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Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport

20 novembre 2018 : Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport ( rapport d'information )

DEUXIÈME PARTIE - UNE COUVERTURE EN INFRASTRUCTURES INÉGALE ET INSUFFISANTE : L'URGENCE D'UN RÉEL RATTRAPAGE

Le développement de la pratique sportive outre-mer, qu'elle soit de haut niveau ou de sport amateur, dépend des équipements disponibles, de leur qualité et de leur accessibilité.

I. DES DIFFICULTÉS STRUCTURELLES DIFFICILES À PALLIER

A. DES CONTRAINTES LIÉES À LA CONFIGURATION DES TERRITOIRES

Les contraintes de développement et de gestion des équipements sont liées à la géographie et aux contextes climatiques des territoires.

1. La configuration géographique des territoires : des freins structurels
a) Multi-insularité et distances : sources de surcoûts

Dix des onze collectivités ultramarines sont des territoires insulaires ou multi-insulaires. L'insularité pose la question de l'isolement de certains territoires qui induit une accessibilité réduite aux infrastructures sportives : cette configuration impose de démultiplier sur le territoire les infrastructures, faute de quoi l'accès au sport n'est pas garanti. Surtout, la multi-insularité ou le caractère archipélagique de certains territoires est un véritable frein à la pratique sportive et au développement du sport. Il est en effet extrêmement difficile de garantir une pleine diversité des équipements et donc des disciplines praticables à l'échelle de chaque île, et ce alors même que les moyens d'assurer une continuité territoriale - même à l'échelle d'un territoire - sont très onéreux.

Cette situation a particulièrement été relayée à vos rapporteures en Guadeloupe, où les déplacements nécessaires entre les îles - Marie-Galante, les Saintes et la Désirade - vers la Grande-Terre et la Basse-Terre sont des obstacles à la pratique car ils sont chronophages et onéreux. La problématique se décline à plus grande échelle encore en Polynésie française où les 118 îles du territoire sont parsemées sur une zone plus vaste que le continent européen.

L'accès au sport nécessite donc, comme pour beaucoup de politiques publiques, d'être appréhendé à de multiples échelles infra-territoriales : au niveau de chaque île, de chaque archipel mais également au niveau du territoire.

b) Le caractère difficilement accessible de certaines zones

Dans certains territoires, le relief du territoire ou son étendue peuvent également être sources de difficultés dans l'accès aux équipements sportifs, comme à d'autres équipements publics en général.

L'exemple le plus frappant est sans doute celui de la Guyane : certaines parties du territoire - qui fait plus de 83 500 km2 - ne sont accessibles qu'au prix de plusieurs jours de trajet en utilisant plusieurs modes de transport différents ; c'est le cas par exemple à l'ouest de Papaïchton et pour Maripasoula, certaines zones n'étant parfois atteignables qu'en pirogue. La Réunion est un autre exemple : certains cirques sont très difficiles d'accès, comme Cilaos.

2. L'écueil de la taille critique

Au-delà du caractère insulaire des territoires, doivent être également examinés deux aspects complémentaires : la superficie et la démographie. Un schéma d'équipements sportifs requiert une « taille critique » : tous les équipements ne peuvent être envisagés sur des territoires de petite superficie comme Saint-Barthélemy ou Saint-Pierre-et-Miquelon. Aussi, dans les communes faiblement peuplées, se pose la question du taux d'utilisation de ces équipements.

Ce double constat appelle, dans les schémas de répartition ou de construction d'infrastructures, à avoir toujours en tête la question du calibrage : les équipements doivent être proportionnés aux territoires et à leur population. Cet impératif entre cependant en conflit avec une exigence forte : la nécessité de proposer une diversité de disciplines sportives.

À ces contraintes de configuration du territoire s'ajoute la question, sur ces superficies limitées, des capacités de construction restreintes par les problèmes de foncier disponible, avec les problématiques d'occupation des aires coutumières et l'écueil des zones exposées aux aléas naturels, notamment37(*).


* 37 Voir les rapports de la délégation : « Domaines public et privé de l'État outre-mer : 30 propositions pour mettre fin à une gestion jalouse et stérile », n° 538 (2014-2015) « La sécurisation des droits fonciers dans les outre-mer », n° 721 (2015-2016), « Conflits d'usage en outre-mer : Un foncier disponible rare et sous tension », n° 616 (2016-2017), « Risques naturels majeurs : urgence déclarée outre-mer », n° 688 (2017-2018).