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La coordination des politiques de l'emploi dans le contexte de l'euro

 

V. 2.5. LE CHAMP DE LA COOPÉRATION ENTRE LES PARTENAIRES SOCIAUX

Nous avons vu dans un premier temps quelle était la place des syndicats dans les relations du travail, ainsi que le degré de centralisation des négociations salariales. Mais dans des pays identiques de ces deux points de vue, l'issue des négociations dépendra également de la nature de la coopération entre les partenaires sociaux. Sont-ils engagés dans une relation longue, portant sur un ensemble large de questions d'intérêt commun, ou bien ne se rencontrent-ils que pour discuter des augmentations de salaires immédiates des salariés en place ? La cohérence d'ensemble du cadre institutionnel prend ici toute son importance.

Si les partenaires sociaux, encouragés voire encadrés par le gouvernement, prennent possession des relations du travail à travers la signature d'accords collectifs, ou la discussion dans des organismes de concertations, ou encore la gestion des systèmes de protection sociale et le règlement des conflits du travail, il est clair que les discussions sur les salaires s'inscriront dans une perspective plus large de valorisation du travail des salariés et sur un horizon de temps plus long. Dans ce cadre, il sera possible de faire apparaître des gains dynamiques, liés par exemple à la formation professionnelle et la stabilité de l'emploi, plutôt que de se limiter aux augmentations de salaires à court terme. En outre, la diversité des sujets abordés, notamment dans les conventions collectives, favorise l'émergence de compromis (modération salariale contre amélioration des conditions de travail, engendrant en retour des gains de productivité,...).

Graphique 6 : Indicateur de coopération entre les partenaires sociaux

Dans un système centralisé, les partenaires sociaux sont incités à mieux contrôler les suites de leurs négociations à l'échelon inférieur, de manière à rester crédibles dans la négociation centralisée (Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Autriche, Danemark,...). Ce type de fonctionnement va donc de paire avec une bonne coordination des différentes organisations syndicales entre elles.

En dehors du Japon, centralisation et coopération vont généralement ensemble. L'indicateur de coopération utilisé ici ( Graphique 6) résulte de notre appréciation d'un ensemble d'éléments (présentés en annexe), comme l'existence d'organes de concertation, et de plan nationaux pour l'emploi, de l'importance des conventions collectives, des processus de règlement des conflits, de l'étendue des sujets abordés dans les négociations, ou encore du rôle des comités d'entreprise.