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HENRIET Jacques

Ancien sénateur du Doubs

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Réélu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 1er octobre 1980 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires sociales

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe de l'Union des Républicains et des Indépendants

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

HENRIET (Jacques, Emile, Alix)

Né le 6 octobre 1904 à Orchamps-Vennes (Doubs)

Décédé le 14 juin 1988 à Pontarlier (Doubs)

Sénateur du Doubs de 1959 à 1980

Jacques Henriet naît au début du XXe siècle dans une famille de médecins. Il fréquente jusqu'au baccalauréat un établissement bisontin d'enseignement privé, puis mène des études supérieures aux facultés de médecine de Besançon et de Strasbourg. Assistant du professeur Leriche à Strasbourg au début des années 1930, il est un temps chargé d'études à l'hôpital de la Charité à Berlin. Il commence ensuite à enseigner lui-même à Besançon, d'abord comme professeur suppléant d'anatomie, de physiologie et d'histologie, puis en qualité de titulaire. Chirurgien à l'hôpital de Pontarlier, il fonde plus tard une clinique dans la même ville. Cette brillante réussite professionnelle fait de Jacques Henriet un notable du Haut-Doubs. Le soutien de 57% des électeurs lui permet de devenir conseiller général de Pontarlier en 1949. Il conserve ce mandat pendant 18 ans. En 1953, Jacques Henriet entre au conseil municipal de Pontarlier. Il figure en seconde position sur la liste des Républicains indépendants et paysans conduite par Georges Pernot pour les élections sénatoriales du 19 juin 1955 dans le Doubs et obtient 290 voix sur 1 022 au 1er tour. Il se retire à la veille du scrutin décisif, respectant sans doute un accord passé entre gaullistes et indépendants. Le chirurgien franc-comtois se présente aux élections législatives de novembre 1958 dans la 3ème circonscription du Doubs. Investi par le Centre national des Indépendants et paysans (CNI), il rassemble 31,3% des suffrages exprimés au 1er tour, derrière le sénateur de l'Union pour la nouvelle République (UNR), Louis Maillot, (36,5%). Au second tour, ce dernier est élu député du Doubs grâce au soutien de 46,7% des électeurs, contre 11% pour le socialiste Jules Pagnier et 42,3% pour Jacques Henriet.

Cet échec ne le dissuade pas de tenter sa chance à d'autres scrutins. Tête de liste pour les Indépendants et paysans aux élections sénatoriales du 26 avril 1959 dans le Doubs, il obtient 372 voix sur 1 065, soit le meilleur résultat enregistré au 1er tour. Le soutien de 553 grands électeurs sur 1 086 (50,9%) lors du scrutin décisif lui permet de rejoindre la Haute assemblée.

Jacques Henriet s'inscrit au groupe des Républicains indépendants (RI) et siège à la commission des affaires sociales du Sénat. Il leur reste fidèle jusqu'en 1980. Le sénateur du Doubs se montre très soucieux des problèmes algériens pendant ses premières années de mandat. Il salue par exemple le dévouement des médecins militaires envoyés en Algérie pour y répondre au défaut d'encadrement médical (3 décembre 1959) ou souligne qu'« il n'y a pas seulement un quadrillage militaire à faire pour retrouver la confiance en Algérie » et que la mise en place d'« un quadrillage social » est au moins aussi urgente (15 décembre 1959). Il figure peu après au nombre des sénateurs envoyés en Algérie au titre d'une mission d'enquête sur la situation sanitaire et sociale. Jacques Henriet accorde les pouvoirs spéciaux au Gouvernement au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960). Il estime qu'une politique hardie de promotion sociale et d'expansion serait la meilleure manière de « ramener les coeurs algériens à la France » (25 novembre 1960). Très actif au Sénat, l'élu de Pontarlier y aborde aussi bien les problèmes agricoles que les questions d'éducation. Il attache surtout son nom à une loi rendant obligatoire la vaccination contre la poliomyélite en 1962. Jacques Henriet avait en effet abordé ce sujet dès juin 1960 dans le cadre des travaux de la commission des affaires sociales, puis recommandé que « la vaccination antipoliomyélitique » soit rendue « gratuite et obligatoire » dans l'enseignement primaire, secondaire et supérieur lors de la discussion du budget de l'éducation nationale pour 1962 (21 novembre 1961). Il a la satisfaction de voir aboutir cette demande et est rapporteur du projet de loi rendant la vaccination contre la poliomyélite obligatoire au printemps 1962.

