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Projet de loi de finances pour 2003 : Défense - Nucléaire, espace et services communs

 

B. LES DOTATIONS CONSACRÉES AUX FORCES NUCLÉAIRES EN 2003

Les dotations consacrées aux forces nucléaires sont regroupées, pour 99 % d'entre elles, au sein du chapitre 51-71, intitulé « Forces nucléaires », et sont réparties entre quatre gouverneurs de crédits : l'Etat-major des armées, la délégation générale pour l'armement, la Marine et l'armée de l'Air, une partie conséquente des crédits relevant de l'EMA et de la DGA étant cependant transférée au Commissariat à l'énergie atomique.

Évolution des dotations consacrées aux forces nucléaires

(en millions d'euros)

 

AP 2002

AP 2003

%

CP 2002

CP 2003

%

Armée de l'air

206,4

194,8

-5,6

90,2

122,8

+36,2

Marine

712,4

1 144,63

+60,7

650,2

719,9

+10,7

dont programme SNLE-NG

280,7

622,2

+278,6

278,6

302,5

+8,6

FOST Hors SNLE

218,6

175,7

-19,7

162,6

146,7

-9,8

maintien en condition SNLE

194,2

280,5

+44,4

185,7

219,8

+18,3

DGA

1 032,5

1 013,1

-1,9

848,6

926,1

+9,1

dont armement et propulsion nucléaires

992,8

977,1

-1,6

809,4

891,8

+10,2

Etat-major des armées

562,2

1 033,9

+83,9

1 062,4

1 182,8

+11,3

dont charges nucléaires

225,0

268,6

+19,4

217,9

268,0

+23,0

missiles stratégiques

165,1

151,4

-8,3

170,7

160,8

-5,8

programme M51

71,7

220,7

+208,0

551,0

561,1

+1,8

programme ASMP/A

44,2

341,4

+672,2

98,3

159,3

+62,1

(source : projet de loi de finances pour 2003 -« bleu budgétaire » Défense)

1. Les crédits transférés au CEA

Les crédits transférés au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) représentent une part importante de la dotation consacrée à la dissuasion nucléaire. Pour 2003, ils s'élèveront à 1,3 milliard d'euros en autorisations de programme (+3,1 %) et à 1,2 milliard d'euros en crédits de paiement (+14,2 %).

L'affectation principale des crédits transférés au CEA concerne la conception, la fabrication et la maintenance des têtes nucléaires, mission qui inclut le développement de la simulation et des grands équipements associés (laser mégajoule, machine radiographique Airix). Le niveau des dotations prévu pour 2003 permettra la réalisation de ces activités et l'avancement selon le calendrier prévu du programme de simulation.

Le CEA voit ses moyens financiers sensiblement accrus au titre des activités de propulsion navale, compte tenu de la montée en puissance des programmes concernant le réacteur d'essai au sol (RES) et le sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda. Rappelons que l'actuel réacteur d'essais (réacteur de nouvelle génération : RNG), situé au centre d'études nucléaires de Cadarache, arrivera en fin de vie à l'horizon 2005. Le RES est nécessaire pour développer de nouveaux composants pour les chaufferies futures, dont en premier lieu celle du Barracuda, et pour qualifier les combustibles nucléaires ainsi que les évolutions techniques des chaufferies nucléaires en service. Il doit être mis en service en 2007, pour un coût global de l'ordre de 610 millions d'euros.

Enfin, la dotation transférée au CEA couvre également les missions de fourniture de matières et d'assainissement des anciennes usines de production de matières fissiles.

Toutefois, à compter de l'année 2003, les crédits provenant du ministère de la défense et transférés au CEA n'incluront qu'une part résiduelle des charges financières relatives au démantèlement des installations de Marcoule et Pierrelatte. La majeure partie de cette charge, soit 79,4 millions d'euros pour 2003, sera financée par un fonds de démantèlement mis en place au cours de l'année prochaine sur des ressources extérieures au budget de la défense.

On rappellera que s'agissant de l'usine de Marcoule, qui assurait la production de plutonium pour les programmes militaires mais également le retraitement de combustibles de réacteurs civils, le démantèlement est assuré par Cogema, la contribution financière du ministère de la défense s'établissant au prorata des activités passées réalisées à son profit, soit 40 %. Pour un coût global des opérations de démantèlement et d'assainissement évalué à 5,6 milliards d'euros hors taxes, la part pesant sur le budget de la défense s'élevait donc à 2,3 milliards d'euros.

En ce qui concerne les usine d'enrichissement d'uranium de Pierrelatte, toutes les opérations de mise à l'arrêt définitif se sont terminées fin 2000. Les opérations de démantèlement vont désormais entrer en phase de réalisation industrielle en septembre 2002, avec l'objectif de terminer les grands travaux en 2007, pour un coût total évalué à 501,4 millions d'euros TTC.

Votre rapporteur se réjouit que le principe d'un allègement de la charge pesant sur le budget de la défense au titre de ces opérations ait été arrêté. Toutefois, il constate que les modalités de constitution et de financement du fonds de démantèlement qui doit prendre le relais en 2003 n'ont toujours pas été précisées. Enfin, il renouvelle ses observations effectuées les années passées sur les conséquences de l'étalement dans le temps des opérations de démantèlement et d'assainissement du site de Marcoule, dont le coût sera grevé d'importants frais fixes. Il estime toujours qu'il y aurait lieu d'examiner les possibilité d'accélérer ces opérations, y compris en engageant des financements autres que budgétaires.