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20 novembre 2003 : Budget 2004 - Outre-mer ( avis - première lecture )

 

 

III. L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE DES DÉPARTEMENTS ET DES COLLECTIVITÉS D'OUTRE-MER

Les données chiffrées que votre rapporteur pour avis vous présente ici sont celles recueillies par l'Institut d'Emission des DOM (IEDOM). Il s'agit des dernières données disponibles.

A. LA MARTINIQUE

 En 2001, la valeur de la production agricole en Martinique était estimée à 298,1 millions d'euros, en diminution de 4,9 % par rapport à l'année précédente. Cette baisse est essentielle imputable au recul des productions végétales (- 12 %) lié à la sécheresse.

En effet, l'agriculture martiniquaise est confrontée à l'irrégularité et à la répartition inégale des pluies, malgré les efforts importants réalisés en matière d'irrigation.

Au sein de la production agricole, la filière de la banane occupe une place prépondérante : 29 % de la surface agricole utile, 86 % de la population active agricole. En outre, la banane est la première recette d'exportation de l'île et représente 40 % de la valeur totale de ses exportations en 2002. Le volume de bananes exporté a fortement progressé en 2002 : + 18 % (288.224 tonnes). L'année 2002 a été marquée par une chute sensible des prix de vente sur le marché métropolitain, qui a conduit la France à demander à la Commission européenne une revalorisation de l'avance sur l'aide compensatoire. A partir de la fin de l'année 2002, un redressement des cours s'est amorcé grâce à une baisse de la production des pays latino-américains, touchés par des pluies abondantes.

La filière canne-sucre présente des signes de redynamisation liés à l'industrie du rhum. Pourtant, avec une récolte de 239.000 tonnes de canne en 2002, soit 8,8 % de la récolte de l'ensemble des DOM, la production de canne ne représente que 4,8 % de la production agricole martiniquaise car sa valorisation reste faible. La mécanisation croissante de la récolte permet toutefois d'augmenter les rendements et contribue à résoudre les problèmes liés au manque de coupeurs.

 Représentant 6,2 % de la valeur ajoutée totale en Martinique, la branche du BTP occupe le cinquième rang de ses activités. L'année 2002 a été particulièrement difficile pour ce secteur, comme en témoigne le recul des ventes de ciment (- 7,5 % sur un an). C'est la faiblesse de la commande publique qui est à l'origine de ces difficultés.

 Une dégradation s'observe également en 2002 dans le secteur industriel, en raison du pessimisme des chefs d'entreprises et de l'allongement des délais de paiement. Les perspectives d'activité pour 2003 étaient orientées plus favorablement, en particulier dans la branche chimie dont les investissements se poursuivent.

 Le tourisme a connu des résultats médiocres en 2002. Selon l'Agence régionale pour le développement du tourisme à la Martinique (ARDTM), les dépenses directes de la part des visiteurs auraient représenté 213 millions d'euros en 2002, contre 227 millions d'euros en 2001 et 263 millions d'euros en 2000. La Martinique a reçu en 2002 environ 736.000 visiteurs, soit une diminution de 2,6 % par rapport à l'année précédente. Cependant, le flux de visiteurs, en recul de 13 % sur le premier semestre, a connu une reprise à partir du deuxième semestre.

 Enfin, le secteur du commerce, première activité du secteur privé en Martinique (14 % de la valeur ajoutée), connaît un certain dynamisme, le commerce de détail enregistrant toutefois une croissance de son chiffre d'affaires moindre que celle du commerce de gros.