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Se donner les moyens de ses ambitions : les leçons des inondations du Var et du sud-est de la France

24 septembre 2012 : Se donner les moyens de ses ambitions : les leçons des inondations du Var et du sud-est de la France ( rapport d'information )
3. Des opérations de secours efficaces

Bonne prévision de Météo-France, mobilisation rapide des différents acteurs : l'intervention des secours, actifs jusqu'au 8 novembre, a été, en novembre 2011, organisée et d'efficace. Le COD du Var, renforcé par une mission d'appui et de sécurité civile (MASC), a coordonné 3 postes de commandement opérationnels (PCO) installés à Brignoles, Draguignan et Fréjus. Les hélicoptères de la gendarmerie nationale mis en place dans le cadre du G20 et immédiatement placés sous contrôle opérationnel du coordinateur de la sécurité civile ont secouru 131 personnes.

L'évacuation préventive des populations les plus à risque a été effectuée, notamment une maison de retraite à Barjols, les campings de la basse vallée de l'Argens, un quartier de Fréjus situé derrière les digues du Reyran, ainsi qu'un quartier situé le long de l'estuaire du Gapeau à Hyères.

On rappellera, pour mémoire, le bilan global des interventions de secours :

· au total, près de 6 000 interventions, dont 4 600 en Languedoc-Roussillon et en PACA, avec 614 mises en sécurité ;

· dans le Var, 1 900 interventions, 1 340 personnes évacuées dont 131 hélitreuillées. À noter : l'intervention sur une digue de la partie canalisée du Reyran, rivière restée dans les mémoires comme celle du barrage de Malpasset, dont la rupture, le 2 décembre 1959, avait provoqué la mort de plus de 400 personnes à Fréjus ;

· dans les Alpes-Maritimes, 1 083 interventions et 850 personnes évacuées (campings et quartiers riverains des cours d'eau), nécessitant le concours de 471 sapeurs-pompiers du SDIS 06, 85 fonctionnaires de police, mais aussi le renfort de 3 escadrons de gendarmes mobiles n'appartenant pas au département, d'un groupe de pompage des marins pompiers de Marseille et d'un groupe inondation du SDIS du Gard et de celui de l'Hérault.

Le bilan humain s'élève à 4 personnes décédées : un riverain de l'Hérault, une personne sur la Têt (traversée d'un gué fermé à la circulation), une personne dans un affluent de l'Ariège au cours d'une reconnaissance et un disparu dans le fleuve Var. 3 autres décès ne sont pas directement imputables aux inondations : 2 riverains de l'Argens par monoxyde de carbone dû au pompage de l'eau et une noyade, a priori volontaire, dans le gave de Pau.

Pour autant, M. André Bachoc, responsable du SCHAPI, indiquait à la mission lors de son audition : « On a atteint le niveau d'alerte rouge et frôlé la catastrophe à Florac, où l'accessibilité est réduite, et à Millau, où la population est importante. La pluie s'est arrêtée opportunément 2 heures avant que l'on bascule dans la catastrophe. (...) De nuit, les interventions auraient été plus délicates », ce qui prouve que l'imprévisible est toujours possible.

Compte tenu de l'étendue du territoire touché par l'événement, 312 communes ont bénéficié d'un classement en régime de catastrophe naturelle.

Les dégâts, assurables ou non, sont estimés entre 500 et 800 millions d'euros. Dans les Alpes-Maritimes, au moins 150 entreprises ont été touchées par les inondations et le coup de mer. Dans le Var, c'est la zone d'activité de la Palud, à Fréjus, qui a été la plus affectée.

Par ailleurs, près de 300 entreprises agricoles ont été sinistrées, les deux tiers situées sur les communes de la basse vallée de l'Argens (Roquebrune, Puget-sur-Argens, Fréjus-Saint-Aygulf). Les dégâts concernent principalement des exploitations de maraîchage (plein champ et sous tunnels légers), d'horticulture (plantes en pots et fleurs coupées) de pépinières, et, dans une moindre mesure, d'élevage et de viticulture. 10 tonnes de cadavres d'animaux (certains domestiques) ont été enlevées par les services d'équarrissage.

Comme les représentants des agriculteurs de la basse vallée de l'Argens l'ont indiqué à la mission lors de son déplacement dans le Var, à la différence de la catastrophe de juin 2010, les événements de novembre 2011, du fait d'une prévention accrue et d'une double crue progressive et annoncée, ont épargné le matériel mobile (mis à l'abri) et la majorité des infrastructures. En revanche, la présence d'eau pendant plus de 3 jours a considérablement altéré les plantations.