B. L'INDUSTRIE NUCLÉAIRE, DU CHOIX ÉNERGÉTIQUE À L'AMBITION INDUSTRIELLE

Nombreux, en France, sont ceux qui ont découvert l'industrie nucléaire coréenne en décembre 2009, lorsque les Émirats arabes unis ont choisi la société sud-coréenne Kepco de préférence à un consortium regroupant l'ensemble des acteurs du secteur en France. Ce revers a été analysé en France comme un manque d'organisation de l'« équipe de France du nucléaire ». Il faut pourtant y voir, autant sinon plus qu'un échec de l'industrie française, la récompense des efforts de l'industrie coréenne qui entre ainsi dans le club très fermé des pays capables non seulement de construire, mais aussi d'exporter la technologie nucléaire.

Votre délégation ne pouvait manquer de s'intéresser à ce nouveau secteur de succès de l'industrie coréenne, d'autant plus que sa visite avait lieu, par coïncidence, un mois après l'accident qui a touché la centrale de Fukushima, à mille kilomètres des côtes coréennes. Elle a rencontré lors d'un déjeuner des experts coréens du secteur, représentant notamment l'exploitant (Korea Hydro & Nuclear Power), l'Institut coréen de sûreté nucléaire, l'Institut coréen de recherche en énergie atomique et l'Institut coréen d'économie de l'énergie. Elle a également visité, dans le sud-est du pays, l'usine de Doosan Heavy Industries & Construction, constructeur des réacteurs nucléaires coréens.

Comme l'industrie sidérurgique, l'industrie nucléaire résulte d'une volonté d'autonomie nationale qui a donné naissance à une grande industrie, aujourd'hui orientée vers l'exportation.

1. Le nucléaire, un choix stratégique

Dépendante de l'extérieur à 96,4 % pour ses sources d'énergie primaire, alors que sa consommation approche de celle de la France (243 millions de tonnes-équivalent-pétrole contre 262), la Corée n'a d'autre choix pour le moment que de recourir à des centrales thermiques pour produire la majorité de son énergie. Son territoire et sa situation géographique n'ont permis jusqu'à présent qu'un développement marginal des énergies renouvelables, y compris hydroélectriques.

La Corée est ainsi le quatrième importateur de pétrole au monde, bien que son PIB n'apparaisse qu'à la quinzième place.

Si le premier réacteur nucléaire de recherche a été mis en service dès 1962, c'est dans les années 1970 que le choix du nucléaire s'est imposé afin de réduire la dépendance énergétique. Les premières centrales arrivent ainsi à l'âge de trente ans où, comme en France, se pose la question de la prolongation de leur exploitation.

Or la réduction et la sécurisation des approvisionnements en pétrole et en gaz apparaissent aujourd'hui comme l'un des principaux objectifs de la politique énergétique. Le nucléaire est également un atout pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, même si la Corée ne fait pas partie des pays « Annexe I » pour lesquels le protocole de Kyoto a imposé des limitations d'émissions.

L'énergie nucléaire fournit donc aujourd'hui un tiers de la production d'électricité, ce qui fait de la Corée l'un des plus forts consommateurs d'énergie nucléaire au monde, même si la France affiche un taux bien supérieur de 80 % environ.

Le parc électronucléaire compte 21 réacteurs en service : 17 réacteurs à eau pressurisée (REP) et 4 réacteurs à eau lourde (CANDU). Pour comparaison, le parc français compte 58 réacteurs, fonctionnant tous avec une technologie REP.

Le parc coréen se caractérise par un taux de disponibilité très élevé (93 %, contre 80 % en France).

Sources de production d'électricité

Source : Ambassade de France en Corée, chiffres 2009

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