensemble de croyances simples, de manifestations collectives et de pratiques festives »3(*). Parmi elles, on peut citer la samba, la plage comme cadre de loisir ou le football.

Les formes modernes du carnaval se sont mises en places à Rio de Janeiro au milieu du XIXe siècle4(*), s'inspirant notamment du carnaval de Paris, la France étant alors particulièrement à la mode. À la place d'une manifestation de rue diffuse et populaire, s'est développé un carnaval bourgeois bien encadré, se tenant au début dans des lieux clos, et qui passe ensuite dans la rue sous la forme de défilés. Ceux-ci permettent de donner aux carnavals une dimension populaire, mais leurs itinéraires et horaires sont fixés à l'avance et bien respectés. Enfin, au début du XXe siècle, les orchestres de samba se mettent à accompagner les défilés et les carnavals deviennent aussi musicaux. Les écoles de samba deviennent des structures de sociabilité très actives : la préparation des défilés s'étale sur l'année avec la conception des costumes puis les répétitions. Afin de préserver la circulation pendant le carnaval, les municipalités ont édifié des sambodromes, qui sont des avenues rectilignes très longues, bordées par deux murs de gradins.

Ainsi la samba s'est développée au Brésil dans le cadre du carnaval, fête nationale la plus populaire, au travers de la danse frénétique qui l'accompagne et qui permet à l'ensemble de la population de participer et de s'exprimer. La délégation de votre commission a eu la chance de visiter le sambodrome de São Paulo, qui réunit un très grand nombre d'écoles de samba et qui constitue le lieu principal du défilé lors du carnaval. Il lui est apparu qu'une réelle ferveur émanait des élèves de ces écoles et que la samba constituait indéniablement l'un des piliers de la culture brésilienne.

La musique est également un élément fondamental de la culture brésilienne. Issues de la diversité du Brésil, la samba et la bossa nova en sont les fers de lance, avec des musiciens comme Antônio Carlos Jobim, Chico Buarque ou Gilberto Gil.

Le cinéma contemporain brésilien aborde largement le thème de la violence urbaine. La littérature brésilienne, dont la renommée internationale tient notamment à l'oeuvre de Jorge Amado, est très active, avec des auteurs comme Machado de Assis ou Mario de Andrade, ou plus récemment Paulo Coelho. Les livres de Jorge Amado sont principalement consacrés à la défense des opprimés et la dénonciation des injustices de son pays.

L'architecture contemporaine est, quant à elle, principalement marquée par l'oeuvre d'Oscar Niemeyer, le « père de Brasília ».

Considéré comme le plus célèbre architecte brésilien, Oscar Niemeyer bénéficie d'une reconnaissance mondiale depuis sa participation à la création de Brasília en 1960. Collaborant avec Lucio Costa, urbaniste en chef, Oscar Niemeyer est le concepteur des principaux équipements publics de la ville, dont la cathédrale, le Parlement (Assemblée nationale et Sénat), le ministère des Affaires étrangères et le Panthéon. Il participe également avec Le Corbusier à la réalisation du siège de l'ONU à New York en 1952. En France, Oscar Niemeyer est le concepteur de plusieurs édifices publics, tels le siège du Parti communiste français, place du Colonel Fabien à Paris (1965-1980) ou le centre culturel Le Volcan du Havre.

La délégation a eu le plaisir d'admirer ses réalisations (voir la photographie ci-dessous) lors de son déplacement à Brasília, notamment lors de l'entretien avec M. Flavio Arns, président de la commission de la culture, de l'éducation et du sport du Sénat.

L'un des éléments majeurs de la culture brésilienne, enfin, est la télévision. En 2007, plus de 90 % des ménages brésiliens (44,3 millions) possédaient un téléviseur, d'après les données de l'Institut brésilien de la Statistique (IBGE). La télévision constitue la principale source de divertissement et d'information des Brésiliens.

Les journaux d'information télévisée et les « telenovelas » sont les programmes recueillant la part d'audience la plus élevée avec des taux avoisinant les 80 %. Le secteur audiovisuel a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 7,1 milliards d'euros dont 64,5 % sur le segment de la télévision gratuite financée par la publicité et 35,5 % par la télévision payante dont les ressources proviennent essentiellement des abonnements.

