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28 mai 1998 : Europe et mondialisation : l'espoir industriel ( rapport d'information )

 



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2. Un facteur d'accroissement considérable des échanges

Le marché intérieur de l'Union regroupe, en 1997, près de 374 millions d'habitants, soit 6 % de la population mondiale, et constitue le quatrième ensemble démographique, loin derrière la Chine (1,2 milliard) et l'Inde (1 milliard), mais juste après l'ALENA (394 millions), la zone de libre-échange nord-américaine qui regroupe les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Il compte 106 millions d'habitants de plus que les Etats-Unis et trois fois plus d'habitants que le Japon (28(*)). Cette dimension démographique est essentielle dans le développement des échanges intra-européens.

a) L'accélération du volume des échanges

Désormais, les échanges intra-européens constituent environ 63 % du commerce extérieur des pays de l'Union. Selon une étude de la Commission (29(*)), le grand marché a contribué à accroître de 20 à 30 % le volume des échanges de produits manufacturés à l'intérieur même de l'Europe. Celle-ci en aurait tiré un surplus de croissance de 1 à 1,3 % à partir de 1994, comportant un effet positif sur l'emploi, d'une estimation difficile mais appréciée entre 300.000 et 900.000 postes. Il est donc incontestable que le développement des échanges crée des emplois en nombre significatif.

Selon l'étude précitée, et contrairement à ce que l'on pouvait supposer, l'accroissement du volume des échanges intra-communautaires ne s'est pas produit aux dépens des productions extérieures à l'Union : les importations extra-communautaires de produits manufacturés ont accru leur part de la consommation de l'Union de 12 à 14 % sur la période 1980-1993.

b) L'élargissement de la gamme des produits échangés

Il a également été constaté une modification de la nature des échanges intra-communautaires.

Le marché unique ne semble pas avoir incité à la spécialisation des Etats membres sur certains secteurs industriels, en vertu de la théorie des avantages comparatifs : il les aurait plutôt conduits, au sein de chaque secteur industriel, à une spécialisation de gamme en termes de prix et de qualité, élargissant ainsi le choix offert aux consommateurs.

En outre, l'évolution de la nature des échanges est elle-même source d'une plus grande intégration économique. En effet, l'internationalisation des firmes ne passe plus uniquement par l'exportation de produits finis. Elle procède aussi de l'échange de biens intermédiaires destinés à être transformés entre filiales d'un même groupe implantées dans différents pays.

Concernant le commerce avec l'Union européenne, la part de l'intragroupe dépasse 50 % dans les importations françaises et avoisine 55 % pour les exportations. Le poids des échanges internes est encore plus élevé dans certains secteurs comme celui de la construction automobile.

En découle la multiplication des flux commerciaux : les composants étant comptabilisés à chaque passage de frontière (en valeurs brutes et non en valeur ajoutée), cette double, voire triple comptabilisation est en fait le reflet exact du processus de mondialisation, encore plus marqué dans le cadre du commerce intra-européen (30(*)).

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