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Projet de loi de finances pour 2003 : Recherche et nouvelles technologies

 

C. LES THÈMES DE RÉFLEXION

Comment faire progresser davantage la recherche française dans les domaines où elle s'améliore, combler ses déficiences en matière de valorisation et dans certaines disciplines essentielles, tout en préservant ses points forts, le tout dans un contexte budgétaire restrictif ?

Une réflexion globale très approfondie sur la stratégie, les structures et les moyens concernés, est indispensable à un renforcement de l'efficacité des actions entreprises.

Elle nécessite absolument, au préalable, un effort particulier d'évaluation, qui doit permettre d'orienter les réformes et de fonder les décisions prises, et constitue donc la priorité des priorités.

1. Le renforcement indispensable de l'évaluation

Pour l'homme politique, il est indispensable que soient développées :

une évaluation stratégique (benchmarking) susceptible de fixer des priorités à partir d'une analyse des forces et faiblesses de notre recherche et des besoins de notre société ;

une appréciation des résultats obtenus et de l'efficacité de l'utilisation des moyens mis en oeuvre dans la poursuite de ces objectifs.

L'appréciation de la qualité des travaux des chercheurs académiques et des projets de valorisation de la recherche doit être, en revanche, laissée à des experts.

A cette fin, il apparaît plus particulièrement urgent :

- de réformer et de renforcer les structures d'évaluation en procédant, au besoin, à certaines fusions (CSRT et CNER, OST et ADIT) ;

- de disposer d'indicateurs pertinents, permettant d'évaluer l'efficacité réelle de la recherche d'un point de vue global (non seulement quantitativement mais aussi qualitativement), et au niveau de chaque établissement (afin de s'assurer en temps réel, par des systèmes comptables informatisés appropriés, du bon usage des deniers publics). L'idéal serait de réduire les délais de production des statistiques actuellement assez longs (les derniers résultats disponibles concernent souvent la situation d'il y a deux ou trois ans) ;

- les comparaisons avec l'étranger, statistiquement et analytiquement, sont insuffisantes (le ministère n'y consacre que l'équivalent de 0,2 emploi en équivalent temps plein).

Le coût immédiat d'un renforcement de l'évaluation stratégique gouvernementale peut ne pas être négligeable.

Mais les économies qui doivent en résulter, du fait de l'amélioration de l'efficacité des dépenses publiques, devraient être bien supérieures.

La définition des priorités gouvernementales, parfois trop larges (sciences de la vie, de l'environnement...) pourrait s'en trouver affinée.

Il semble nécessaire de privilégier :

- en matière scientifique, les thèmes les plus porteurs d'avenir et susceptibles des applications les plus variées (nanosciences, génomique, STIC) ou qui correspondent le mieux aux besoins de notre société (santé, énergies compatibles avec un développement durable) ;

- du point de vue des technologies, celles qui sont le plus corrélées avec les priorités scientifiques ou sont les plus diffusantes dans le tissu industriel (TIC, biotechnologies, nanotechnologies, pile à combustible, climatologie...) ;

- d'un point de vue transversal, les TGE nécessaires à de nombreux disciplines (réseaux et moyens de calcul informatique, accès à l'espace et moyens d'observation spatiaux...).