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B. LES TÉLÉCOMMUNICATIONS PAR SATELLITES : DES CAPACITÉS ACCRUES EN 2004 GRÂCE À SYRACUSE III

Les opérations d'Afghanistan ont illustré les capacités trop limitées qu'offrent actuellement nos liaisons satellitaires. Il s'agit à la fois de pouvoir assurer une couverture géographique suffisamment vaste, dans l'hypothèse d'un engagement éloigné de nos théâtres d'opérations traditionnels, et de permettre la transmission rapide des données et des images.

Nos capacités reposent actuellement sur le système Syracuse II, qui comprend 4 satellites en orbite lancés entre 1991 et 1996 et 100 stations sol mises en service entre 1992 et 1997. Le quatrième satellite, lancé en 1996, a fait l'objet d'actions de complément afin de prolonger sa durée de vie jusqu'en 2006, date à laquelle le relais devra être entièrement pris par le système successeur Syracuse III.

Par rapport à Syracuse II, dont il commencera à prendre le relais à partir de 2003, Syracuse III permettra de répondre à l'accroissement des besoins, grâce à un débit beaucoup plus élevé (80 Mbits/seconde au lieu de 10 Mbits/seconde actuellement), à des canaux supplémentaires, à une extension de la zone de couverture et à une résistance accrue à la guerre électronique. Accédant ainsi à une première capacité de réception de fréquences EHF permettant des débits plus rapides et plus importants, capacité qui leur a fait défaut lors des opérations d'Afghanistan, nos armées bénéficieront aussi de la livraison de stations de réception supplémentaires (environ 600 stations au total), ce qui permettra d'accroître notablement le nombre des utilisateurs. La composante spatiale comportera 2 satellites en orbite et un de secours au sol. La composante sol comportera des stations en métropole ainsi que des stations mobiles. Syracuse III couvrira les besoins de télécommunications militaires par satellites sur la période 2004-2017.

Le lancement du premier satellite est prévu à la mi-2004 et celui du second à la mi-2006. La maîtrise d'oeuvre est confiée à Alcatel Space et Thales.

Le coût total du programme Syracuse III est évalué à 2,4 milliards d'euros. Il est intégralement supporté par la France puisque le projet de coopération Trimilsatcom auquel devaient participer, le Royaume-Uni et l'Allemagne, n'a pas pu aboutir. Votre rapporteur a déjà souligné combien cet échec de la coopération était regrettable, alors que l'on constatait une similitude des besoins et leur relative concordance dans le temps. Une telle coopération aurait sans doute permis d'éviter une certaine redondance des capacités dans les gammes de fréquences les plus courantes, alors que les besoins ne seront que très partiellement satisfaits pour la transmission de données à haut débit, indispensables à la réduction des délais et au développement de l'information en temps réel.

Il faut toutefois signaler que des protocoles d'accord signés avec l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne ou encore la Belgique, prévoient la possibilité de concéder à ces pays tiers les capacités non utilisées.

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