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Projet de loi de finances pour 2003 : Aviation et aéronautique civiles

 

D. LE DÉVELOPPEMENT DES COMPAGNIES « LOW COST »

Dans le contexte de crise du transport aérien consécutif aux attentats du 11 septembre 2001, le paysage du transport aérien se trouve profondément bouleversé. Les compagnies « low-cost » (« bas-coûts ») se développent de manière rapide sur l'ensemble du territoire européen, grâce à des prix très inférieurs à ceux pratiqués par les grandes compagnies nationales.

Le nombre de passagers transportés par ces compagnies aériennes « low cost » en Europe est passé de 10 millions en 1998 à environ 22 millions en 2001, les prévisions pour l'année 2002 faisant état de plus de 28 millions de passagers. Les commandes d'avions annoncées par ces compagnies montrent qu'elles envisagent de se développer fortement : Easyjet a commandé 120 appareils, et Ryanair a effectué une commande ferme de 100 appareils, assortie d'une option pour 50 autres appareils.

Le patron de Ryanair, la plus importante compagnie « low cost » à ce jour en Europe, estime que sa compagnie deviendra la cinquième plus importante en Europe (derrière British Airways, Lufthansa, Air France et KLM) dès l'année 2004, avec environ 14 millions de passagers transportés.

Une étude portant sur l'impact des compagnies aériennes low-cost à l'horizon 2010, réalisée par le cabinet de consultants Mercer Management Consulting, considère que l'expansion des compagnies aériennes low cost sur le marché européen pourrait se révéler couronnée de succès, et que ces compagnies pourraient quintupler leur part de marché d'ici à 2010.

Sur le seul marché français, le trafic des compagnies « bas-coûts » pourrait atteindre, à l'horizon 2006, d'après les simulations effectuées par la DGAC, quelque 11 millions de passagers, soit :

- 16 % du trafic avec l'Union européenne (y compris la Suisse) ;

- 14,5 % du trafic intérieur et avec l'Union européenne (y compris la Suisse) ;

- 9,4 % du trafic total intéressant la France.

Les compagnies « bas-coûts » devraient ainsi assurer près de 40 % de la croissance attendue du trafic de passagers à l'horizon 2006.

Le modèle des compagnies « low cost » repose sur trois principes :

- un produit simple : pas de nourriture servie gratuitement à bord, espace limité entre les sièges, libre choix des places, absence de programme de fidélité, classe unique à bord des appareils ;

- des liaisons point-à-point : concurrence directe avec les autres modes de transport (voiture, train, avion), utilisation des aéroports régionaux, absence de correspondances ;

- de faibles charges d'exploitation : salaires et charges aéroportuaires moins élevés, flottes homogènes effectuant des rotations plus fréquentes, forte productivité, flexibilité du personnel, frais généraux peu élevés, structures commerciales limitées grâce au développement de la vente directe ou en ligne.

On notera que le succès des compagnies « low cost » favorise le développement des aéroports régionaux : le faible niveau des redevances attire les compagnies aériennes, qui espèrent bénéficier par ailleurs de facilités compte tenu de l'impact touristique et commercial de l'ouverture d'une lignes nouvelles pour la région d'implantation de l'aéroport.

En tout état de cause, l'émergence des compagnies « low cost » contribuera à accélérer la restructuration du marché du transport aérien actuellement en cours en Europe.