Allez au contenu, Allez à la navigation

Innovation et changement climatique : l'apport de l'évaluation scientifique et technologique

9 novembre 2015 : Innovation et changement climatique : l'apport de l'évaluation scientifique et technologique ( rapport de l'opecst )

COMMENT ÉVALUER L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL ET L'EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE DES DIFFÉRENTS TYPES DE CARBURANTS ?

M. Linas Balsys, député, membre de la Commission de l'environnement du Parlement lituanien. Il est très difficile de répondre à la question qui m'est soumise aujourd'hui concernant les modalités d'évaluation de l'impact environnemental et de l'efficacité énergétique des différents types de carburants.

Une réponse brève pourrait être : « Je ne sais pas ! ». Il s'agit en effet d'un sujet extrêmement complexe et recouvrant de nombreuses questions autres que celle du type de carburant.

Une autre réponse pourrait consister à dire que le meilleur carburant est celui qui n'est jamais utilisé. C'est en effet en diminuant le recours aux carburants fossiles que nous pourrons véritablement parler d'efficacité énergétique. Quel que soit le carburant, la meilleure solution, en termes d'efficacité énergétique, sera toujours d'en limiter l'utilisation. Qu'il s'agisse du charbon, du pétrole ou du gaz, il est clair que tous ces carburants sont mauvais, car ils n'offrent pas de compromis satisfaisant pour la préservation de l'environnement.

Notre civilisation est malheureusement fondée sur le pétrole, ce qui signifie que, même si nous réduisons notre dépendance à ce carburant, nous continuerons à l'utiliser. S'agissant des impacts environnementaux, le charbon est assurément le pire, suivi du pétrole et du carburant utilisé pour l'aéronautique. En tant que parlementaires et citoyens, il nous faut ainsi réfléchir à deux fois avant de nous rendre à la grande Conférence de Paris sur le climat en avion !

Le gaz est censé être le carburant fossile le moins nocif ; or il n'est pas vraiment propre, dans la mesure où il contribue puissamment à l'effet de serre. Songez au gaz de schiste et aux problèmes de pollution au méthane liés à sa production. Ce n'est pas une solution acceptable.

Qu'en est-il du nucléaire ? Certes, il ne produit pas de CO2 mais peut entraîner des catastrophes. Il ne s'agit donc pas non plus d'une solution idéale. Il est difficile de trouver des investisseurs intéressés par les nouveaux réacteurs nucléaires et des assureurs acceptant d'assurer les centrales. C'est ainsi toujours aux contribuables qu'il incombe de financer ces installations. Ce n'est donc pas un type de carburant acceptable.

Que nous reste-t-il ? Les énergies renouvelables. Je pense que tout le monde s'accordera à reconnaître qu'il s'agit là de la marche à suivre pour l'avenir.

Le choix de l'utilisation des biocarburants mérite toutefois réflexion, dans la mesure où ces derniers produisent des effets secondaires, en termes de modification d'utilisation des sols et de réduction de la production d'aliments. Peut-être émergera-t-il de nouvelles générations de biocarburants acceptables ? Ce n'est pas encore le cas.

Nous avons, selon moi, besoin sur ces questions d'une approche plus homogène au niveau de l'Union européenne. Il existe, en effet, à l'heure actuelle, d'un pays membre à l'autre, des lois et réglementations très différentes en matière de carburants. Pourtant, tous ces pays appartiennent à l'Espace économique européen et font partie d'un marché unique. Si nous n'appliquons pas des règles universelles, il sera difficile de réaliser des objectifs communs à l'échelle de l'Europe dans le domaine de l'écologie et d'une moindre nocivité de nos activités pour l'environnement. Il serait donc opportun qu'une coopération plus active s'instaure entre les Parlements nationaux, le Parlement européen et la Commission européenne. Des rencontres comme celle qui nous réunit aujourd'hui me semblent très utiles et je suis ravi de pouvoir échanger autour de ces questions avec vous.

Tout le monde parle actuellement de voiture électrique ; mais n'oublions pas que si l'on construit ce type de véhicule avec de l'énergie nucléaire ou issue du charbon, alors il ne s'agira pas en fin de compte d'un moyen de locomotion « vert ». Il faudrait pour cela produire des voitures électriques en se servant d'énergies renouvelables.