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Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions)

3 avril 2013 : Sectes - Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions) ( rapport de commission d'enquête )
Audition du Dr Marc HUNG, président de l'Union nationale des médecins à exercice particulier (mercredi 20 février 2013)

M. Alain Milon, président. - Mes chers collègues, nous recevons aujourd'hui le Docteur Marc Hung, président de l'Union nationale des médecins à exercice particulier (UNAMEP).

Notre réunion d'aujourd'hui n'est pas ouverte au public ; un compte rendu en sera publié avec le rapport.

Monsieur Hung, me confirmez-vous que vous avez donné votre accord pour que cette audition fasse l'objet d'une captation vidéo ?

M. Marc Hung. - Oui.

M. Alain Milon, président. - Me confirmez-vous que vous acceptez que cet enregistrement soit éventuellement par la suite accessible sur le site du Sénat ?

M. Marc Hung. - Oui.

M. Alain Milon, président. - Je précise à l'attention du Dr Hung que notre commission d'enquête s'est constituée à l'initiative de M. Jacques Mézard, qui est notre rapporteur.

Je vais maintenant, conformément à la procédure applicable aux commissions d'enquête, demander à M. Hung de prêter serment.

Je rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal.

Monsieur Marc Hung, veuillez prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, levez la main droite et dites : « Je le jure ».

M. Marc Hung. - Je le jure.

M. Alain Milon, président. - Ainsi que vous en avez été informé, notre audition est prévue pour durer 45 minutes. Je vous invite donc à prononcer un court exposé introductif, puis mon collègue Jacques Mézard, et les sénateurs membres de la commission vous poseront quelques questions.

Vous avez la parole...

M. Marc Hung. - Je suis installé en Lot-et-Garonne depuis trente-deux ans en tant que médecin acupuncteur et médecin à exercice particulier.

Je suis syndiqué depuis une quinzaine d'années et président de l'UNAMEP depuis près de cinq ans. L'UNAMEP est un sous-groupe de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), le plus grand syndicat national représentatif des médecins.

Mon action syndicale ne m'a jamais amené à être confronté aux sectes. J'en ai entendu parler comme tout le monde, mais je n'y ai jamais été confronté directement -sauf à titre personnel, dans mon exercice, lorsque j'ai soigné des patients évoluant dans ce milieu, ou lors de discussions avec mes confrères.

M. Alain Milon, président. - La parole est au rapporteur...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Pouvez-vous nous en dire plus sur les médecins à exercice particulier ? Combien y en a-t-il en France ? Quel type d'exercice pratiquent-ils ? Y a-t-il eu une évolution, ces dernières années, du nombre de praticiens dans le cadre de l'exercice libéral ou hospitalier ?

M. Marc Hung. - Le mot d'exercice particulier peut apparaître péjoratif, mais il s'agit d'un classement de la sécurité sociale.

Il y a quatre à cinq ans de cela, on avait estimé que 20 % des médecins environ relevaient d'un exercice particulier. 10 à 15 % des médecins le déclarent ; 35 % des généralistes ou même des spécialistes y recourent accessoirement. On les trouve essentiellement en acupuncture, homéopathie, ostéopathie mais il existe un autre groupe de médecins à exercice particulier qui regroupe les angiologues, les allergologues ou les endocrinologues.

L'UNAMEP est une sous-branche de la CSMF, celle-ci ne pouvant regrouper que des généralistes ou des spécialistes. Certains médecins cotisent donc aussi bien chez les spécialistes que chez les généralistes, mais on les regroupe parmi les mêmes.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Quelle est l'évolution des conditions d'exercice entre le secteur libéral et le secteur hospitalier ?

M. Marc Hung. - Les choses ont bien évolué. On assiste à ce sujet à une ouverture générale de la médecine dans ce domaine. Beaucoup de gens pratiquent ces médecines complémentaires. Ce qui nous inquiète, c'est le fait qu'un certain nombre de non-médecins suivent des formations d'ostéopathie, d'acupuncture ou d'homéopathie.

J'avais écrit il y a deux ou trois ans que cela pouvait arranger le Gouvernement, car cela coûte moins cher à la sécurité sociale !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Constate-t-on l'entrée de vos confrères dans le secteur hospitalier ?

