Proposition de loi relative aux sectes
N° 192
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2000-2001
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Annexe au procès-verbal de la séance du 17
janvier 2001
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RAPPORT
FAIT
au nom de la commission des Lois constitutionnelles, de
législation, du suffrage universel, du Règlement et
d'administration générale (1) sur la proposition de loi,
MODIFIÉE PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE, tendant à
renforcer la
prévention et la
répression à l'encontre des
groupements à caractère
sectaire,
Par M. Nicolas ABOUT,
Sénateur.
(1) Cette commission est composée de :
MM. Jacques Larché, président ;
René-Georges Laurin, Mme Dinah Derycke, MM. Pierre Fauchon, Charles
Jolibois, Georges Othily, Robert Bret, vice-présidents ;
Patrice Gélard,
Jean-Pierre Schosteck, Jacques Mahéas,
Jean-Jacques Hyest, secrétaires ; Nicolas About, Guy
Allouche, Jean-Paul Amoudry, Robert Badinter, José Balarello,
Jean-Pierre Bel, Christian Bonnet, Mme Nicole Borvo, MM. Guy-Pierre Cabanel,
Charles Ceccaldi-Raynaud, Marcel Charmant, Raymond Courrière,
Jean-Patrick Courtois, Luc Dejoie, Jean-Paul Delevoye, Gérard Deriot,
Gaston Flosse, Yves Fréville, René Garrec, Paul Girod, Daniel
Hoeffel, Jean-François Humbert, Pierre Jarlier, Lucien Lanier, Edmond
Lauret, François Marc, Bernard Murat, Jacques Peyrat, Jean-Claude
Peyronnet, Henri de Richemont, Simon Sutour, Alex Türk, Maurice Ulrich.
Voir les numéros :
Sénat : Première
lecture : 79 (1998-1999), 131 et T.A.
52 (1999-2000)
Deuxième lecture : 431
(1999-2000)
Assemblée nationale
(11ème
légis.) : 2034, 2472 et
T.A. 546
LES CONCLUSIONS DE LA
COMMISSION DES LOIS
Réunie le mercredi 17 janvier 2001 sous la
présidence de M. Jacques Larché, président, la
commission des Lois a examiné, en deuxième lecture, sur le
rapport de M. Nicolas About, la proposition de loi n° 431
(1999-2000) tendant à renforcer la prévention et la
répression à l'encontre des groupements à caractère
sectaire.
M. Nicolas About, rapporteur, s'est tout
d'abord félicité qu'une proposition de loi sénatoriale,
adoptée au cours d'une journée d'initiative parlementaire, ait
ensuite fait l'objet d'une inscription à l'ordre du jour de
l'Assemblée nationale.
Il a rappelé qu'en première lecture, le
Sénat avait proposé la mise en place d'une procédure de
dissolution par décret du Président de la
République de groupements sectaires condamnés à
plusieurs reprises, observant que l'objectif était de disposer d'une
procédure rapide permettant la dissolution de l'ensemble des
établissements d'une secte sur le territoire national.
Le rapporteur a souligné que l'Assemblée
nationale avait accepté la création d'une procédure de
dissolution, tout en optant pour une procédure
judiciaire. Elle a en outre complété la proposition de
loi en créant un délit de manipulation mentale,
en étendant fortement la responsabilité pénale des
personnes morales et en insérant des dispositions
limitant l'installation ou la publicité de groupements
sectaires.
M. Nicolas About a remarqué que la
création d'un délit de manipulation mentale avait suscité
de nombreuses réserves de la part des représentants des grandes
confessions religieuses et de la commission nationale consultative des droits
de l'homme. Il a en conséquence proposé d'écarter la
création d'un délit spécifiquement destiné à
lutter contre les sectes, mais de compléter le délit
d'abus de l'état d'ignorance ou de faiblesse et de modifier
l'emplacement de ce délit au sein du code pénal, afin
d'éviter que seules ses conséquences matérielles ou
patrimoniales puissent être sanctionnées. Il a estimé
qu'une telle solution devait permettre de concilier le respect de la
liberté de croyance et la lutte contre les dérives sectaires.
La commission a en conséquence adopté treize
amendements tendant principalement à :
- supprimer le délit de manipulation
mentale tout en complétant la définition du délit d'abus
frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse et en
insérant ce délit parmi les dispositions du code pénal
relatives à la mise en danger de la personne ;
- permettre au juge saisi d'une demande de
dissolution d'un groupement sectaire condamné à plusieurs
reprises de dissoudre l'ensemble des établissements du groupement
installés sur le territoire français ;
- supprimer les articles de la proposition de loi
permettant d'interdire l'installation d'une secte dans certaines zones ou de
lui refuser un permis de construire, compte tenu des difficultés
sérieuses soulevées par la procédure retenue.
La commission a adopté la proposition de loi ainsi
modifiée.
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