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Pour une réserve de sécurité nationale

14 décembre 2010 : Pour une réserve de sécurité nationale ( rapport d'information )
Audition du général d'armée Elrick IRASTORZA, Chef d'état-major de l'armée de terre, le 25 mai 2010

En introduction, M. BOUTANT a rappelé que les précédentes auditions des responsables des différentes réserves militaires avaient permis aux rapporteurs de se faire une idée assez précise de leur état. En conséquence, il a souhaité aborder directement avec le CEMAT le coeur du sujet du rapport et lui a demandé son avis sur l'emploi des réserves en situation de crise majeure.

Pour le général CEMAT, la politique d'emploi des réserves de l'armée de Terre s'inscrit dans le contexte du Livre blanc et des contrats opérationnels. Les réservistes doivent permettre à l'armée d'active de répondre à une simultanéité des opérations ou à des pics d'activité, de donner une capacité à durer et de répondre à des besoins en expertises particulières.

Le modèle 2015 est de 22 000 réservistes et de 25 jours d'activité. Il est donc important de garantir le niveau de ressources nécessaires pour arriver à cet objectif.

Dans le cadre de la fonction protection, les missions de la réserve peuvent être de sécuriser des points sensibles, de protéger des communications, de contrôler les accès au territoire, de participer à la défense NRBC.

Dans le cadre de la fonction intervention, les réservistes participent aux OPEX, en compléments individuels ou en unités constituées. Les réservistes ont également des missions dans le cadre de la préparation opérationnelle (renforts d'état-major...) et dans le cadre du soutien général, participant ainsi au fonctionnement quotidien de l'armée de Terre.

Interrogé sur le concept de réserve nationale, le général CEMAT a émis un avis mesuré. Il a souligné, d'une part, la difficulté pour les réservistes de se rendre disponible ; par exemple, être réserviste en Afghanistan implique un an de disponibilité, entre la durée de la préparation opérationnelle et celle de la mission sur le théâtre.

Il a estimé, d'autre part, que le chiffre de 10 000 hommes inscrit dans le contrat opérationnel serait, dans le cadre d'une crise majeure, théorique, car s'il y avait nécessité, les armées emploieraient jusqu'à leur dernier homme sans compter. En ce sens, un dispositif législatif qui serait plus contraignant pour le rappel et la disponibilité des réservistes pourrait effectivement avoir un intérêt, mais ne serait pas déterminant.

Mme GARRIAUD-MAYLAM a souhaité que pour promouvoir l'esprit de défense et permettre l'appel au bénévolat en cas de crise, il puisse être rappelé lors de la JAPD que le service national était seulement suspendu. Le général CEMAT a cependant rappelé que les volontaires qui se présenteraient en cas de crise ne seraient efficaces que dans une organisation pouvant les encadrer et avec une formation technique minima. Les réserves communales seraient un cadre plus adapté à l'accueil de ces bénévoles.