Les principaux opérateurs de télévision sont :

- TV Globo, chaîne hertzienne qui, grâce à un réseau de 119 stations de télévision affiliées, concerne les 26 États de la République fédérale du Brésil et plus de 99 % des Brésiliens. La part d'audience de la chaîne est supérieure à 50 %. Le Groupe Globo est présent dans les secteurs de la presse écrite, de la télévision gratuite, de la télévision payante, de la radio, du cinéma et d'Internet et est le leader incontesté des médias brésiliens. Il représente au demeurant l'un des principaux groupes audiovisuels au monde, en particulier dans le domaine de la production de programmes. Le groupe produit en effet plus de 5 000 heures de programmes par an ;

- SBT (Sistema Brasileiro de Televisão), est le deuxième réseau de chaînes de TV au Brésil avec environ 17 % de l'audience ;

- Rede Record est la troisième chaîne de TV brésilienne en termes d'audience, à un niveau à peu près égal à celui de SBT, et est aujourd'hui contrôlée par « l'Église universelle du Royaume de Dieu », église évangélique créée en 1977 dont le succès au Brésil est considérable. Les programmes de la chaîne restent néanmoins diversifiés, avec des « telenovelas » et la retransmission de programmes sportifs notamment.

LES PRINCIPAUX OPÉRATEURS DE TÉLÉVISION

Opérateurs

Parts de marché

GLOBO COMUNICAÇO E PARTICIPAÇÕES S.A.

52,4 %

SBT - SISTEMA BRASILEIRO DE TELEVISO

16,9 %

REDE RECORD

10,8 %

TV BANDEIRANTES

5,1 %

REDE TV

2,3 %

Lancée en 2007 par le Président Lula, la chaîne publique TV Brasil, n'a pas encore réussi à percer dans le paysage audiovisuel brésilien. Mme Tereza Crinivel, directrice-présidente de TV Brasil, que la délégation a rencontrée, a indiqué que le service public audiovisuel français a été une source d'inspiration importante au moment de la création de TV Brasil et souligné que la chaîne est disponible pour coopérer, notamment via des échanges d'images ou de programmes, avec des chaînes publiques françaises, afin de renforcer la qualité de sa programmation.

Paul Claval, dans son ouvrage sur la « Fabrication du Brésil », insiste sur la puissance de la chaîne Globo et de ses feuilletons télévisés extrêmement populaires et considère qu'elle constitue l'un des éléments majeurs de la culture de masse brésilienne, et donc de l'unification du pays.

b) Les politiques culturelles

Par ailleurs, en dehors du carnaval et afin d'asseoir ce modèle culturel, une institution très spécifique et particulièrement efficace a été mise en place au Brésil : il s'agit du « Service social du commerce » (SESC). Créé en 1946 pour contribuer, d'une part, au bien-être des travailleurs du secteur tertiaire, et promouvoir, d'autre part, le développement culturel, le SESC, structure fédérale qui dispose d'une représentation autonome dans chaque État brésilien, est financé grâce à une taxe parafiscale obligatoire de 1,5 % prélevée sur la masse salariale des entreprises de ce secteur.

Le SESC s'est d'abord concentré sur le volet strictement social de sa mission, suppléant un État providence inexistant jusqu'à la fin des années 1970 (par le lancement de programmes sociaux et de protection de la santé des travailleurs), mais s'est ensuite largement consacré, notamment depuis le retour à la démocratie, à la promotion de la culture : démocratisation de l'accès à la culture pour des publics modestes, mais également des pratiques, sous la forme d'ateliers de formation, et défense de l'identité et la diversité culturelle du pays en finançant et en montrant des formes d'expression culturelles populaires.

Les SESC présents sur l'ensemble du territoire brésilien peuvent ainsi tout autant abriter une scène de théâtre qu'un cybercafé, une salle de sport ou un cabinet médical.