M. Marc Hung. - Oui. Je suis ainsi attaché depuis cinq ans, dans le domaine de l'acupuncture, à la maternité de l'hôpital de Villeneuve. J'effectue deux vacations par semaine. Il existe de plus en plus d'ouvertures en cancérologie et en obstétrique.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment se répartit l'exercice de vos adhérents entre secteur 1 et secteur 2 ?

M. Marc Hung. - Je suis personnellement en secteur 2 mais la majorité des adhérents sont en secteur 1, tous ayant mon âge et personne ne pouvant plus entrer en secteur 2. Je suppose donc que le secteur 2 va mourir de sa belle mort ! Je ne sais si les secteurs ont, de ce point de vue, une véritable importance.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Pouvez-vous nous en dire plus sur le type des thérapies pratiquées par les médecins à exercice particulier ? On a compris que l'éventail était large et que certaines disciplines que vous venez de citer sont dans le secteur à exercice particulier.

M. Marc Hung. - A titre personnel, je me suis orienté vers la médecine par hasard. Je voulais en effet être pilote de chasse ! J'ai fait les classes préparatoires, mais j'ai eu des problèmes médicaux et j'ai dû me réorienter.

J'étais curieux de tout. C'est un domaine que je ne connaissais pas et auquel je n'avais jamais pensé. Quand j'ai commencé à exercer, j'avais une carte d'étudiant pratiquement tous les ans !

C'est à ce moment que j'ai été confronté aux sectes. Je me suis intéressé à la psychothérapie. J'ai passé un diplôme de psychologie, de sexologie et j'ai lu un jour un article parlant d'une technique de reprogrammation psychologique qui rendait beaucoup de services aux patients. J'ai alors acheté un gros livre qui avait trait de la Dianétique, qui m'a beaucoup impressionné.

C'est ce qui m'a amené à considérer que ces techniques de manipulation auxquelles nous sommes soumis manquent dans la formation des médecins, car nous sommes un public très valorisant pour ces mouvements. Les médecins qui en font partie ne s'en vantent pas, mais cela donne à ces groupes une grande légitimité pour recruter d'autres personnes. Je considère donc que la formation initiale des étudiants devrait comporter un minimum d'heures de cours sur ce sujet !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Quels sont les types de thérapies que l'on retrouve chez les médecins à exercice particulier ?

M. Marc Hung. - C'est dans le domaine de l'acupuncture qu'on en trouve le plus grand nombre. Je dispose dans ma base de 1 500 noms de médecins acupuncteurs. On y trouve ensuite les homéopathes, les ostéopathes, puis les spécialistes comme les allergologues, les endocrinologues, les spécialistes de médecine vasculaire, ainsi que les psychothérapeutes, dont je fais également partie, les médecins esthéticiens, qui sont quelque peu hors du champ de la sécurité sociale. L'un des vice-présidents de l'UNAMEP est médecin esthéticien. On trouve enfin des sexologues, spécialité dans laquelle j'ai également un diplôme...

Mme Catherine Génisson. - Qu'en est-il de la sophrologie et de l'hypnose ?

M. Marc Hung. - Un certain nombre de techniques que nous avons apprises dans nos formations de psychothérapie nous servent en consultation. J'ai également suivi une formation d'hypnose ériksonienne et une autre de programmation neurolinguistique (PNL). J'ai alors compris un certain nombre de techniques de manipulation des sectes, mais ces formations réservées aux médecins, faites par des médecins et dans un cadre universitaire, ont un but éthique. Ce sont des outils que je trouve redoutables, mais qu'il faut connaître.

Je pratique effectivement ces techniques d'hypnose, dans le cadre de certaines psychothérapies...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous avez dit avoir été confronté au phénomène de dérive sectaire chez des confrères et des patients...

M. Marc Hung. - Non, pas vraiment. Quelques-uns de mes patients qui font partie de sectes ont laissé, dans ma salle d'attente, des prospectus que j'ai éliminés rapidement, mais ils n'ont pas récidivé.

