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Projet de loi autorisant la ratification d'un accord de stabilisation et d'association entre les Communautés européennes et la Macédoine

 

B. UNE ÉCONOMIE EN TRANSITION, MARQUÉE PAR L'IMPORTANCE DES SECTEURS TRADITIONNELS

1. Une transition affectée par les événements politiques

L'économie de la Macédoine a souffert tant de la nécessité de réformer en profondeur un système hérité de la Yougoslavie, que des conséquences de l'instabilité politique interne et régionale.

Entre 1990 et 1996, le PIB macédonien a reculé de 40 %, suivant en cela l'évolution des pays proches de l'ancien bloc soviétique. Les réformes économiques mises en oeuvre dès 1991 sur recommandation des institutions financières internationales, étaient axées sur la stabilisation macroéconomique et la modernisation de l'appareil productif. Elles ont permis une reprise de l'activité de 1997 à 2000 mais ce redressement n'a pas permis l'amélioration d'une situation sociale très difficile.

L'économie de la Macédoine a subi le contrecoup des sanctions économiques à l'encontre de la Yougoslavie, puis du blocus imposé par la Grèce, deux pays qui figurent au nombre de ses principaux partenaires économiques. En 1999, la crise du Kosovo et l'afflux de réfugiés ont accentué la fragilisation de l `économie que les événements politiques internes de 2001 ont achevé de déstabiliser.

En 2001, le PIB a reculé de plus de 4,5 % et le chômage atteint 32 % de la population active tandis que s'est développée la croissance du secteur informel. Le déficit budgétaire s'est creusé à 6 % du PIB tandis que la dépense supplémentaire représentée par les équipements militaires ainsi que la hausse des salaires dans certaines unités de l'armée et de la police a atteint 6,8 % du PIB.

La politique monétaire, fondée sur la convertibilité et l'ancrage par rapport au mark, aujourd'hui par rapport à l'euro, a été maintenue au prix de taux d'intérêt élevés et grâce à l'assistance internationale.

2. Une économie marquée par l'importance des secteurs traditionnels

La part des principaux secteurs d'activité dans le PIB macédonien se répartit comme suit : l'industrie, les mines et le bâtiment représentent 46 % (dont 21 % pour l'industrie textile et 20 % pour la métallurgie), les services, 35 % et l'agriculture, 19 %.

L'agriculture emploie 19 % de la population active autour de productions telles que le riz, le coton, le tabac, les vignobles et les fruits et légumes.

Les principaux partenaires commerciaux de la Macédoine sont la Yougoslavie (23 % des exportations et 9,3 % des importations), l'Allemagne (20,6 % et 12,6) et la Grèce (8% et 10,9%).

La France occupe un rang très modeste : elle n'est que le treizième client et le quatorzième fournisseur et ne représente que 0,1 % des investissements directs étrangers dont la Grèce occupe le premier rang avec 62,8 %.

3. Des réformes structurelles non négligeables

La Macédoine a organisé de façon relativement rapide sa transition vers l'économie de marché même si les réformes structurelles ont été un temps bloquées par les difficultés politiques.

La libéralisation des prix est largement achevée, y compris pour les produits alimentaires de base.

Le programme de privatisations, amorcé en 1993, est quasiment achevé dans le secteur de l'agriculture. Le secteur bancaire est en grande majorité privé. Créés en 1996, les marchés financiers restent embryonnaires et ne financent qu'une part marginale de l'économie.

Les dispositions légales relatives au système économique ont été revues, notamment les textes relatifs à la faillite.

Au nombre des questions qui subsistent, figurent la lutte contre la corruption et le blanchiment ainsi que le retour dans les circuits économiques officiels de l'économie informelle.

La situation économique du pays reste globalement fragile et dépendra autant de la croissance économique que de la consolidation du processus politique.