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L'avenir des « années collège » dans les quartiers sensibles (Tome I : rapport)

10 mars 2011 : L'avenir des « années collège » dans les quartiers sensibles (Tome I : rapport) ( rapport d'information )

E. PRÉSERVER LA SANTÉ AU COURS DES « ANNÉES COLLÈGE »

Les informations recueillies sur l'état de santé des jeunes adolescents des collèges des zones urbaines sensibles montrent une dégradation de certains paramètres : obésité, état bucco-dentaire, vaccinations, addictions. Le levier de la santé est certainement un élément important permettant d'éviter le scénario du pire, surtout dans sa dimension psychologique, voire psychiatrique.

En effet, il semble que de plus en plus d'enfants aux comportements dérangeants font l'objet d'une médication à base de neuroleptiques comme la Ritaline.

Le méthylphénidate, commercialisé sous les noms de RITALINE (Novartis Pharma SA) et de CONCERTA LP (Janssen Cilag), est utilisé en neuropsychiatrie avec comme indication le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) chez l'enfant de plus de 6 ans. Mis sur le marché en France en 1995, sa prescription et sa délivrance sont réglementées. Il nécessite une prescription initiale hospitalière réservée aux services de psychiatrie, pédiatrie et neurologie.

Le TDAH peut se caractériser par un manque d'attention soutenue, une incapacité à se concentrer, une instabilité émotionnelle, une impulsivité, et/ou une hyperactivité modérée ou sévère.

D'après l'enquête MEDICAM 2009 de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), 274 000 boîtes contenant le principe actif « Methylphenidate » (sous la dénomination RITALINE ou CONCERTA) ont été remboursées en 2009, en hausse de 60 % depuis 2004.

Données détaillées

Nombre de boîtes remboursées

 

2004

2005

2006

2007

2008

2009

CONCERTA LP 18MG CPR 28

12 317

27 274

30 553

29 464

30 037

31 110

CONCERTA LP 36MG CPR 28

9 793

26 306

31 427

30 466

31 187

32 123

CONCERTA LP 54 MG (CHLORHYDRATE DE METHYLPHENIDATE)

1

 

423

5 304

8 931

11 107

RITALINE LP 20MG GELULE 30

4 446

13 642

65

 

 

0

RITALINE LP 30MG GELULE 30

2 157

7 758

48

 

 

0

RITALINE LP 40MG GELULE 30

627

2 815

11

 

 

0

RITALINE LP 20MG GELULE 28

 

5 680

25 495

31 171

35 746

40 675

RITALINE LP 30MG GELULE 28

 

3 475

17 927

22 714

26 445

29 233

RITALINE LP 40MG GELULE 28

 

1 419

7 442

10 848

12 346

15 818

RITALINE 10MG CPR 30

141 934

75 431

81 296

92 850

101 819

114 120

Total

171 274

163 799

194 686

222 817

246 511

274 186

Source : MEDICAM 2004-2009

La Ritaline figure sur la liste des médicaments faisant l'objet d'un suivi renforcé ou d'une enquête de pharmacovigilance. Les médicaments de cette liste ont été répertoriés par l'Afssaps (Agence de sécurité sanitaire des produits de santé) « soit parce les autorités sanitaires ont jugé nécessaire, à titre préventif, de renforcer ce suivi, soit parce que des signaux de risque ont été détectés ».

Un suivi d'addictovigilance a été mis en place depuis février 2006, en raison de cas d'abus ou d'usage détourné. Un groupe de travail ad-hoc doit être prochainement mis en place pour élaborer des recommandations de bon usage du méthylphénidate.

Des précautions particulières devraient sans doute être prises à l'avenir pour l'usage de telles médications dont on connaît mal les conséquences à long terme. Au contraire des adultes, les enfants ont un système nerveux en plein développement, ce qui pourrait conduire à des réactions particulières. Dans certains cas, aux Etats-Unis notamment, il est possible que la prescription de methylphénidate soit une forme de facilité, sous la pression de parents eux-mêmes soumis à la pression de l'école et de la société en général. Lorsque la relation enfant-parent-école fonctionne mal, il est difficile de savoir de prime abord d'où provient le dysfonctionnement : faut-il remettre en cause l'enfant, ses parents, les « normes sociales » existantes, ou parfois probablement l'ensemble de ces aspects ? Un travail psychologique au long cours est souhaitable, la médication ne devant intervenir qu'en dernier recours et comme accompagnement dans des situations d'urgence ou lorsque la scolarité de l'enfant est compromise. En effet, il ne faudrait pas que nous soyons montrés du doigt plus tard comme la génération qui médiquait ses enfants.