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Se donner les moyens de ses ambitions : les leçons des inondations du Var et du sud-est de la France

24 septembre 2012 : Se donner les moyens de ses ambitions : les leçons des inondations du Var et du sud-est de la France ( rapport d'information )
2. Un bon fonctionnement des outils de prévision

Si les phénomènes méditerranéens de pluies intenses donnant lieu à des crues sont habituels en cette saison, l'épisode de novembre 2011 est remarquable par sa durée (une semaine), son intensité (800 mm d'eau tombés) et l'étendue du territoire concerné. Au total, 9 services de prévisions des crues (SPC) ont été mobilisés et 16 départements mis en vigilance.

Les acteurs de la gestion de crise, mieux informés (après les inondations de juin 2010, une partie de la Nartuby, l'Argens et le Gapeau ont été équipés d'un dispositif de surveillance) et mieux préparés ont bénéficié de prévisions météorologiques et hydrologiques suffisamment en amont par Météo-France, ce qui a leur a permis de mettre en place une organisation solide et d'anticiper la crise. L'événement, à cinétique lente, n'a, en outre, pas entraîné les coupures de réseaux de communication qui avaient gravement entravé l'action des secours l'année précédente.

Dès le 2 novembre 2011, Météo-France ayant placé plusieurs départements en vigilance rouge, un dispositif a été mis en place, consistant notamment en des permanences 24 heures sur 24 dans les SPC et au SCHAPI. Plusieurs fois par jour, des visioconférences ont été organisées par le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) à l'initiative de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, avec le centre national de prévision de Météo-France et le SCHAPI. Des conférences par zone de défense ont en outre été mises en place par les Centres opérationnels de zone (COZ) sud et sud-ouest, avec les préfectures et les SPC.

Il convient de reconnaître que le dispositif de prévision et d'alerte a permis, dans le cas des inondations de novembre 2011, une gestion optimisée de l'événement et de nombreux déclenchements de plans communaux de sauvegarde (PCS), qui ont joué leur rôle. M. Jean-Paul Kihl, directeur général de la sécurité civile et de la gestion de crise, a ainsi indiqué, lors de son audition par votre mission : « L'objectif était d'anticiper l'événement lui-même, de veiller à la mise en alerte de l'ensemble des territoires concernés, notamment des communes chargées le cas échéant de mettre en oeuvre leur PCS, et de pré-positionner des moyens d'intervention au plus près de l'événement, soit, en l'espèce, de 6 hélicoptères, de forces de la gendarmerie et de l'armée de terre, des unités d'intervention de la sécurité civile de Nogent-le-Rotrou et de Brignoles, plus les moyens de pompage et autres dépendant des établissements de soutien logistique de la direction. Au plan local, toutes les autorités, et notamment notre interlocuteur privilégié qu'est l'état-major de zone, sans oublier l'ensemble des SDIS, ont été mis en alerte de la même manière, ainsi que les maires, pour que les PCS puissent être mis en oeuvre. Si cette opération a nécessité le déplacement de moyens initialement affectés au G20 de Cannes, l'on peut considérer que les événements de novembre 2011 ont, par comparaison à ceux de juin 2010, fait l'objet d'une bonne anticipation. »

92 messages d'alerte et 45 relances ont été envoyés par l'automate d'appel GALA (fax, SMS, mail) aux maires (personnellement, à la mairie, à la police municipale), à la chaîne de secours, à l'inspecteur d'académie, au conseil général, à l'armée, etc.

La population, elle, a essentiellement été informée par les médias. Comme les responsables préfectoraux du Var l'ont indiqué à la mission lors de son déplacement : « Parfois, le préfet et le Centre opérationnel départemental (COD) doivent envoyer des messages à la population pour contrer une rumeur médiatique. Par exemple, en 2011, une collaboration avec l'inspecteur d'académie a permis de démentir certaines rumeurs sur l'évacuation des écoles. Sur ce point, même si la plupart des établissements scolaires disposent d'un plan de sauvegarde (88 % des écoles, 76 % des collèges et lycées), il faut encore améliorer la communication avec les transporteurs scolaires en cas de crise, en disposant d'un interlocuteur unique à l'ensemble des sociétés. En tout état de cause, il est toujours préférable de communiquer par le biais des relais que constituent les maires et les associations. »

Les services de la préfecture ont également fait valoir qu'après juin 2010, une cellule de sauvegarde avait été créée auprès du COD afin d'établir un lien direct entre les associations de sécurité civile (CCFF, ADPC, Croix-Rouge) et les élus.