L'un de mes confrères m'a cependant raconté avoir eu, lorsqu'il s'est installé, un patient qui l'a invité à venir faire une conférence sur l'acupuncture devant son mouvement. C'est une technique d'approche qui valorise le médecin et qui, peu à peu, peut constituer un piège.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Considérez-vous que ces thérapies peuvent amener des problèmes chez certains confrères ou hors du corps médical ?

M. Marc Hung. - Je ne crois pas que ces thérapies représentent en elle-même un quelconque danger : tout dépend de leur utilisation. Il en va de même pour toutes choses : un couteau est un outil efficace lorsqu'il est entre de bonnes mains, mais il peut aussi servir à agresser quelqu'un !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment reconnaît-on que ces médecins ont les compétences nécessaires pour adhérer au syndicat et pour traiter des patients ?

M. Marc Hung. - Avant de pouvoir afficher leurs pratiques, ils ont nécessairement reçu une formation -la plupart du temps universitaire, mais pas toujours. Ainsi, l'hypnose, au départ, n'était pas enseignée à l'université. J'ai personnellement suivi ma formation dans un institut privé, l'Institut Milton Erikson, à Paris. Ces cours étaient dispensés par un psychiatre hospitalier, et s'adressaient à des médecins et à des psychologues. Les non-médecins n'étaient pas admis.

Cela offre donc un certain nombre de garanties selon moi. Ce sont des outils que je trouve très importants à connaître, car ils sont efficaces, utiles, et rendent beaucoup de services aux patients. Le problème vient du fait que ces outils, comme la PNL, ont été détournés à des fins commerciales, par des personnes qui les ont utilisés à des fins de manipulation mentale.

La PNL est une technique d'hypnose ériksonienne. Milton Erikson était un psychiatre américain qui utilisait au départ des moyens classiques et qui a mis au point une nouvelle technique, partant du principe que l'hypnose est un état de conscience modifié : l'esprit est dissocié en deux, le conscient agit pendant que l'inconscient accomplit autre chose. C'est ainsi que, lorsque vous avez appris une nouvelle grave, vous pouvez vous retrouver à un endroit sans vous souvenir de la route que vous avez suivie pour vous y rendre.

L'hypnose ériksonienne permet de réajuster la vision les patients qui sont venus demander son aide à un praticien. Je ne pratique jamais une psychothérapie ou une séance d'hypnose sur quelqu'un qui ne m'a rien demandé, mais l'hypnose est pour moi un outil intéressant pour modifier certains schémas mentaux de fonctionnement...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous avez indiqué que 25 à 30 % des médecins généralistes recouraient à certaines de ces techniques -même si c'est occasionnellement. Comment sont-ils formés ?

M. Marc Hung. - Il s'agit essentiellement de techniques concernant l'acupuncture et surtout l'homéopathie. Il existe maintenant des diplômes interuniversitaires d'homéopathie, mais il existait auparavant des écoles privées, créées par de grands laboratoires d'homéopathie pour former les homéopathes.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Un médecin qui souhaite recourir à ces techniques a-t-il besoin de justifier d'une formation ?

M. Marc Hung. - Non, sauf s'il souhaite le faire figurer sur sa plaque. Il doit le justifier par rapport au Conseil de l'Ordre.

Le médecin généraliste est par définition un omnipraticien. Il peut utiliser tous les outils thérapeutiques à sa disposition. Le fait de persuader son patient de s'arrêter de fumer fait partie d'une manipulation. Cela dépend plus du médecin que la technique...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Selon vous, comment s'effectue l'arbitrage entre ce qui peut être pris en charge par les thérapies complémentaires et ce qui relève de la médecine dite classique ?

M. Marc Hung. - Je me considère et me déclare comme médecin généraliste. Je suis mes patients pour de l'hypertension, du diabète, etc. Le jour où le patient que je traite pour du diabète a un problème psychologique quelconque, je l'adresse à un confrère psychiatre ou psychologue.

Certains patients me sont cependant envoyés par des confrères pour un sevrage tabagique par hypnose, un problème de sexologie ou de dépression, le patient refusant par exemple le traitement antidépresseur.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - On constate un relatif engouement pour certaines de ces techniques. Comment l'expliquez-vous ? Je parle des patients et non des médecins.

