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Projet de loi de finances pour 2009 : Economie

 

B. LA FRÉQUENTATION TOURISTIQUE

Selon l'enquête « Suivi de la demande touristique des Français », les déplacements des Français pour motif personnel40(*) ont, après deux années de baisse, augmenté en 2007 de 2,9 % pour les séjours et de 1,1 % pour les nuitées. La hausse a en effet davantage concerné les courts séjours (jusqu'à trois nuits) que les longs séjours (quatre nuits et plus), conformément au phénomène dit « d'émiettement » observé depuis le début de la décennie : les touristes se déplacent plus souvent mais moins longtemps41(*). Ainsi, la durée moyenne d'un séjour personnel, qui s'établissait à 5,8 jours en 2000, n'était plus l'an dernier que de 5,2 jours.

La prédominance de l'hexagone dans les destinations se maintient puisque neuf déplacements sur dix s'effectuent sur le territoire. L'ordre des principales destinations reste inchangé42(*) : la mer (39,6 % des nuitées et 27,2 % des séjours), la campagne (31,5 % des nuitées et 35 % des séjours), la ville (30 % des nuitées et 36,4 % des séjours) et la montagne (18,6 % des nuitées et 14,1 % des séjours), la part de cette dernière destination diminuant pour la seconde année consécutive tandis que celle de la ville poursuit une progression régulière depuis plusieurs années.

L'hébergement non marchand (chez la famille, dans une résidence secondaire ou chez les amis) reste très majoritaire (64,5 % des nuitées et 68 % des séjours) et, après la chute observée en 2005, sa part a repris sa progression. En effet, l'hébergement marchand a souffert des mauvaises conditions climatiques de l'été 2007 (campings) et d'une médiocre saison hivernale (locations), seul le segment hôtelier ayant progressé.

La répartition régionale est d'une très grande stabilité par rapport aux années précédentes et l'ordre des six premières régions, qui représentent 56,5 % des nuitées et 49,2 % des séjours, n'est pas modifié (PACA, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Bretagne, Aquitaine et Pays de Loire) malgré la légère baisse de la région Rhône-Alpes, affectée par le mauvais enneigement de l'hiver 2007.

La fréquentation des touristes étrangers a quant à elle progressé de 3,8 %, ce qui place la France en position intermédiaire entre les deux principales destinations concurrentes en Europe, l'Espagne (+ 1,7 % avec 59,2 millions d'arrivées, en tassement par rapport aux tendances antérieures) et l'Italie (+ 6,3 % avec 43,7 millions d'arrivée, en forte progression). Mais sur les 81,9 millions d'arrivées sur le territoire national, environ 14 millions sont dites « de transit » et pèsent dès lors assez peu en termes de recettes.

87 % des touristes étrangers sont européens et 80 % proviennent de pays limitrophes, notamment du Royaume-Uni (14,8 millions d'arrivées, en hausse de 7 %), d'Allemagne (13,0 millions, en diminution de 2 %), de la zone Belgique-Luxembourg (9,8 millions, en hausse) et des Pays-Bas (8,1 millions, en baisse). Ces touristes européens ont cependant une durée de séjour relativement courte (un peu moins de six nuitées) car, du fait de leur proximité géographique, la proportion de leurs déplacements pour un week-end est assez importante.

Les autres clientèles représentent moins de séjours mais leur contribution aux recettes touristiques est proportionnellement plus importante, ne serait-ce que parce que la durée de leur visite est plus longue et que leur pouvoir d'achat est en général significatif. Cependant, la faiblesse persistante du dollar par rapport à l'euro a affecté les performances de ce segment : ainsi, la fréquentation des touristes américains, qui avait bien repris en 2005 après les chutes dues successivement aux attentats du 11 septembre 2001 et au déclenchement de la guerre d'Irak en 2003, s'est de nouveau érodée à compter de l'automne 2007, et les touristes asiatiques, bien que progressant en nombre absolu, effectuent des séjours un peu plus courts que par le passé (notamment les Japonais).

* 40 L'enquête prend imparfaitement en compte les déplacements professionnels, dont le poids économique est cependant très important puisqu'il représente entre le quart et le tiers de la consommation touristique sur le territoire, à partager entre résidents et non résidents.

* 41 Depuis 1997, les courts séjours ont augmenté deux fois plus vite que les longs séjours pour les destinations étrangères (+ 26 % contre + 13 %) et, en France, ils ont progressé de près de 13 % quand les longs séjours diminuaient d'environ 9 %.

* 42 Le total des pourcentages dépasse 100 % car les réponses multiples sont possibles.