II. L'ÉVOLUTION DE LA POPULATION ÉTUDIANTE

A la rentrée 2000, quelque 2,13 millions d'étudiants étaient inscrits dans l'enseignement supérieur, dont près de 1,5 million à l'université.

Après trois années de baisse, le nombre d'inscriptions s'est stabilisé à la rentrée 1999, cette stabilisation devant se prolonger en 2000 et 2001, la tendance générale ultérieurement étant cependant à la baisse pour les filières non sélectives.

A. LES CONSÉQUENCES DE LA DÉMOCRATISATION DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

1. Les incidences de l'explosion démographique : un quasi doublement du nombre des étudiants en vingt ans

L'enseignement supérieur a été touché de plein fouet par l'explosion démographique du début des années 80 et son recrutement s'est considérablement démocratisé en quelques années.

Il convient de rappeler que le nombre d'étudiants inscrits dans l'enseignement supérieur est passé de 310 000 en 1960 à 1,18 million en 1980 et à 2,13 millions en 2000, soit un quasi doublement au cours des vingt dernières années, la progression la plus forte ayant été constatée entre 1980 et 1990.

L'augmentation des inscriptions dans les seules universités a été également très forte entre 1990 et 1995, ce mouvement résultant de l'accès d'une proportion des classes d'âge de plus en plus importante au baccalauréat ainsi que dans une certaine mesure, de la création du baccalauréat professionnel.

Les effectifs étudiants inscrits en premier cycle passent ainsi de 416 000 en 1980 à 710 000 en 1999, en IUT, de 53 000 à 117 000 et en STS, de 67 000 à 236 000.

EVOLUTION DU NOMBRE DES ÉTUDIANTS DEPUIS 20 ANS (1)

1980-1981

1990-1991

1995-1996

1996-1997

1997-1998

1998-1999

1999-2000

Disciplines générales
et de santé

799 170

1 097 559

1 362 514

1 340 731

1 311 160

1 290 151

1 252 151

IUT

53 667

74 293

102 953

108 398

112 641

114 302

117 022

Total universités

852 837

1 171 852

1 465 467

1 449 129

1 423 801

1 404 453

1 398 551

IUFM

84 245

83 935

81 305

79 811

80 120

STS

67 315

199 084

225 233

230 346

233 139

234 300

236 764

CPGE

40 123

67 465

76 030

78 343

78 764

77 084

76 500

Ecoles d'ingénieurs
indépendantes des
universités



28 622

40 328

51 454

52 002

53 119

55 434

56 373

France métropolitaine
+ DOM

1 181 108

1 713 680

2 169 535

2 155 752

2 132 433

2 119 208

2 125 588

(1) Sources : Repères et références statistiques - MEN-Edition 2000

Votre commission ne peut que se féliciter d'une telle démocratisation de notre enseignement supérieur, qui est souhaitable à tous égards et tient à saluer le défi relevé par notre système universitaire pour accueillir le plus grand nombre, du moins sur le plan quantitatif : rares sont les services publics qui ont su s'adapter aussi rapidement à de telles évolutions.

Cette démocratisation, réelle en termes quantitatifs doit cependant être nuancée, comme en témoigne une étude du ministère de l'éducation nationale sur les premiers cycles, publiée en août dernier, et qui fournit des indications sur l'origine sociale des étudiants et le type d'études suivies.

Elle confirme d'abord que les enfants de cadres supérieurs et de professions " intellectuelles " sont les plus représentés à l'université (30,7 %) et suivent majoritairement des études longues (46 % en médecine), alors que les enfants d'agriculteurs ne représentent que 3,5 % des étudiants ; quant aux étudiants d'origine ouvrière, ils optent pour 20 % d'entre eux pour les IUT et sont 18 % à suivre des études scientifiques.

2. La ventilation des effectifs à la rentrée 2000

Sur les 1 497 000 étudiants des universités, 601 000 sont inscrits en premier cycle, 695 000 en deuxième et troisième cycles, 118 000 dans les IUT.

Pour les 321 000 étudiants de classes préparatoires, 70 000 sont inscrits en CPGE et 51 000 en STS.

Les autres établissements publics et privés accueillent environ 312 000 étudiants (grandes écoles, commerce, gestion et comptabilité, paramédical et social, architecture...).

3. L'évolution récente des effectifs

a) Dans l'ensemble de l'enseignement supérieur

Après une période de forte croissance, les effectifs inscrits dans l'enseignement supérieur ont commencé à diminuer à la rentrée 1996. L'évolution n'a pas été la même pour les différents types d'établissement. Pour l'université hors IUT, la baisse observée sur quatre années consécutives s'est peu à peu amortie (-2,9% en 1999-2000), tandis que les formations technologiques courtes (IUT, STS) ont maintenu leur progression.

