Vous êtes ici : Rapports > Rapports d'information


Retour Sommaire Suite

B. UNE RÉVOLUTION SCIENTIFIQUE

L'avènement du génie génétique est un des événements scientifiques les plus marquants de notre siècle, même s'il s'inscrit en partie dans la continuité de certaines techniques antérieurement pratiquées.

1. Une évolution qui s'inscrit dans une certaine continuité

Une habitude ancienne d'utilisation du vivant

Que ce soit pour l'alimentation, puis pour la chimie ou la pharmacie, l'ingénierie du vivant, ou " biotechnologie ", est utilisée depuis de longues années. On peut, par exemple, qualifier de biotechnologies la fermentation à l'oeuvre dans la fabrication du vin, du fromage et de la bière, mise au point, 2.000 ans avant notre ère, par les Egyptiens et les Sumériens. Rappelons que, dès 800 avant Jésus Christ, les panses de veau (et une enzyme, la chymosine) servaient à la fabrication du fromage20(*). Entrent également dans cette catégorie les travaux entrepris par Louis Pasteur à la fin du siècle dernier pour préparer le vaccin contre la rage.

Pour signifier cette continuité, on qualifie parfois de biotechnologie " moderne " la biotechnologie qui fait intervenir le génie génétique.

Une longue histoire de sélection variétale en agriculture

Depuis les débuts de l'humanité, la sélection variétale " classique " permet d'améliorer la qualité et le rendement des espèces. Le principe de la sélection est de croiser des individus mâles et femelles d'une espèce donnée et, parmi les descendants, fruit de la loterie de l'hérédité, de choisir les individus ayant hérité des caractères recherchés.

A cet égard, la différence entre la sélection classique et le génie génétique réside dans la maîtrise qu'apporte ce dernier à la technique développée par la première, comme indiqué ci-dessous :

COMPARAISON ENTRE LA SÉLECTION CLASSIQUE ET LE GÉNIE GÉNÉTIQUE

Sélection classique :

o _ _ _

o o _ _ _ _

o o _ _ o o

x o
_ _ x o

o croisement _ résultat _ _

_



Gène désiré Variété commerciale Nouvelle variété (certains gènes non désirés o sont transférés avec le x)

Génie génétique :

_ _ _

_ _ _ _

_ _ x _

x _ _ _ _

transfert _ résultat _

Isolation du gène désiré Variété commerciale Nouvelle variété

(seul le gène désiré x est transféré)

Le mouvement de sélection génétique " classique " n'a fait que s'accélérer dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec un accroissement sans précédent de la productivité agricole, qualifiée de " révolution verte ". Est-il nécessaire de rappeler que, pour le blé par exemple, on ne récoltait en 1920 que 15 quintaux à l'hectare, soit guère plus qu'au Moyen-Age21(*) et à peine 20 quintaux en 1950. Aujourd'hui, le rendement approche 70 quintaux à l'hectare, voire 130 quintaux dans certaines zones.

La filière du maïs a récemment dressé un constat semblable pour le maïs français22(*), dont elle rappelle qu'il a les meilleurs rendements du monde : " La recherche génétique a joué un rôle décisif dans l'accroissement spectaculaire des rendements français en maïs (...). En France, le rendement moyen est passé de 12,5 quintaux par hectare en 1950 à 84 quintaux par hectare en 1996. Il a été multiplié par 7 entre ces deux dates. Ce résultat remarquable a été possible grâce à la diffusion de " familles " de maïs hybrides de plus en plus performants (...). "

On estime en général que la génétique (avant même l'introduction du génie génétique) a été à l'origine de la moitié des gains de productivité réalisés pendant la " révolution verte ".

Ces progrès obtenus par la génétique " classique ", ne se sont pas faits, il est important de le mentionner, sans ruptures. En particulier pour le maïs, l'hybridation, introduite en France après la seconde guerre mondiale, a fait figure de " première révolution du maïs "23(*).

L'HYBRIDATION DU MAÏS, " PREMIÈRE RÉVOLUTION GÉNÉTIQUE "

Au début du siècle, des agriculteurs américains semèrent sur une même parcelle des grains de maïs provenant de variétés différentes, favorisant ainsi des fécondations croisées dont les grains issus de ces croisements utilisés comme semences donnèrent des plantes bien plus productives : les principes de l'hybridation étaient nés.

Pour obtenir des hybrides, il faut d'abord parvenir (par autofécondation) à des " lignées pures ", d'origines différentes qui sont ensuite croisées : les semences ainsi obtenues sont plus productives et vigoureuses que leurs géniteurs. Les caractères sélectionnés sont : productivité, précocité, composition du grain, résistance à la verse, aux maladies et aux parasites.

L'introduction des hybrides en France après la seconde guerre mondiale a permis une augmentation spectaculaire des rendements.

In : Dossier précité de " Maïs avenir ".

Il existe donc une certaine continuité entre des pratiques anciennes de biotechnologie et d'agronomie et le génie génétique. Pourtant, ce dernier est marqué par certaines caractéristiques qui font de son introduction une véritable " révolution biologique "24(*).

Retour Sommaire Suite


Haut de page
Actualités | Travaux Parlementaires | Vos Sénateurs | Europe et International | Connaître le Sénat | Recherche
Liste de diffusion | RSS | Contacts | Recrutement | Plan | Librairie | FAQ | Mentions légales | Accessibilité | Liens | Ameli