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Projet de loi de finances pour 2003 : Outre-mer

 

E. SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON

1. Une conjoncture économique marquée par les problèmes de reconversion et de diversification économiques

 S'agissant de la pêche, l'activité de la pêche industrielle et celle de transformation ont été réduites pour la deuxième année consécutive compte tenu de la diminution du quota de la pêche à la morue décidée en raison de la fragilité de la ressource : pour la saison 1er avril 2001-31 mars 2002 le quota était de 2.340 tonnes pour l'archipel.

En raison des quotas imposés, le secteur de la pêche artisanale s'est restructuré. Les résultats de la saison 2001-2002 sont en demi-teinte, en raison de la baisse du quota sur la morue, mais aussi de l'irrégularité de la ressource en crabe des neiges et de la forte diminution des prises de lombes.

L'aquaculture, qui peut apporter un élément intéressant de diversification compte tenu des problèmes de la pêche traditionnelle liée à la surexploitation des stocks, est en voie de développement sur trois sites pour l'élevage de moules, de coquilles Saint-Jacques et de morues.

 Dans le secteur du BTP, la commande publique est restée stable depuis 1999, mais la construction privée est en net recul en 2001, après l'embellie constatée en 2000.

 Dans le secteur du tourisme, on note une baisse de 3,7 % de la fréquentation par rapport à 2000, en partie due à la diminution du nombre de croisiéristes.

2. Un marché du travail en légère amélioration

 En rupture avec les mauvais résultats de 1999 et 2000, le chômage a diminué de 3,6 %, avec 325 demandeurs d'emplois au 31 décembre 2001.

 Le nombre d'allocataires du revenu minimum d'insertion est resté stable par rapport à 2000, avec 39 allocataires.

3. Un déficit commercial qui se creuse

En millions d'euros

 

1999

2000

2001

%

2001/2000

Importations

56,634

63,603

81,557

+ 28,2

dont Union européenne

24,844

24,674

25,818

+ 4,6

Exportations

7,687

10,846

6,590

- 39,2

dont Union européenne

0,534

1,407

0,423

- 69,9

Solde commercial

- 48,947

- 52,758

- 74,967

+ 42,1

Taux de couverture

13,6 %

17,1 %

8,1 %

-

Source : Service des Douanes

L'augmentation des importations, cumulée à la baisse des exportations, fait reculer le taux de couverture. En outre, le déficit commercial augmente de 42 % pour atteindre 74,97 millions d'euros.

F. MAYOTTE

1. Évolution institutionnelle

Depuis la loi du 11 juillet 2001, Mayotte est érigée en collectivité départementale. Ce nouveau statut tend à rapprocher l'île du statut de DOM en aménageant certaines dispositions pour tenir compte de ses spécificités. La loi prévoit une réforme statutaire progressive fondée sur un transfert de compétences exercées jusqu'ici par l'Etat.

Le principe de spécialité législative, en vertu duquel les lois ne sont applicables que sur mention expresse et après avis du conseil général, est maintenu, sauf dans certains domaines, tels que la nationalité, le droit ou les procédures pénales, où le principe d'assimilation législative est appliqué.

2. Une activité économique soutenue

 Bien que l'absence de comptes économiques ne permette pas de mesurer le niveau de croissance, ni d'évaluer les évolutions du rythme de développement, l'économie de Mayotte connaît depuis plusieurs années une croissance soutenue. Le financement de ce développement économique est, comme pour le reste de l'outre-mer, largement soutenu par les transferts publics en provenance de la métropole.

 Le secteur du BTP constitue l'un des principaux moteurs de la croissance économique, mais son rythme de croissance s'est ralenti en 2001.

Dans une optique de développement touristique, la gestion des eaux usées et le traitement des déchets sont des problématiques majeures sur un territoire exigu, dont l'écosystème fragile pâtit déjà de la forte croissance de la consommation.

 De même, les efforts menés en faveur de l'artisanat, notamment par des actions de formation professionnelle, s'inscrivent dans une démarche de promotion touristique axée sur une politique de « tourisme vert », orienté sur la découverte du lagon, de la faune et de la flore et de la connaissance de ses habitants.

Le développement du tourisme est encore handicapé par l'absence de structures d'accueil et d'hébergement, la desserte insuffisante de l'île et la cherté des tarifs d'avion. Malgré tout, en 2001, la fréquentation est à la hausse, le nombre de touristes, estimé à 26.000, progressant de 13  %. Le nombre de croisiéristes augmente également.

 L'agriculture se caractérise par une agriculture traditionnelle et vivrière forte, même si la concurrence des produits alimentaires importés (riz, viande, volailles...) s'accroît. Ce type de cultures n'assure pas l'autosuffisance alimentaire de l'île mais contribue à maintenir les populations dans les villages. La banane et le manioc constituent les principales productions vivrières et s'agissant de la banane, la recherche et les moyens financiers ont été concentrés sur la lutte contre les parasites et en novembre 2001 6.000 nouveaux plants ont été distribués.

L'essence d'ylang-ylang est la principale culture d'exportation, même si cette production est en baisse constante depuis 1996.

La filière de la vanille a connu des difficultés, et les quantités exportées se sont effondrées (- 87 % entre 2001 et 2000). Les anciennes cultures d'exportation, qui autrefois étaient plus diversifiées (poivre, cannelle, café, noix de coco) sont restées artisanales n'assurant même pas la couverture des besoins locaux, et cette disparition progressive des cultures d'exportation est très alarmante.

3. Un climat social dégradé

L'année 2001 se caractérise par une forte dégradation du climat social qui a touché l'ensemble des secteurs d'activités économiques, avec deux grèves générales et des mouvements significatifs dans l'enseignement, le transport maritime, l'électricité et le centre hospitalier.

4. Un déficit commercial accru

Au cours de l'année 2001, le déficit de la balance commerciale s'est fortement accru malgré la croissance sensible des exportations qui restent cependant à un niveau très bas. La faiblesse du taux de couverture illustre le haut niveau de dépendance de Mayotte vis-à-vis de ses approvisionnements, et l'indigence de son tissu productif local.

En millions d'euros

 

1999

2000

2001

Variations
2001/2000

Importations

129,213

150,762

178,668

19 %

Exportations

2,512

3,004

3,928

31 %

Solde des échanges

- 126,701

- 147,758

- 174,740

18 %

Taux de couverture

1,94 %

1,99 %

2,20 %