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Projet de loi de finances pour 2001 : Aide au développement

23 novembre 2000 : Budget 2001 - Aide au développement ( rapport général - première lecture )

 

 

D. LA " PRÉÉMINENCE " DE PRINCIPE ACCORDÉE À L'AFRIQUE SUBSAHARIENNE EST EN RÉGRESSION

La part du total de l'aide publique française consacrée à l'Afrique subsaharienne passe de 55 % du total en 1988 à 48 % en 1998.

Ce faisant, la France risque de perdre ce qu'elle croit à tort être encore son " monopole ". On notera en effet que la part de l'aide publique consacrée à l'Afrique subsaharienne atteint 53 % pour le Danemark, 34 % pour les Etats-Unis et 46 % pour le Royaume-Uni. Même le Japon, qui n'est pourtant pas dans sa zone d'influence, y consacre plus de 18 % de son apport.3(*)

E. LE MAINTIEN DE LA PRIORITÉ À L'ENSEIGNEMENT

L'analyse de la répartition par secteurs de l'aide publique bilatérale amène à souligner le maintien de la priorité donnée par la France à l'enseignement -30 % du total, contre 11 % pour l'ensemble des pays du CAD- et aux procédures d'allégement de dettes -24 % du total, contre 9 % pour l'ensemble des pays du CAD.

En revanche, la France est moins présente dans le secteur de la santé -3,2 % du total, contre 6 % pour l'ensemble CAD, dont 13 % pour les Etats-Unis et 9 % pour le Royaume-Uni- ; dans la distribution d'eau et l'assainissement -3 % du total, contre 5 % pour l'ensemble CAD, dont 10 % pour le Japon- ; dans le secteur de l'énergie -moins de 2 %, contre 6 % pour l'ensemble CAD, dont 13 % pour le Japon- ; et enfin dans celui des transports et télécommunications -moins de 6 %, contre 10 % pour l'ensemble CAD, dont 25 % pour le Japon.

F. ETATS-UNIS ET GRANDE-BRETAGNE : DEUX CAS À MÉDITER

Le cas des Etats-Unis, qui se cite volontiers en exemple en matière d'aide au développement, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, qu'on cite sans doute insuffisamment, méritent une attention particulière.

Ainsi, si le montant total des apports financiers nets américains a progressé de 27 milliards de dollars en 1982 à 48 milliards de dollars courants en 1998, sa part dans le PNB a régressé de 0,8 % à 0,6 %.

La seule aide publique américaine, dont le montant a stagné en dollars courants, est passée de 0,25 % à 0,1 % du PNB.

De 1982 à 1998, la diminution moyenne du volume de l'aide publique américaine a atteint -8,3 % par an. L'aide par habitant atteint désormais 29 dollars seulement, contre 62 dollars pour la moyenne des pays du CAD, et près de 300 dollars pour les pays nordiques.

L'essentiel (72 %) de l'aide bilatérale américaine est une aide liée. Les Etats-Unis interviennent de façon prioritaire sous forme d'aide-programme (18 % du total de leur aide bilatérale) et dans les secteurs de la santé (12 %) et de l'appui aux gouvernements et à la société civile (12 %), sur lesquels ils occupent une place prédominante.

En comparaison, l'aide publique britannique a nettement progressé, passant de 1,7 à 3,2 milliards de dollars. Sa part dans le PNB est, de fait, restée quasiment stable, de 0,4 % en 1982 à 0,3 % en 1998.

En réalité, elle a même, à l'inverse des autres grands pays, progressé entre 1992 et 1998 (+ 0,6 % par an en moyenne). L'aide britannique est peu liée -20 %, soit une proportion équivalente à celle de la France-, fortement présente dans le secteur de la santé et sur les allégement de dette, concentrée sur les pays pauvres, forte en Afrique subsaharienne (46 % du total), ainsi qu'en Inde, au Bangladesh, en Indonésie et en Chine.

* 3 Certains pays, comme le Portugal (93 %), l'Irlande (73 %), l'Italie (64 %) ou la Belgique (49 %), y consacrent également une place tout à fait majeure au sein, il est vrai, d'une aide globale beaucoup plus modeste.