CHAPITRE IV -

LES FONDS STRUCTURELS EUROPÉENS

Au sommet de Berlin des 24 et 25 mars 1999 l'enveloppe globale pour les aides régionales 2000-2006 a été fixée à 213 milliards d'euros dont 195 milliards au titre des fonds structurels (y compris le soutien transitoire aux régions exclues du nouveau zonage) et 18 milliards d'euros pour le fonds de cohésion (Espagne, Grèce, Portugal et Irlande). On relève aussi :

- objectif 1 (régions en retard de développement) : 135,9 milliards d'euros soit 69,7 % des fonds structurels ;

- objectif 2 (régions en reconversion industrielle, zones rurales, urbaines et de pêche) ; 22,5 milliards d'euros soit 11,5 % de la dotation ; cet objectif couvrira 18 % de la population de l'Union européenne ;

- objectif 3 (actions en faveur de l'emploi) : 24,05 milliards d'euros soit 12,3 % des fonds structurels ;

- pêche : les actions menées en dehors des régions objectif 1, seront financées par l'instrument financier d'orientation de la pêche (IFOP) pour un montant de 1,1 milliard d'euros pour la période concernée.

Les quatre « initiatives communautaires » bénéficieront d'un budget de 5,35 % des crédits des fonds structurels réparti en INTERREG (coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale : 4.875 millions d'euros) ; EQUAL (coopération transnationale pour combattre toute forme de discrimination et d'inégalité sur le marché du travail : 2.847 millions d'euros) ; LEADER (développement rural : 2.020 millions d'euros) ; URBAN (soutien aux zones urbaines en difficulté) : 700 millions d'euros.

Au cours du Conseil européen du 21 juin 1999, il a été décidé que pour la période 2000-2006, les zones éligibles seront réduites d'environ 25 % par rapport à la période 1994-1999 (avec dispositif transitoire jusqu'en 2005). Sur les quatre fonds seuls le FEDER et pour partie le FEOGA garantie feront l'objet de programmes régionalisés. Les autres fonds feront principalement l'objet de programmes nationaux.

Ainsi, le FEOGA-Garantie destinée aux actions structurelles ne sera pas « zoné » et fera l'objet d'un programme national.

Le FSE couvrira tout le territoire et fera, lui aussi, l'objet d'un « document unique de programmation » (DOCUP) national.

L'IFOP couvrira l'ensemble des zones dépendantes de la pêche définies par les Etats membres en accord avec la Commission européenne et fera l'objet d'un docup national.

Le FEDER, en revanche, fera systématiquement l'objet de programmes régionalisés.

Soulignons qu'au titre de la période 2000-2006, la France bénéficiera des mesures suivantes :

- objectif 1 : 3.254 millions d'euros pour les DOM (soit 464,8 millions d'euros par an) contre 2.000 millions d'euros pour la période 1994/1999 (soit 340 millions d'euros par an) ;

- soutien transitoire (ex objectif 1) : 570 millions d'euros par la Corse et le Nord Pas-de-Calais (soit 81,5 millions d'euros par an), contre 750 millions d'euros pour la période 1994-1999 (soit 125 millions d'euros par an) ;

- objectif 2 : 5.642 millions d'euros et un plafond de population éligible de 18.768.000 habitants (-24,3 % sur 1994-1999), (soit 806 millions d'euros par an) contre 6.320 millions d'euros pour la période 1994/1999 (objectifs 2 et 5b) (soit 1.053 millions d'euros par an) ;

- objectif 3 : 4.500 millions d'euros (soit 648 millions d'euros par an) contre 4.034 millions d'euros pour la période 1994/1999 (soit 672 millions d'euros par an) ;

- instrument de la pêche hors objectif 1 : 225 millions d'euros ;

- soutien transitoire (ex objectif 2 et 5b) : 620 millions d'euros.

Pour la période 2000-2006, l'ensemble de la population des départements d'outre-mer français (DOM) est éligible à l'objectif 1 , soit 3 % de la population française totale, répartie sur 14 % du territoire.

La Corse et le Hainaut, soit 2 % de la population totale et 2 % du territoire, bénéficient du soutien transitoire ex Objectif 1 .

32 % de la population française répartie sur 45 % du territoire est désormais éligible au titre de l'Objectif 2.

CARTE

TERRITOIRE ELIGIBLE AUX PROGRAMMES REGIONAUX EUROPENNS

Si le « dézonage » PAT a réduit de six points la proportion de population française concernée par la carte des aides à finalité régionale, la réforme des conditions d'attribution des fonds structurels européens a réduit d'un quart la population éligible au nouvel objectif 2 qui a remplacé les objectifs 2 et 5 B afin d'aider notamment les régions en reconversion industrielle et les zones rurales et urbaines en difficulté.

Il s'agira là encore de mesurer les effets de cette réforme dans un contexte où la pérennité du nouveau dispositif n'est d'ailleurs plus garantie dans les années futures qui verront l'Europe s'élargir.

Dans la négociation qui s'engagera inévitablement, il conviendra de garder à l'esprit les termes de l'article 87 § 3 du Traité sur l'Union Européenne. Ces dispositions légitiment :

- « les aides destinées à favoriser le développement économique de régions dans lesquelles le niveau de vie est anormalement bas ou dans lesquelles sévit un grave sous-emploi »...

- « les aides destinées à faciliter le développement de certaines activités ou de certaines régions économiques, quand elles n'altèrent pas les conditions des échanges dans une mesure nécessaire à l'intérêt commun . »


Par ailleurs, les critiques relatives à la lenteur et à la complexité des procédures concernant la PAT paraissent pouvoir être « amplifiées » en ce qui concerne les fonds européens dont les dossiers sont instruits tout à la fois au niveau des préfectures de régions et à celui de la DATAR.

Les délais sont, à cet égard, tout à fait « décourageants » et pénalisent, au premier chef, les régions françaises les moins favorisées qui sont contraintes de solliciter ces aides.

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