M. Marc Hung. - Je crois qu'il en va de même pour les médecins -mais ils ne le crient pas trop sur les toits. Un certain nombre de mes confrères utilisent aujourd'hui de l'homéopathie et je sais par ailleurs qu'ils ont suivi la formation.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Les raisons peuvent être cependant différentes, au moins partiellement.

M. Marc Hung. - En effet. Le médecin peut vouloir élargir sa clientèle, mais il peut aussi avoir constaté que certains patients sont en meilleur état...

Quant aux patients, il y a bien sûr toujours cette part de magie que ceux-ci recherchent dans des techniques qui ne sont pas reconnues. Les personnes traitées par homéopathie, dans leur grande majorité, se prennent toutefois mieux en charge, se documentent, alors que le patient classique consulte son médecin pour se faire prescrire des antibiotiques. Je ne vois pas mes patients habitués à l'homéopathie de tout l'hiver ! Je ne sais si c'est grâce à l'homéopathie, mais je constate qu'ils se prennent souvent mieux en charge...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Excellente réponse !

M. Alain Milon, président. - La parole est aux commissaires...

Mme Catherine Deroche. - Comment votre syndicat a-t-il pris la publication du Centre d'analyse stratégique ?

M. Marc Hung. - Assez mal ! J'ai failli leur demander un rendez-vous, et j'ai en fait publié un communiqué de presse en protestant contre la tendance qui consiste à vouloir faire faire de la médecine aux non-médecins !

Certes, il est vrai que ces techniques sont recommandées par l'OMS, mais elles le sont pour des raisons d'économies ! Elles peuvent être pratiquées par tout le monde et présentent peu de risques, sauf si le patient est pris en charge par n'importe qui !

Mme Catherine Deroche. - Même si cet exercice particulier est réservé à des médecins, n'existe-t-il pas un risque que les dérives sectaires parviennent à pénétrer le domaine de la formation ?

Ne pensez-vous pas qu'une sensibilisation à ces formes d'exercice devrait être mise en place ?

M. Marc Hung. - J'ai suivi un certain nombre de formations, aussi bien universitaire que non universitaire, par pur intérêt. Certaines présentaient une apparence sectaire. On les détecte en général très rapidement. Pour le public, c'est en revanche plus difficile.

Je ne pense pas que les diplômes universitaires ou interuniversitaires présentent un risque. Tout le monde connaît plus ou moins tout le monde. Des orientations sectaires seraient assez rapidement éventées. Je ne pense donc pas que la pénétration sectaire soit facile dans le domaine de la formation.

Je pense cependant qu'il serait utile de mettre en garde nos jeunes qui ne possèdent pas les outils nécessaires pour se prémunir contre certaines manipulations mentales.

M. Gérard Roche. - Nous ne sommes pas là pour juger de la qualité d'un type de thérapeutique, mais pour rechercher les dérives sectaires qui peuvent survenir dans le cadre de ces pratiques.

Ainsi que vous l'avez dit, le processus semble cependant pouvoir être totalement inversé, une secte pouvant demander à un thérapeute de tenir une conférence et, peu à peu, l'amener sur son terrain.

M. Marc Hung. - Je l'ai vu au moins deux fois...

M. Gérard Roche. - C'est une approche nouvelle et intéressante.

Ma question portait sur le fait de savoir s'il existait, dans le cadre de votre association, une mise en garde contre le fait que des thérapeutes peuvent être manipulés par une secte. Vous y avez un peu répondu...

M. Marc Hung. - C'est surtout vrai au niveau de la formation initiale. Pour ce qui est de la formation continue des médecins, domaine dans lequel je suis investi depuis une dizaine d'années -je suis président de l'Association de formation des médecins à exercice particulier (AFORMEP)- nous venons d'obtenir l'agrément du Fonds d'assurance formation (FAF) sur deux dossiers d'homéopathie, en cancérologie et en suivi de grossesse.

Nous nous investissons donc dans la formation continue, mais n'avons pas accès à la formation initiale, sous la coupe de mandarins !

