2. Des prévisions aléatoires

L'art de la prévision est difficile, comme en témoignent les importants écarts constatés entre la réalité et les projections effectuées ces dernières années.

Ainsi, il y a deux ans, le Gouvernement promettait, dans ses différents scénarios, un retour à l'équilibre de la sécurité sociale en 2012. Il y a un an, crise oblige, les prévisions quadriennales de l'annexe B envisageaient une toute autre réalité avec un déficit difficilement stabilisé aux alentours de 30 milliards jusqu'en 2013 au moins. La prévision de cette année modifie à nouveau sensiblement cette projection avec un déficit du régime général d'environ 20 milliards aujourd'hui, destiné à revenir vers 15 milliards en 2014, soit la moitié de ce qui était annoncé il y a un an !

Il en ressort clairement que tout exercice de programmation comporte de réelles limites. Néanmoins, il contraint à inscrire les débats financiers dans une perspective pluriannuelle , ce qui est une très bonne chose. Il permet aussi de mieux mesurer l'ampleur des efforts à accomplir pour réduire les déficits, ce qui est aussi très souhaitable.

C'est en effet sans doute grâce à une meilleure prise de connaissance dans l'opinion de l'ampleur des déficits des régimes de retraite à moyen et long termes - 45 milliards en 2018, 100 milliards en 2050 - que la nécessité d'une réforme est devenue une réalité acceptée.

3. Une grande sensibilité des comptes sociaux aux principales hypothèses

L'analyse montre que les écarts constatés entre les prévisions et les réalisations s'expliquent principalement par les révisions intervenant sur un petit nombre de variables, dont les deux principales sont la masse salariale du secteur privé et les dépenses d'assurance maladie.

Le tableau ci-dessous, établi par la commission des comptes de la sécurité sociale, montre l'incidence sur le solde du régime général des écarts possibles des principales hypothèses par rapport à ce qui a été retenu pour les comptes de 2010.

Sensibilité des résultats du régime général aux hypothèses de prévision
(valeur 2010)

(en millions d'euros)

CNAM
maladie

CNAM
AT-MP

CNAF

CNAV

Régime
général

Masse salariale du secteur privé : impact d'une hausse de 1 % du taux de croissance

890

100

300

650

1 940

Dépenses maladie : impact d'une hausse de 1 % dans le champ de l'Ondam

1 250

1 620 tous régimes

30

1 280

Inflation : impact d'une hausse de 1 % de la revalorisation des prestations retraite et famille

270

840

1 110

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