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Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport

20 novembre 2018 : Quels tremplins pour le sport en outre-mer ? - Rapport ( rapport d'information )

B. DES CONTRAINTES LIÉES AU CLIMAT ET AUX RISQUES NATURELS

1. Des conditions naturelles difficiles...

Les conditions climatiques que connaissent les territoires ultramarins se distinguent très largement des situations hexagonales. En effet, la majeure partie des territoires insulaires se situe en zones tropicales ou intertropicales, fortement exposées aux aléas cycloniques notamment : c'est le cas des Antilles, mais aussi de La Réunion ou des territoires du Pacifique et, dans une moindre mesure, de Mayotte. Les fortes pluies qui peuvent survenir à l'occasion de ces aléas ainsi que les submersions éventuelles sont autant de risques et facteurs de dégradation précoce des infrastructures, provoquant une vétusté accélérée des équipements. Le climat équatorial ou les fortes tempêtes de l'Atlantique nord sont également des facteurs impactant les structures, respectivement en Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Certains territoires sont enfin soumis à de forts risques sismiques : c'est particulièrement le cas des territoires antillais - Guadeloupe, Martinique et Îles du Nord - qui doivent là aussi construire avec des normes parasismiques contraignantes.

2. Occasionnant des surcoûts très importants

Les aléas naturels pluriels évoqués ci-avant, climatiques comme telluriques, conduisent à des coûts de construction majorés du fait des normes renforcées à respecter, mais aussi à d'importants coûts d'entretien au quotidien. Surtout, le vieillissement précoce des installations implique des réparations fréquentes et des durées de vie plus courtes des équipements que dans l'hexagone, et donc des renouvellements à plus brève échéance. Marc Sanchez, président de l'Association nationale des élus en charge du sport (ANDES), évoquait38(*) ainsi des surcoûts de l'ordre de 30 %.

Des solutions existent aujourd'hui et les territoires se saisissent des expériences partagées par les pays de leur zone géographique. De nouveaux matériaux sont ainsi disponibles, avec des degrés de résistance aux intempéries ou à la chaleur mieux connus ; des modulations des pratiques de construction - par exemple des choix de couleurs de pistes d'athlétisme - se font sur ces critères, en Martinique par exemple, ou encore l'usage de l'inox pour les piscines en extérieur, comme les rapporteures l'ont constaté au centre aquatique communautaire de la communauté d'agglomération du centre de la Martinique (CACEM) lors de leur déplacement. Seul territoire ultramarin confronté à un climat équatorial, la Guyane a par exemple suivi attentivement les pratiques brésiliennes lors du développement de son projet d'infrastructures pour la « base avancée 2014-2016 ».

Si des solutions existent a priori, la contrainte n'est pour autant pas levée. Ainsi, bien que des innovations en termes de matériaux et équipements permettent de limiter l'impact climatique et d'améliorer la résistance et la longévité des installations, ceci se fait au prix d'un renchérissement substantiel tant de la construction que de l'entretien des équipements


* 38 Audition de l'Association nationale des élus en charge du sport (ANDES) du mardi 22 mai 2018.