L'éparpillement des voix modérées entre quatre candidats vaut à Jacques Henriet de n'être réélu qu'avec une majorité relative de 505 voix sur 1 067 au second tour des sénatoriales du 23 septembre 1962. Toujours très présent en séances publiques - il y prend la parole à 26 reprises par exemple en 1963-1964 -, Jacques Henriet se fait surtout connaître par ses positions conservatrices en matière de moeurs. Il approuve cependant la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965). Dans une intervention en date du 6 novembre 1965, il se dit favorable à « l'abaissement de 65 à 60 ans de l'âge de la retraite » pour les femmes « qui travaillent à l'usine et à la terre », mais son hostilité au travail féminin en général inspire cette prise de position autant que des considérations strictement sociales. Il juge en effet souhaitable que la France « abaisse considérablement le taux du pourcentage (sic) des femmes qui travaillent ». Deux ans plus tard, il développe un argumentaire qui mêle aspects médicaux et moraux contre la légalisation de la contraception médicamenteuse. Il ne souhaite pas en effet que la « pilule » devienne un instrument qui permette aux « jeunes ménages de remettre à plus tard la création d'un foyer » et rappelle que « les risques de malformations congénitales [...] surviennent plus nombreux lorsque la femme enceinte est plus âgée ». Il conteste ensuite que la légalisation de la contraception puisse faire baisser le nombre des avortements et insiste enfin sur les dangers pour la santé que représenteraient deux des contraceptifs envisagés par la loi : le stérilet et la « pilule ». L'innocuité des contraceptifs intra-utérins ne lui paraît pas établie. Il dénonce surtout la dangerosité des médicaments contraceptifs pour la santé des femmes et estime qu'ils font peser deux menaces sur l'espèce humaine : « la déféminisation de la femme » et l'altération du « patrimoine génétique héréditaire de l'espèce » (5 décembre 1967). Jacques Henriet est rapporteur du projet de loi de ratification des ordonnances relatives à la sécurité sociale en juillet 1968.

La poussée de la gauche aux élections municipales de 1971 n'empêche pas la réélection de Jacques Henriet comme sénateur du Doubs aux élections du 26 septembre 1971. Deux thèmes se dégagent de ses nombreuses interventions au Sénat dans les années 1970 : la politique de prévention et de sécurité routière, qu'il juge insuffisante, et plus encore la question de la natalité. Il dépose sur le bureau du Sénat une proposition de loi très restrictive sur l'avortement en juin 1973. Il devient vice-président de la commission des affaires sociales en octobre 1974 et conserve cette fonction pendant six ans. Le 19 décembre 1974, il attaque en termes très vifs la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, dans laquelle il voit une manifestation du « laxisme qui précède les grandes mutations des civilisations, avant qu'elles disparaissent ». Déplorant que « l'homme moderne [...] se caractérise par son irrespect de toute valeur, voire des lois ancestrales », il dit refuser de souscrire « au traumatisme génétique », « au tripotage de la nature », « à la destruction d'un être vivant nouveau » et à la « détérioration de la physiologie féminine ». Le sénateur du Doubs voit en effet dans la « dénatalité » une menace pour « la pérennité de la France et de l'humanisme occidental ». Il suggère, pour augmenter le nombre des naissances, de créer une « indemnité maternelle d'éducation » pour donner aux « femmes en âge de procréer une possibilité de choix entre le travail et l'éducation des enfants » (séance du 11 mai 1978). Ce parlementaire passionné par le travail législatif est un orateur au verbe acéré, qui agrémente de citations latines ses philippiques contre le libéralisme du Gouvernement en matière « sociétale ». Il gagne une certaine célébrité en déclarant de manière lapidaire, lors de la discussion du budget du ministère du Travail pour 1980 : « plutôt que d'envoyer les femmes au travail, mieux vaut les envoyer au lit ». Ce propos suscite l'ire des féministes. Jacques Henriet avait approuvé la création des régions (29 juin 1972), mais il s'abstient sur la question du divorce par consentement mutuel (18 juin 1975).

L'ancien élu de Pontarlier ne se représente pas aux élections sénatoriales de l'automne 1980. Il consacre ses années de retraite à des recherches sur l'origine de la vie. Jacques Henriet meurt à l'âge de 83 ans. Il était commandeur des Palmes académiques.

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Photo de M. Jacques HENRIET, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union des Républicains et des Indépendants
Etat-civil
Né le 6 octobre 1904
Décédé le 14 juin 1988
Profession
Chirurgien
Département
Doubs