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Projet de loi de finances pour 2003 : Outre-mer

 

D. LA RÉUNION : CROISSANCE DE L'ACTIVITÉ PORTÉE PAR LA CONSOMMATION

La Réunion se caractérise par son dynamisme démographique et l'insuffisance des créations d'emplois pour absorber l'arrivée sur le marché du travail d'environ 7.700 nouveaux actifs par an. Le département occupe le premier rang parmi les départements d'outre-mer (DOM) en termes de produit intérieur brut.

La croissance de l'activité constatée en 2001 a été bien orientée, la consommation ayant été soutenue et se maintenant au second semestre.

1. Les secteurs d'activité ont connu des évolutions divergentes

 La campagne sucrière 2001-2002 a affiché des résultats en baisse de 0,5 % avec 1,81 tonne de cannes broyées, cette récolte étant inférieure au niveau de la moyenne des récoltes depuis dix ans. Pour la deuxième année consécutive, les mauvaises conditions climatiques expliquent ces résultats décevants.

Outre cette moindre production, la richesse saccharimétrique des cannes est également en baisse, ce qui diminue la quantité de sucre produit -200.983 tonnes--soit - 1,4 % par rapport à la campagne 2000-2001. Ce chiffre est très éloigné du quota annuel d'exportation vers l'Union européenne fixé à 296.000 tonnes.

La production de rhum a augmenté de 17,8 % et les exportations ont progressé de 48,6 % par rapport à 2000, notamment en ce qui concerne le rhum léger et le rhum industriel. En rupture par rapport à 2000, la commercialisation, sur le marché local pour l'essentiel, du rhum traditionnel de sucrerie s'inscrit en hausse de 2,9 %.

La filière fruits et légumes, première filière agricole en terme de recettes, connaît une progression régulière et couvre environ 80 % des besoins du département.

Les productions traditionnelles enregistrent des résultats plus contrastés. La production des huiles essentielles évolue de manière divergente, l'huile de géranium souffrant de la concurrence des huiles d'autres origines, alors que la filière vanille, bien structurée, a enregistré une hausse de la production de 22,5 % en 2001.

En 2001, les résultats de la filière pêche -petite pêche et pêche côtière- ont connu un net repli (- 22 %) après la forte augmentation enregistrée en 2000 pour atteindre 1.730 tonnes. Malgré la forte baisse des exportations en valeur comme en volume, la balance commerciale de la filière pêche demeure positive en 2001 de 2,9 millions d'euros.

 Le secteur secondaire -assez largement sous-représenté- s'est développé dans la filière agroalimentaire et, plus généralement, en import-substitution.

Mais la croissance de ces marchés s'est fortement ralentie au cours de ces dernières années, incitant les pouvoirs publics à renforcer leurs aides pour accompagner les entreprises sur les marchés extérieurs. Ainsi, depuis 2000, dans le cadre du Programme de développement régional III et du nouveau DOCUP 2000-2006, une aide, inspirée de la prime à l'aménagement du territoire, est versée par emploi créé pour favoriser l'implantation à la Réunion de projets industriels exportateurs, d'un montant supérieur à 3 millions d'euros.

S'agissant du bâtiment et des travaux publics, l'activité est restée soutenue en 2001, ce qui se traduit par une nouvelle hausse des effectifs (+ 8,4 % en 2001 après + 11,3 % en 2000). Ceci résulte également de l'effet positif induit par la politique de lutte contre le travail informel conduite par la Fédération du bâtiment.

 S'agissant de l'activité touristique, 2001 accuse un relatif tassement dans la fréquentation (- 1,4 %), ce qui apparaît modéré au regard du contexte défavorable dû aux attentats du 11 septembre et à la crise des compagnies aériennes. Le tourisme d'agrément reste majoritaire, ainsi que le nombre de touristes d'origine métropolitaine.

L'enquête sur la fréquentation hôtelière montre que le nombre de clients à diminué (- 1,7 % en 2001), après trois années consécutives d'augmentation mais que cette baisse est compensée par une forte croissance du nombre de nuitées (+ 5,3 %).

L'impact économique du secteur est estimé à 314 millions d'euros en 2001, en léger repli par rapport à 2000.

2. Une amélioration de la situation sociale qui se poursuit

 L'année 2001 enregistre une nouvelle diminution du chômage de 3,2 % et l'indicateur de chômage s'établit à 31,2 %, ce qui constitue encore le niveau le plus élevé de tous les départements.

Les offres d'emplois déposées à l'Agence nationale pour l'emploi ont augmenté de 2,8 % mais sont principalement orientées sur des contrats à durée déterminée.

 Après les fortes progressions de 1997, 1998 et 1999, la stabilisation du nombre de bénéficiaires du RMI amorcée en 2000 se confirme en 2001 (+ 0,1 % au 31 décembre 2001). Mais cette évolution résulte, en partie, de la mise en place du revenu de solidarité (RSO) destiné aux allocataires du RMI de plus de 50 ans et ayants droit depuis moins de deux ans. Ce dispositif prévu par l'article 27 de la loi d'orientation pour l'outre-mer est cumulable avec les allocations familiales mais incompatible avec des revenus provenant d'une activité professionnelle. Environ 4.600 allocataires ont bénéficié en décembre 2001 du RSO.

3. Une dégradation du déficit de la balance commerciale

(millions d'euros)

 

1999

2000

2001

Variations
2001/2000

Importations

2 422

2 730

2 855

4,6 %

Exportations

193

227

229

1 %

Balance commerciale

- 2 229

- 2 503

- 2 626

4,9 %

Taux de couverture

8,0 %

8,3 %

8,0 %

 

Source : Direction régionale des douanes

Le déficit de la balance commerciale s'est accru en 2000 de 4,9 % en raison d'une progression des importations supérieures à celle des importations. Le taux de couverture retrouve ainsi à 8 % son niveau de 1999.