Mme Catherine Génisson. - Les questions tournent toujours autour des mêmes sujets. Vous avez indiqué qu'il était important de sensibiliser les étudiants en médecine à la question des médecines particulières. Comment concevez-vous cet enseignement ? S'agit-il d'enseigner ces techniques particulières ou de sensibiliser les étudiants au fait qu'il faut être vigilant, ces propositions pouvant conduire à des dérives sectaires ?

Par ailleurs, vous avez indiqué avoir été reconnu en matière d'enseignement de l'homéopathie en cancérologie : pouvez-vous en dire plus ?

M. Marc Hung. - Non : j'ai monté un dossier de formation pour l'utilisation des techniques homéopathiques dans les traitements d'appoint...

Mme Catherine Génisson. - Vous avez été un peu lapidaire dans vos explications.

M. Marc Hung. - Cela s'appliquait cependant au domaine spécifique de la cancérologie.

Mme Catherine Génisson. - Faut-il prévoir un devoir d'alerte pour les étudiants en médecine ?

M. Marc Hung. - ... Ou les former à l'homéopathie et ou à l'acupuncture ? Non...

Cependant, il convient de les alerter, de leur donner une vision d'ensemble de l'homéopathie ou de l'acupuncture, qui peuvent paraître ésotériques par rapport à d'autres raisonnements plus sectaires.

Peut-être faut-il leur donner également des outils pour trier le bon grain de l'ivraie.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Que se passe-t-il si un médecin pratiquant la fasciathérapie veut adhérer à votre organisation professionnelle ?

M. Marc Hung. - Je ne connais pas la fasciathérapie. Je connais des kinésithérapeutes, dont je suis content, et qui la pratiquent. Je leur envoie des patients mais je ne sais pas ce qu'ils font. Certains patients m'ont assuré que ces praticiens leur avaient fait du bien. Je ne porte pas de jugement...

Le syndicat n'est pas compétent pour valider ou invalider un diplôme ou une technique particulière. C'est là le travail du Conseil de l'Ordre.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vos adhérents sont tous des médecins inscrits au Conseil de l'Ordre, mais vous n'effectuez aucun « tri » : si un médecin qui pratique l'ondobiologie désire adhérer à votre organisation, l'acceptez-vous ?

M. Marc Hung. - Il peut faire ce qu'il veut, du moment que le Conseil de l'Ordre l'accepte. Un syndicat médical est un syndicat professionnel fait pour défendre l'intérêt de la profession, à moins que l'on décèle des dérives sectaires -que l'on signalera dans ce cas. Si vous désirez adhérer à la Confédération générale du travail (CGT), personne ne vous empêchera d'en payer la cotisation !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous voyez où est le problème...

M. Marc Hung. - En effet, mais le syndicat ne peut demander leur diplôme à tous les médecins. Dès lors qu'ils sont inscrits au Conseil de l'Ordre et ont le droit d'exercer, ils peuvent adhérer.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Si un médecin veut adhérer à votre organisation avec un exercice si particulier que l'on sait qu'il s'agit de charlatanisme ou de dérive sectaire, que faites-vous ?

M. Marc Hung. - Je refuserai ou plutôt, c'est le syndicat départemental qui refusera, l'UNAMEP étant une union nationale et les adhérents payant donc leur cotisation au syndicat départemental.

Je n'ai aucune idée exacte de ce que font tous les adhérents. Les cas particuliers remontent vers moi pour m'interroger, mais je n'ai jamais eu affaire à ce genre de question.

Mme Catherine Deroche. - J'ai compris que l'exercice particulier était lié au statut que la sécurité sociale lui confère. Dans ce cadre, existe-t-il une nomenclature des spécialités ?

M. Marc Hung. - Je fais partie depuis l'an dernier du groupe de travail sur les médecins à exercice particulier, dans le cadre de la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM). Nous avons fini par arriver à la conclusion qu'on ne peut que se fier aux déclarations des médecins. Les diplômes éventuels, qui doivent être validés par le Conseil de l'Ordre, n'affichent pas obligatoirement toutes les pratiques particulières. Les choses ne sont donc pas identifiables par les cotations de la sécurité sociale.

Le médecin généraliste adoptera donc une cotation C, comme pour une consultation, qu'il s'agisse d'une séance d'hypnose, de psychothérapie, ou de mésothérapie.