La croissance des inscriptions en CPGE, suscitée par la réforme de 1995, s'est atténuée ensuite, et les effectifs y sont en baisse à chaque rentrée depuis 1997.

Le développement des formations d'ingénieurs, notamment universitaires et privées, s'est poursuivi sans interruption depuis le début des années 90 (+ 3,4 % en 1999-2000).

Après quelques années de baisse, les effectifs des écoles de commerce sont entrés à nouveau dans une phase de croissance rapide depuis la rentrée 1997.

b) Pour les seules universités

A la rentrée 1999, la population universitaire (IUT compris) s'élevait à 1 419 700 étudiants, soit 4 800 étudiants de moins qu'en 1998-1999. Avec un fléchissement de 0,3 %, les effectifs universitaires semblent se stabiliser, après avoir accusé une baisse pendant trois années consécutives (de 1,1 % en 1996, de 1,7 % en 1997 et de 1,4 % en 1998).

Malgré un taux de réussite satisfaisant au baccalauréat 1999, la hausse des nouveaux entrants en université hors IUT à la rentrée  1998 (+ 0,8 %) ne s'est pas renouvelée en 1999 : on enregistre une baisse de 3 % (-2,4 % y compris les IUT). Le recul des effectifs du premier cycle hors IUT, amorcé en 1996 (- 4,4 %) se poursuit encore, à un rythme moins élevé toutefois depuis deux ans (-1,7 % en 1999 et -2,3 % en 1998).

La baisse du nombre d'étudiants en deuxième cycle se ralentit en 1999, pour atteindre -0,7 %, après un recul de 1,4 % en 1998. En troisième cycle, l'augmentation des effectifs est importante (+2,9 %). Une telle croissance n'avait pas été observée depuis 1993 et succède à une stabilisation en 1998.

Les disciplines générales (hors IUT et santé) ont accueilli en 1999 4 900 étudiants de moins qu'en 1998. Cependant, les évolutions apparaissent fortement contrastées, selon les filières. L'augmentation est encore importante pour les STAPS (+10,6 %, soit 4 100 étudiants de plus), dont les effectifs ont plus que doublé depuis 1994.

Fait notable, la filière AES a attiré près de 1 000 nouveaux entrants supplémentaires à l'université (soit +6,8 %) et avec 54 000 étudiants, son effectif a progressé de 4,8 %.

Inversement, le nombre de nouveaux entrants dans les disciplines de santé a diminué de 9,9 %. Il faut toutefois rappeler que les effectifs de 1998 étaient particulièrement élevés et en hausse de 5 % par rapport à 1997. Le succès des IUT ne se dément pas avec une progression des effectifs de 2,1 % cette année et une hausse de 14 % sur les cinq dernières années.

4. Les projections pour les dix ans à venir

D'après les prévisions effectuées par la Direction de la programmation et du développement du ministère de l'éducation nationale, les filières sélectives verraient leurs effectifs diminuer de 2.500 étudiants entre 1999 et 2009, seule la filière IUT progressant (+ 800) dans la spécialité des services, et la filière STS restant stable, alors que les classes préparatoires verraient leurs effectifs se réduire de 3 200 élèves.

Les effectifs en STS et en IUT devraient croître jusqu'en 2005 pour diminuer ensuite.

Le nombre d'étudiants en université, hors IUT, devrait diminuer au total de 40 800 en 2009, les effectifs du premier cycle devant se réduire de 5 100 étudiants par an en moyenne jusqu'en 2003, connaître ensuite une progression pendant deux ans puis diminuer à nouveau de 2 300 étudiants par an pour les quatre années suivantes.

Pour le deuxième cycle, les effectifs se stabiliseraient jusqu'en 2003, diminueraient ensuite et progresseraient à nouveau en 2007. Le troisième cycle verra une légère augmentation de ses effectifs pour les trois prochaines années, suivie d'une diminution pendant cinq ans.

Les effectifs universitaires pourraient ainsi s'établir aux environs de 1,26 million en 2009, cette diminution affectant principalement les filières littéraires et dans une moindre mesure, les formations scientifiques et juridiques.

En revanche, les sciences économiques, l'AES et les STAPS verraient leurs effectifs augmenter.

Les prévisions par disciplines jusqu'en 2004 sont les suivantes :

Disciplines

1998
Constat

1999
Constat

2000
Prévisions

2001
Prévisions

2004
Prévisions

Droit
Sciences économiques et AEC
Lettres et Sciences humaines
Sciences
STAPS
Santé

183 839
153 171
502 498
289 712
38 769
141 819

184 586
158 135
493 797
283 709
42 900
138 300

184 100
161 300
486 800
280 400
45 900
138 300

183 700
163 900
481 200
277 200
47 500
138 000

179 400
168 700
462 200
272 700
48 700
138 500

Toutes disciplines

1 309 808

1 302 227

1 296 800

1 291 500

1 270 200

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