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2. Des contraintes nombreuses mais surmontables

Après plusieurs années de perplexité sur l'importance à accorder au phénomène de la création d'entreprise, l'idée paraît aujourd'hui acquise que celle-ci constitue un élément moteur de notre économie. La politique résolue du Gouvernement en la matière n'y est pas étrangère.

Comme le relevait le rapport de l'Agence pour la création d'entreprise remis en juillet 2002 au Premier ministre, « les vertus sociales de l'entreprenariat ne sont plus contestables, puisque 540.000 créations d'emplois sont imputables aux seules 170.000 créations annuelles d'entreprises et celles-ci représentent à elles seules une valeur ajoutée nationale de près de 19 milliards d'euros, soit 2 % de la valeur ajoutée annuelle de notre pays ».

Cela étant, les créateurs ou repreneurs d'entreprise potentiels sont souvent dissuadés d'agir par la complexité du processus de création d'entreprise. Cet état de fait explique largement l'écart singulier mesuré entre le désir d'entreprendre de nos concitoyens et leur passage à l'acte.

D'après un sondage effectué par l'APCE en janvier 2005, les Français seraient parmi les premiers (25 %) en Europe à vouloir se mettre à leur compte, en particulier chez les jeunes, juste après les Britanniques (28 %) et loin devant les Italiens (19 %), les Allemands (17 %) et les Espagnols (12 %).

Mais les créateurs d'entreprises considèrent fréquemment leur environnement économique et social comme hostile, d'où la nécessité de les rassurer sur les risques personnels et souvent familiaux qu'ils prennent et de limiter les obstacles juridiques et sociaux causés par le manque de souplesse de notre droit du travail.

En outre, les créateurs d'entreprise sont trop souvent seuls pour faire face à cet environnement économique et administratif complexe. Ainsi, contrairement à une idée reçue, moins d'une création d'entreprise sur quatre est aidée par les pouvoirs publics. Les risques économiques encourus au cours des toutes premières années sont aggravés par une législation sociale qui ponctionne immédiatement les revenus tirés de l'activité, sans considération pour la possibilité contributive réelle de l'entrepreneur.

De plus, seules 25.000 à 30.000 créations d'entreprises par an bénéficient d'un accompagnement, alors même que les taux de réussite des créations d'entreprises accompagnées sont considérablement plus élevés que la moyenne et que l'accompagnement constitue parfois la condition sine qua non pour que certains de nos concitoyens, les plus démunis, puissent donner vie à leurs idées.

C'est là que se trouve la marge de manoeuvre des pouvoirs publics, qui peuvent contribuer à la mise en place d'un cadre juridique clair et à l'instauration d'un environnement rassurant et favorable à l'entreprenariat.