Le SESC de São Paulo (SESC Pompéia) est le plus important du Brésil. Présidé par M. Danilo Santos de Miranda, désigné au demeurant président du commissariat de l'Année de la France au Brésil, il compte un million de membres, majoritairement issus des classes moyennes et, pour plus de la moitié, âgés de moins de 18 ans, qui peuvent mener une activité artistique, assister à une conférence ou encore visiter l'une des expositions qui se tiennent chaque année. La puissance de cette institution est l'un des atouts majeurs de la politique culturelle brésilienne et a largement favorisé la réussite de l'Année de la France, notamment à São Paulo.

La délégation de votre commission a été très impressionnée par la visite de l'un des centres du SESC Pompéia et notamment par la jeunesse de son public. Elle a visité avec grand plaisir l'exposition « Ombres et lumière », exposition artistique et scientifique destinée au jeune public, présentée à la Cité des sciences et de l'industrie depuis 2005 et reconfigurée et adaptée au contexte brésilien par le SESC, qui a conservé le concept du parcours dans la maison d'Arquimedes Sombra, scientifique, savant, poète, rêveur et collectionneur d'ombres.

Par ailleurs, le Parlement a adopté des lois spécifiques en matière culturelle, notamment la loi Rouanet votée en décembre 1991, qui permet aux individus et aux entreprises de déduire de leurs impôts sur le revenu ou leurs bénéfices, partiellement ou totalement, le montant investi dans un projet culturel approuvé par le ministère de la culture. Cette loi en faveur du mécénat a rencontré un très vif succès au Brésil. Lors de son accession au pouvoir, le Gouvernement Lula a renforcé le contrôle sur les projets choisis et entamé un processus de décentralisation des ressources obtenues à travers la loi Rouanet, qui étaient consacrées à 80 % à des projets menés à Rio de Janeiro et São Paulo.

2. Le sport, ciment puissant de la société brésilienne

Le football est un symbole de l'identité brésilienne dès la première moitié du XXe siècle : ainsi, afin de répondre aux attentes des foules nombreuses souhaitant assister aux matchs, d'immenses stades sont construits dans les années 1940 à 1950, notamment à Rio de Janeiro (Maracanã, São Januário) et São Paulo (Pacaembu5(*), Morumbi, Parque Antártica).

Le stade Maracanã de Rio de Janeiro est l'un des plus grands stades de football au monde. Construit à l'occasion de la Coupe du monde 1950 de la FIFA, et surnommé d'après le quartier de Rio où il s'élève, il abrite aujourd'hui les clubs de Flamengo et Fluminense.

Il avait une capacité initiale de plus de 200 000 spectateurs debout. Cependant, cette capacité fut réduite dans les années 1990 à environ 77 000 places assises. En 2007, des travaux d'agrandissement ont porté cette capacité à 83 000 places assises. Il sera l'un des lieux phares de la Coupe du monde 2014 qui se jouera au Brésil6(*).

Les Brésiliens sont souvent supporters d'une équipe, mais l'identification est assez libre, dans la mesure où les grandes villes comprennent plusieurs clubs (à Rio, le « Flamingo », le « Flaminense » et le « Vasco », à São Paulo, le São Paulo Futebol Clube et les « Corinthians » ou « Palmeiras » et à Belo Horizonte, Cruzeiro et le Clube Atlético Mineiro).

La sélection nationale a, quant à elle, eu un rôle fondamental dans le renforcement du sentiment national au XXe siècle. Selon l'analyse de l'ethnologue Roberto Da Matta, dans les années 1920 à 1940, il y avait une mythification de l'étranger et les Brésiliens se sentaient inférieurs aux Européens. Quand l'équipe de football, métissée et à l'image du Brésil, a commencé à gagner, à partir de 1958, le sentiment de fierté d'être brésilien s'est affermi. Par ailleurs, les figures de Pelé ou de Garrincha, d'origine très pauvre, contribuent fortement à l'adhésion des classes populaires brésiliennes à l'équipe. Cette identification a été manifeste le jour de la disparition de la « joie du peuple », Garrincha en 1983, dont la veillée funèbre eut lieu au stade Maracanã et dont le corps est inhumé en présence de plus de 8 000 personnes.

