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L'Égypte, la Libye et la Tunisie un an après les « printemps arabes »

4 juillet 2012 : L'Égypte, la Libye et la Tunisie un an après les « printemps arabes » ( rapport d'information )
2. Vers des infléchissements des orientations de politique étrangère ?

Les questions de politique étrangère n'ayant pas été au coeur de la mission du bureau de la commission des finances, seules quelques observations seront formulées ci-après sur les orientations souhaitées par les nouveaux acteurs politiques, sous réserve d'un transfert effectif du pouvoir à de nouvelles autorités élues.

a) Une relation bilatérale avec les Etats-Unis guère remise en cause

L'important volant d'aide bilatérale américaine, d'un montant annuel de 1,3 milliard de dollars pour l'aide militaire (en partie consacrée à l'entretien du matériel américain) et 0,25 milliard de dollars pour l'aide civile, a été confirmé, malgré les critiques des Frères musulmans d'une « capitulation » des autorités de transition, alors qu'une partie de l'aide américaine transite par des ONG. Dans ce contexte, quelle que soit l'issue de la crise politique, la relation partenariale nouée avec les Etats-Unis et les ONG occidentales ne devrait pas être remise en cause.

Le choix du Président Barack Obama de s'exprimer depuis Le Caire, le 4 juin 2009, pour s'adresser au monde arabo-musulman, a témoigné de la place accordée à l'Egypte comme pôle de stabilité dans cette partie du monde, à cheval sur deux continents, l'Afrique et l'Asie. Mais les actions menées par les Etats-Unis devront l'être dans le plein respect de la souveraineté nationale qu'a recouvrée le peuple égyptien lors de la révolution.

b) La diplomatie régionale : le maintien des engagements internationaux de l'Egypte

Alors qu'un recentrage diplomatique est attendu sur le monde arabo-musulman dans l'hypothèse où le PLJ accède au pouvoir, les Frères musulmans sont plus critiques vis-à-vis d'Israël. Ils ont réaffirmé que les engagements internationaux seraient tenus, en particulier le traité de paix avec Israël signé en 1979. Par le passé, l'Egypte a souvent joué un rôle de bons offices en tirant profit de ses relations avec les différentes parties, comme lors de l'organisation de la conférence pour la reconstruction de Gaza, le 2 mars 2009, à Charm El-Cheikh, après l'intervention israélienne.

Sur la question israélienne, Abdel Moneim Aboul Fotouh, ancien candidat à l'élection présidentielle, avait déclaré à la délégation de la commission des finances que les accords seraient respectés, mais que l'Etat hébreu devait aussi respecter ses engagements de créer un Etat palestinien.

Par ailleurs, la Turquie, bien qu'ancienne puissance coloniale, gouvernée par des islamistes réputés modérés, représente une source d'inspiration potentielle pour le PLJ.

c) Les relations avec l'Union européenne : l'UpM en panne

D'ores et déjà, l'Egypte ne joue toutefois plus un rôle moteur dans l'Union pour la Méditerranée (Upm). Comme annoncé, l'Egypte a quitté la co-présidence de l'UpM le 1er mars 2012, en exprimant son souhait qu'elle soit transférée à la Ligue arabe.

Dans les contacts que les membres de la commission des finances ont eus avec les représentants des différentes sensibilités politiques, seul Amr Moussa - par ailleurs ancien secrétaire général de la Ligue arabe - a évoqué spontanément la nécessaire relance de l'UpM, négligée par le PLJ, tout en soulignant l'importance du partenariat avec l'Union européenne - comme étant une question aussi fondamentale que la demande d'adhésion à l'Union européenne pour les pays européens.