Seul pays à avoir participé à toutes les phases finales de Coupe du monde de football, le Brésil détient aujourd'hui cinq titres de champion du monde. L'impact des résultats de la « Seleção » sur le pays est réel et a fait l'objet de très nombreuses analyses sociologiques7(*).

S'agissant de la pratique, plusieurs millions de jeunes joueurs sont concernés. Les enfants des quartiers pauvres pratiquent ce sport dans la rue, dans les terrains vagues ou sur la plage, ceux issus des milieux aisés, dans les clubs avec un encadrement. Le Brésil compte aujourd'hui selon Ricardo Teixeira, président de la confédération brésilienne de football, plus de 13 000 athlètes professionnels.

Le football est le premier sport brésilien en termes de nombre de pratiquants, loin devant la natation et le volley-ball, qui se joue principalement sur les plages.

Très présent dans toute la société, le sport est aussi, logiquement, un enjeu politique majeur. Sur ces quelques jours de déplacement, la délégation de votre commission a ainsi rencontré de nombreux acteurs de cette politique :

- à Brasília, le directeur des relations internationales du ministère des sports, M. José Leite de Assis Fonseca, qui a présenté la candidature de Rio de Janeiro à l'organisation des Jeux olympiques de 2016 (qui a été désignée ville organisatrice quelques jours après), et l'organisation mise en place pour la Coupe du monde de football de 2014 ;

- le président de la commission éducation, culture et sport du Sénat brésilien, pour lequel l'activité sportive est un objet de débat important ;

- à Rio, des représentants du comité olympique brésilien, qui ont également présenté la candidature de la ville pour les Jeux de 2016 ;

- enfin la secrétaire au tourisme, aux sports et aux loisirs de l'État de Rio, Mme Márcia Beatriz Linz Izidoro. Cette dernière rencontre a eu lieu au stade mythique de Maracanã, où la passion des Brésiliens pour le football s'exprime toute l'année.

La délégation de votre commission a constaté l'importance du sport dans la société brésilienne et l'attachement des instances politiques à encourager son développement et son exposition.

3. La France et le Brésil : des partenaires culturels dans la durée

Afin de nourrir une relation bilatérale durable, il est nécessaire de disposer d'outils de coopération stables. À cet égard, la France a mis en place des structures pérennes, à travers les lycées français, son réseau culturel et la coopération scientifique.

L'action en faveur du français et des échanges culturels occupe une place importante de la diplomatie française. Trois lycées français (São Paulo, Rio, Brasília) totalisent 2 065 élèves dont environ 1 500 Français. Votre commission tient à rappeler que l'accueil de non-Français dans ces lycées constitue un moyen très efficace, non seulement d'améliorer la présence de la langue française dans le monde, mais aussi de renforcer sur le long terme les partenariats entre nos deux pays, via la formation des élites locales et la constitution d'amitiés personnelles solides.

Les Alliances françaises du Brésil constituent le réseau le plus ancien et le plus dense du monde avec 39 implantations, accueillant 35 000 élèves.

L'Alliance française est une association à but non lucratif mise en place en 1883 et reconnue d'utilité publique, qui s'est donné pour mission de favoriser la diffusion de la langue et de la culture françaises en s'appuyant sur les amis de la France dans le monde.

Chaque comité de l'Alliance est une structure autonome de droit local issue d'une démarche spontanée de personnes francophiles, dont l'initiative est approuvée par l'Alliance française de Paris. Il n'est donc pas de l'autorité du ministère des affaires étrangères de créer ou de supprimer une Alliance française. Or celles-ci constituent un complément indispensable au réseau des centres culturels. C'est pourquoi le ministère signe des conventions de partenariat avec les comités locaux en faveur de projets s'inscrivant dans ses priorités. Les Alliances conventionnées ont accès aux mêmes moyens d'action que les établissements culturels relevant de l'État, tels que la mise à disposition de personnel d'encadrement, des subventions d'intervention, le soutien des fonds d'aide spécialisés, l'assistance de Culturesfrance...

De plus en plus, les Alliances françaises se spécialisent dans l'enseignement du français, notamment dans le cadre du « Plan de relance du français » lancé par le ministère des affaires étrangères et européennes.

Bien que le français reste une langue peu parlée au Brésil (moins de 1 % de la population), la délégation de votre commission tient à souligner la qualité du travail mené par ces Alliances et à saluer notamment Mme Thérèse Aubreton, directrice de l'Alliance française de Manaus, qui assure, avec peu de moyens, de manière remarquable la présence du français et de la culture française en Amazonie.

Les échanges artistiques (théâtre, arts plastiques, musique, danse) et la formation des professionnels de la culture sont aussi particulièrement intenses et ont bénéficié d'un nouvel élan avec les Années croisées. Le Brésil est par ailleurs le premier marché pour le livre français en Amérique du Sud.

Le Brésil représente enfin le partenaire principal de la France en Amérique latine pour la coopération scientifique et technique, fondée sur le partenariat et le cofinancement.

Les champs d'action prioritaires sont :

- le développement durable et la biodiversité en Amazonie ;

- la recherche et l'innovation technologique (la France est le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les États-Unis) ;

- et l'accompagnement, en matière de coopération technique, des priorités du gouvernement brésilien (politiques sociales, agriculture familiale durable, réforme de l'État mais aussi aide à l'Afrique).

Elle est structurée autour de formations d'excellence entre universités et de partenariats de haut niveau entre les organismes de recherche des deux pays. 2 911 Brésiliens ont ainsi étudié dans les universités françaises et 838 dans les grandes écoles en 2009.

La coopération décentralisée, enfin, est un outil propice au renforcement à long terme des relations bilatérales. Son importance dans les relations franco-brésiliennes a été officialisée par le protocole signé en Guyane le 12 février 2008 et elle connaît un développement soutenu : outre des assises bilatérales régulières (les dernières à Lyon en décembre 2009), le « comité mixte de suivi de la coopération décentralisée franco-brésilienne », créé par le protocole de 2008, s'est réuni pour la première fois en avril 2009 à Rio de Janeiro. Dans le domaine culturel, la coopération entre la région Île-de-France et l'État de São Paulo a été concrétisée par l'organisation de très nombreuses manifestations, comme l'a constaté la délégation lors d'un déjeuner organisé par le consul général de France à São Paulo, M. Sylvain Itté, et l'attaché de coopération et d'action culturelle, M. Jean-Marc Tidori.

Ces outils permettront de faire vivre ces Années croisées au-delà de ces années 2000. À cet égard, il est de la responsabilité des parlementaires de donner à la diplomatie culturelle les moyens de l'ambition que l'on a pour elle. Votre commission considère que le réseau des écoles françaises à l'étranger et celui de notre action culturelle extérieure doit disposer de moyens suffisants pour fonctionner dans les pays où la France a le souhait d'avoir une politique étrangère active. Il ne fait aucun doute que le Brésil est l'un de ces pays et votre commission sera à cet égard attentive à ce que l'action culturelle extérieure de la France au Brésil ne soit pas le parent pauvre de leur relation bilatérale.


* 3 Paul Claval, « La fabrication du Brésil - Une grande puissance en devenir », Belin, 2004.

* 4 Voir, à cet égard, Luis Felipe Ferreira, « Le carnaval de Rio au XIXe siècle : influences parisiennes et tensions urbaines », Géographie et cultures, n° 45.

* 5 Ce stade, premier stade de football construit au Brésil, dans lequel aucun club ne joue en particulier, contient même un musée du football. Dans les stades de Morumbi et Parque Antártica jouent respectivement le São Paulo Futebol Clube et Palmeiras.

* 6 Voir sur l'histoire du stade le passionnant article de Sergio Leite Lopes, « Le Maracanã, coeur du Brésil », dans : Sociétés et Représentations, n° 7, (numéro spécial, «Football et Sociétés») décembre 1998, pp. 129-140.

* 7 Dont la plus connue est celle de Janet Lever, dans « Soccer Madness », Chicago, University of Chicago Press, 1983.